02.05.2010

DCCLIX. - En finir avec l'irritabilité du dimanche soir.

 

 

Il n'est bien sûr pas question de référence à l'existence.

28.04.2010

DCCLVIII. - Au passage d'une lecture.

Je me contente de noter, dans la toile d'un passage sur le net, un peu comme en note à moi-même, qu'écrire sur l'art bute souvent semble-t-il sur les superlatifs. Dans un de ces moments incongrus que j'affectionne, j'avais acheté au Louvre Les Vies de Vasari. Après tout, à force d'en entendre parler, il faut bien s'instruire, et ce peut être toujours l'occasion d'apprendre quelque chose de croustillant, que l'on pourra sortir à la pause café, en forçant un tantinet la conversation dans le sens qu'il faut. J'ai bien dû déjà une fois sortir l'histoire de la signature de Zeuxis (mais est-ce bien lui ?), maintenant je peux faire un court sur l'O de Giotto.

En fait, à lire cette sélection des Vies (un aller-retour sur un site encyclopédique collaboratif m'ayant appris que l'autre George en avait écrit bien plus), j'ai bien évidemment le plaisir de retrouver des toiles que je connais, d'une façon ou d'une autre. Une partie du trajet de ce soir a d'ailleurs été passée à corner les pages décrivant certaines que j'avais pu voir - toujours pratique, lorsqu'on a à fanfaronner devant sa Zaza di Napoli privée sur l'art de la figure chez Fra Angelico et le drame de la perspective chez Masaccio. On ne se refait pas.

Pourtant, en aboutissant justement à la Vie de l'autre Père dominicain, j'étais étonné par l'accumulation de référence à la douceur des peintures, à l'excellence de la sainteté et de l'amour chrétien qui était supposé ressortir de ses fresques. Je ne vais pas chercher à critiquer Fra Angelico, il suffit de s'être trouvé un instant de sa vie à San Marco, plein de honte, pour s'en souvenir suffisamment. Vasari pourtant me semble attribuer conjointement et à l'auteur et à son oeuvre ce qu'on n'attend ni de l'un de l'autre, mais plutôt de l'état général du prêtre : dévot, obéissant, chaste et doux. L'anecdote quant au refus de Fra Angelico de recevoir la crosse épiscopale car se considérant comme trop indigne est si bien taillée dans le marbre de l'Antique que même un vieux ronchon comme Tite-Live se serait bien marré en l'écrivant.

De Donatello, Vasari glisse comme une merveille sur sa Marie-Madeleine pénitente, qui m'avait suffisamment marqué pour que son air émacié de rescapée des camps nazis me revienne encore sans trop de peine. Bref, tout est plus beau, plus magnifique, plus splendide, plus beau que toute chose jamais faite et toujours à l'égale de l'Antique (pas encore si bien connu, le souligne Vasari - les Vies que je lis actuellement se situant entre 1300 et 1420, j'attends donc le cap du Cinquecento pour éprouver son nouveau jugement).

Je fais là un procès d'intention certain, pour un homme qui n'a jamais fait que chercher à récapituler une trace de ce qui était à l'époque tout juste des artisans, à peine des artistes, et qui ont été les révolutionnaires de notre pensée. Bien facile de rigoler sur les premiers essais de perspective, quand on oublie la révolution que cela fut. Surtout que je passe mes pauses cafés à tracer de grands traits d'Histoire entre Rome et désormais, le sud de la Loire et la barbarie, la vigne et la civilisation. Pour l'anecdote, un collègue voulant me flatter a évoqué mon "attitude de jugement et d'esprit romain" ; il est arrivé à me flatter.

De là cependant à tout qualifier d'admirable... On ne peut rien faire d'autre ; Vasari a choisi les meilleurs, c'est un peu le Hall of Fame de l'époque qu'il nous offre, le coquin. Un peu comme si on mettait Lady Gaga et Ayrton Senna dans la même pièce, j'imagine. Pourtant, je me demande comment traiter des toiles, alors, de la merveille tulipéenne du Dôme de Florence et des multiples miracles que je ne devine pas encore là-bas, si on veut se passer de la simple critique descriptive ou analytique et des éloges à n'en plus finir.

30.01.2010

DCCLII. - Comme ça.

Le temps des rêves passés effacé

Contre le mur où nous avons fait l'amour.

17.06.2009

DCCLI. - César lui-même en parlait...

(et je m'en aperçois au cours de mes (re)lectures, quand César, franchissant le Rhin pour aller taquiner le Teuton en l'an 53, se mit à décrire la faune et la flore locale, pour faire du son et lumière vu le peu de succès de sa promenade de santé)

"Il y a aussi les animaux qu'on appelle élans. Ils ressemblent aux chèvres et ont même variété de pelage. Leur taille est un peu supérieure, leurs cornes sont tronquées et ils ont des jambes sans articulations : ils ne se couchent pas pour dormir, et, si quelque accident les fait tomber, ils ne peuvent se mettre debout ni même se soulever. Les arbres leur servent de lits : il s'y appuient et c'est ainsi, simplement un peu penchés, qu'ils dorment.

"Quand, en suivant leurs traces, les chasseurs ont découvert leur retraite habituelle, ils déracinent ou coupent au ras du sol tous les arbres du lieu, en prenant soin toutefois qu'ils se tiennent encore debout et gardent leur aspect ordinaire. Lorsque les élans viennent s'y accoter comme à leur habitude, les arbres s'abattent sous leur poids, et ils tombent avec eux."

Jules César, La guerre des Gaules, VI, 27.

... du dahu !

E je dirai même que César décrit une variété assez rare, le dahutus camporum dextro-levogyrus.

14.06.2009

DCCL. - Impressions.

i. Des chaussures usées rangées sur un banc, dans la rue. Il y en a trois paires : des baskets, des écrase-merde et des escarpins. Au retour, il n'y en aura plus que deux paires, les escarpins auront été pris par un passant, qui a pourtant redisposé autrement les chaussures.

ii. Dans le métro, un enfant au ticheurte remonté par une épée de plastique. Il se met entre deux voitures, là où il y a des soufflets de caoutchoux, pour tanguer au galop de son cheval. Son bras peine à sortir l'arme de son fourreau, tant elle est grande. Il raidit le coude, son cheval se cabre. Voilà, l'épée est au clair. Les quillons brillent d'or à son poing couvert par les fronces de son pull trop grand, qui lui font un gant d'escrimeur. On est déjà à Vincennes, il n'a plus qu'à prendre le château. Àaaaaaa l'attaque !!! Les parents derrière doivent tirer la tortue et le bélier dans une poussette.

iii. J'entre. Il est assis, à un angle. Il a la beauté impériale de Pharaon. Au bout d'une station, je le vois. Il me regarde, détourne la tête. Je regarde le mur derrière lui, à l'autre bout du quai. Ses yeux coulissent à leur tour vers moi. Je n'ai pas lu Proust, donc je ne sais pas ce que fait Charlus avec Jupien. Pourtant il y a certainement de cela, dans nos regards qui s'évitent, se frôlent, se retouchent, se rivent. Se rivent. Se rivent. Nous replongeons, moi dans mon magazine, lui dans son écran de téléphone. La beauté d'un pharaon. Je lève les yeux. Il est là à me regarder. C'est sa station. Il part.

iv. Nous aurons passé un après-midi ou presque, assoupis l'un dans l'autre. Je crois que j'ai beaucoup hurlé.

15.03.2009

DCCXXX. - Chez moi.

DCCXXIX. - Mes hommes (certains d'entre).



Philippe (janvier 2009)




Jean (mars 2009)

08.03.2009

DCCXXVII. - Nantes.





































































18.01.2009

DCCXIII. - Citation.

"Le vin a le rouge des roses, le verre est plein de l'eau des roses... peut-être !

Dans l'écrin de cristal est un rubis très-pur... peut-être !

Dans l'eau est un diamant liquide... peut-être !

Le clair de lune est le voile du soleil... peut-être !"

Omar Khayyam

15.06.2008

DCLV. - En étant photographié, en se regardant.

Il y a quelques mois, un MySpacien m'avait entraîné dans une proposition de séance photo, pas loin du Père-Lachaise. J'étais fiévreux (l'angine se déclarait le soir même), le soleil était encore un soleil d'octobre. Des fenêtres on voyait le boulevard qui longe le cimetière et, à l'angle, un café. Je me souviens, montant les escaliers, avoir croisé une très belle femme.

Je viens d'en recevoir quelques photos. J'allais dire émouvant, mais on va m'accuser de nombrilisme. Je vais donc dire : c'est étrange, de se voir avec un autre regard. Pas déstabilisant, non, mais penser : je ressemble aussi à ça ?

Ben pour une fois je suis flatté.



14.06.2008

DCLIV. - Haiku de 5h55

Claquements d'oiseaux
L'univers collé à moi
Matin frémissant.

02.12.2007

DLVIII.



Ecrivez-moi ces mots que j'attends
Il suffit de ce mot que je ne vous ai pas dit
Ecrivez, écrivez, s'il vous plaît
Ce mot faiseur de merveilles

Venez sans ce mot que j'attends
Mais venez, soyez présents
Devant ma porte dès cette nuit
Au lieu de mes insomnies

Ecrivez-moi ces mots que j'attends
Et tendez-les moi sans me voir
Comme toujours

01.11.2007

DXLIII. - Infos partisanes.



Saint-André a sorti son premier album le 15 octobre... j'ai eu la chance de les voir en concert courant septembre, belgeomanie oblige, et j'avais assez accroché au mélange étrange de cette voix de chanteur à voix et le peps de la zique. La reprise de Comme ils disent avait de quoi faire vaciller tout Pigalle en déferlante sonore : du rock chez papy Charles, ça défrisait.

Alors...



Et, tant qu'on est dans la belgitude, hop, un p'tit Jeronimo ?



Moi aussi j'voudrais...

30.10.2007

DXLII. - Eté 67 le 10 novembre à la Flèche d'Or.



Je fais à peine de la pube pour mes Liégeois préférés...



P.S. : Mistress Delphine m'ayant fait une scène, ce sera le festival des Inrocks, Gossip et Yelle à place. C'est vrai que j'ai déjà vu deux fois Eté 67, fanitude oblige.


13.10.2007

DXXXI. - Sorties de la semaine.



- 1 -

Conversations avec ma mère


La semaine a été sage et culturelle. Je deviens sage et culturel. C'est une des meilleures choses que je sache faire : être sage et culturel.

Sageons et culturellons donc. Et parlons, pour occuper cet almanach et les milliers de Lecteurs qui viennent le consulter, frétillants et inquiets, dès que l'aube glauque lève sa paupière hésitante sur son oeil qui ne l'est guère plus, de ma sageance et de ma culturellance.

Ores donc, oyez ! Car mardi au soir, alors que la pluie embrouillardait l'univers et que la maréchaussée se disait que c'était vraiment un sale temps pour les rafles (on pouvait y choper un rhume à défaut d'un sans-papier), je me trouvais à errer dans les rues d'Aubervilliers. Y'a pas à dire, s'il y a une chose pire que tout, c'est la banlieue : c'est urbain mais y'a jamais de panneau indicateur. Il faut toujours marcher cent mètres dans chaque rue à partir du métro avant de trouver la bonne direction.

Ores donc, oyez ! Ayant battu Stanley découvrant les sources du Zambèze et les précipices du Congo par mon héroïsme urbain, je trouvais le Théâtre de la Commune, et dedans le sieur J.-B.***, qui m'y avait convié. Comme quoi, ça sert, d'avoir un blog.

Et voici : j'ai rencontré le sieur J.-B.*** et voici encore : j'ai pu entrer gratis dans un théâtre, repaire de faignants, de traîne-misère, de bouffeurs de subsides, d'arracheurs de pépettes, d'exproprieurs de capital, de vendeurs de vents, de souffleurs de futilités sans compter les femmes et les petits enfants. Quoi, une merveille.

Conversations avec ma mère est tiré d'un film, Conversaciones con Mama, et mis en scène par Didier Bezace (avec D. Bezace et Isabelle Sadoyan). Ca se passe en Argentine, sur fond de banqueroute de l'Etat et de mainmise du FMI sur ce pays (bientôt : le remake avec la France). Jaime, la cinquantaine, vient voir son octogénaire de mère, qu'il héberge dans un appart qu'il possède. Et essaie de lui faire comprendre qu'il faudrait qu'elle quitte l'appart pour venir vivre chez eux : il n'a plus un rond, il vient d'être licencié, le pognon de la masure l'aiderait fichtre bien.

Ores donc, oyez ! L'histoire est simple : pourtant, il faudra six "conversations" pour que les relations avec sa mère évoluent, prennent sens, fluctuent... jusqu'à ce que le rapport des forces et des hommes évolue. C'est tendre, doux, amer - drôle. Il y a dans cela une tendresse & une tristesse lancinantes qui persistent. Une certaine ironie.

Et voici : honnêtement ? J'ai trouvé Didier Bezace épatant. Isabelle Sadoyan, pour moi, l'était moins. Il y a quelque chose qui me gêne toujours dans la représentation de la vieillesse : soit elle est aigre et détestable de mesquinerie, soit elle est irésistible de tendresse et de détachement du monde. La mise en scène, ici, choisissait un parti pris Arsenic et vieilles dentelles dans la gestuelle de la vieille dame. Ce que je trouve un peu dommage. D'autant plus que le texte semble aller dans le sens d'une vieille dame très vieille, détachée du monde par sénilité, non par imbécillité ou charité chrétienne (ce qui caractérise plus les vieilles tantes de Cary Grant).

La mise en scène a fait le choix du monumental et de la sobriété - ce qui fait parfois regretter une plus grande symétrie (le cendrier qui n'est pas tout à fait au centre de la table), mais là je chipote et suis au bord de la mauvaise foi. Surtout que la scène finale est une merveille de technique, de bonne idée et, simplement, d'émotion.

Ores donc, oyez : cela vaut le coup d'oeil.






- 2 -

Alexandre Varlet


C'est Mistress D*** qui m'y attira. Spontanément, je ne serais pas allé voir Alexandre Varlet. Tout juste je connaissais son single, qu'on entend à la radio ces temps-ci, et au plus lui aurais-je accordé une attention polie pour ne pas dire moins.

Hier soir fut donc confirmé que Mistress D*** et moi n'avons pas du tout, mais pas du tout les mêmes goûts. Pour moi ?

Pour moi, Alexandre Varlet a certes une voix intéressante. Il sait qu'existent Benjamin Biolay et Radiohead : il tente de faire le pont entre les deux. Mais, crooner boyscout du XVI° arrondissement qui s'essayer à la cold wave, il ne sait jamais que faire une récitation scolaire de ce qu'il croit être une exigence du rock. C'est patent, c'est visible. Au pire, au comble de l'énervement, c'est drôle au septième degré.

Il essaie de parler au public, façon rock : ça fait pschiiiit tellement c'est faux.

Il essaie de se dessaper progressivement : ça fait pschiiiit tellement c'est faux.

C'est indéniable que Varlet est dans son monde ; il se paie un orgasme à chaque note. Si seulement il y avait plus de trois accords par zique, ce serait sympa... À moins qu'il tente de battre les records de Nirvana.

Enfin, les lumières étaient à chier, et l'ordre des musiques totalement contraire à ce qu'il convient pour un concert. Je soupçonnerai ce brave garçon d'essayer peut-être de détruire de façon dostoïevskienne son propre concert, je serais gentil : lorsqu'il déclare, avec une phrase d'un ridicule achevé, qu'il s'est cassé l'ongle, je n'ai pu qu'avoir un rire nerveux. Je sais bien que l'état des ongles sans mediator pour jouer à la guitare est fondamental, mais là... ça faisait adolescent attardé à la fête annuelle de Janson de Sailly.

Non, mais franchement, il croyait faire mouiller des minettes en Cyrillus ou quoi ? Il voulait nous la refaire âme trop torturée de la mort qui tue genre Nicola Sirkis ? Pasque dans le public, en fin de compte, ça papotait pas mal et écoutait peu. Et la fin du concert a été lamentable. J'en avais presque mal de participer à ce ridicule.

Si jamais j'ai été attentif à la deuxième partie du concert, c'est uniquement parce que je me rinçais l'oeil avec le p'tit guitariste brin au si beau nez qui a rejoint Varlet en cours de programme.

Une bonne épitaphe funèbre entendue à la sortie : "le navet de la cold wave".

Je pense que Mistress D*** va me haïr.






- 3 -

Six Feet Under


Oui, bon, on se moque pas, je viens juste de découvrir et c'est pas désagréable, surtout en repassant. Bizarre : alors que j'aime bien les formats courts, genre qui ne vous occupent pas toute la soirée, je n'ai jamais regardé de série.

Erreur réparée.

12.10.2007

DXXX. - Eté 67, waiting, man ?



Je suis le roi des chansons dont je ne connais ni le nom ni l'auteur - tout juste la ritournelle lorsque je m'y essaie. Je me souviens avoir entendu telle chanson, dans telle circonstance - en général, je me souviens avec un détail chirurgical des circonstances. Et je me souviens qu'elle m'avait beaucoup plu.

Il m'arrive de les redécouvrir, lors d'un moment d'épiphanie. Je me rappelle avoir pleuré toutes les larmes de mon corps vers 2003 en redécouvrant l'opus 100 de Schubert, que j'avais entendu pour la première fois je crois en première, mais surtout un soir de l'hiver 1999. Il y a des chansons qui sont parallèles à mon histoire : Viens je t'emmène de Louise Attaque (grosse larme sur un canapé), Emmenez-moi d'Aznavour (une heure assis contre un mur à pleurer pendant que le fer à repasser chauffait comme pas possible seul sur sa table), Amsterdam de Brel (debout comme un con dans la rue à rien faire), une sonate et une toccata de Bach (seul dans une thurne), des airs de Mozart (la nuit dans le métro), toutes ces merdes qui faisaient fureur au début des 90's (le stade de Chaponost), une chanson de Keren Ann (un baiser par terre sur le lino), un rif des Rolling Stones ou un air cruche dynamité au piano (l'air de la Belgerie), sans compter toutes ces autres musiques : bref, la liste est longue, comme pour tout un chacun.

Parfois, je ne sais tellement pas ce que c'est comme morceau qu'il me faut des années pour retrouver ce que c'était (Amsterdam) au point qu'il m'apparaît brusquement, alors que je ne m'y attendais pas - et c'est là bien évidemment que l'émotion est la plus forte (l'opus 100). Je crois en avoir déjà parlé.

D'autres fois j'ai des pistes, des indices : ça peut aider ou encore plus égarer (lorsqu'on est persuadé qu'il s'agit de Brahms et que c'est de Smetana), en tout cas ça permet de s'occuper en farfouillant à la cédéthèque.

Cette fois-ci, je savais que la chanson datait de l'été 67 et qu'elle contenait les mots waiting et man. Sauf que durant l'été 67, plein de groupes ont sorti des tubes. Ce fut une période de grâce du rock : les Beatles, les Stones étaient au plus haut de leur forme, sans parler des Doors, de Hendrix et du Floyd qui débutaient. On pourrait tenter le 67's name dropping : il faudrait un bon paquet de patience. Car en 67 vous avez aussi les Beach Boys, James Brown, David Bowie, le Spencer David Group, Aretha Franklin, Tom Jones, The Mamas And The Papas, les Monkees, les Turtles, sans compter en France Dutronc. Accessoirement, c'est l'année de naissance de Kurt Cobain et de Noel Callagher, mais ça c'est anecdotique - ou celle de la mort de John Coltrane, ce qui l'est moins.

S'il y a jamais eu une période sacrée dans l'histoire du rock anté-dépression, 1967 est la pointe extrême de cet Himalaya.

Bref : été 67, waiting, man. Sauf que ballot comme je suis j'avais écarté d'office un groupe que je ne connaissais pas à cause de son nom - et du producteur qui l'avait lancé. Allez savoir pourquoi, à voir le nom de ce groupe, je m'imaginais que c'était du truc précieux et chiant à la Pink Floyd (enfin, écoutable seulement overdosé, ce qui ne correspondait pas au morceau cherché) - et au nom du producteur je m'attendais à du machin platine et peroxydé, une façade avec du vide derrière, ce qui n'allait pas avec la puissance du morceau. Comme quoi on peut être très bête lorsqu'on n'a aucune éducation musicale.

Bref : vous pensez bien que j'ai trouvé. Y'a fallu farfouiller, faire tourner Wiki et Google, et embêter des net buddies.

Le souvenir associé ? Oh, tout bête, tout récent : une salle en caisson, en bois, aux murs peints de vieilles fresques, un banc qui court le long du mur dans la pénombre, un simple moment de bonheur totalemet égoïste, un détachement des soucis du monde. Un de ces moments où l'on se sent intégralement vivant.

Mesdemoiselles, mesdames et messieurs, I'm waiting for my man, du Velvet Undergroud.