19.08.2008

DCLXXIX. - Fermeture.

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Fermeture pour déménagement.

À bientôt, Lecteur.

02.06.2008

DCXLVI. - Mon état d'esprit.

Mon état d'esprit.

18.05.2008

DCXXXVII. - Dallowaysation massive.


Enfin... sans les petites mémés...

Rue Saint-André des Arts (quelque chose sur la vie).

Place Saint-Michel.

Louvre.

Marché Saint-Germain.

12.05.2008

DCXXXII. - Toile, terre, chair (Merisi).

Toile, terre, chair (Merisi) - 1.

Toile, terre, chair (Merisi) - 2.

Toile, terre, chair (Merisi) - 3.

Toile, terre, chair (Merisi) - 4.

DCXXXI. - Contes modernes. - La malle-poste.

Le fait qu’il y ait un collège sur la place ne surprenait plus trop personne, bien que l’on ne se souvienne non plus à la reconnaissance de quel illustre personnage ayant dormi à l’auberge on devait ça. Le village n’était pas réputé pour être inscrit sur les cartes, encore moins dans les livres d’histoire. On avait réussi à grand coup de relation à y faire tenir une classe et un professeur, et, surtout, à le maintenir. Encore un miracle, bien qu’on supposât lors des veillées que les fréquents allers-retours du maire au chef-lieu, et surtout les relations de l’ancienne guerre, devaient un peu expliquer ceci ou cela.

Quoi qu’il en soit c’était là qu’une autre incongruité administrative avait établi l’arrêt de la poste hebdomadaire. L’élégant cervelet des Ponts et Chaussées qui avait réussi à expectorer une telle concentration de modernité de son faux-col de celluloïd avait dû se dire qu’atteignant ainsi le point critique les Lumières se répandraient sur tout le village jusqu’aux confins des coteaux et des vallées. Cela et les murs communaux repeints de merde et de vieilles pages de Bible aux derniers commices, qui avaient été houleux quant à la justesse de l’arrêt de la poste, n’avaient pas interdit pour autant au maire de se maintenir à un fauteuil qu’il tenait de son père, et même au-delà si un retraité quelconque s’amusait à remonter les couloirs d’archives jusqu’à la Révolution.

Les amandiers qu’on y avait planté à cette époque où l’enthousiasme un tantinet forcé sur les bords pensait qu’en mettant des arbres pas d’ici on pourrait plus facilement s’adapter aux idées nouvelles commençaient à battre de l’aile sous les derniers embruns de poussière que la nuit déposait sur les feuilles bleutées. L’animation s’efforçait de battre son plein, mais à quatre heures du matin l’été en campagne aussi est difficile. Depuis deux heures déjà on voyait le soupirail du boulanger traversé d’ombres jaunes et noires, mais c’était chose courante et surtout du côté respectable de la place, vers la mairie. Le vent commença à bouger les branches dans un lent balancement à peine perceptible lorsqu’une couverture suivie de quelques jambes se mit à longer la fontaine, se gardant des éclats d’eau. Le maître de poste suspendit un cornet aux grilles du collège, poussa une pierre de la pointe de ses bottes crasseuses et attendit.

Une autre ombre, penchée comme pour tenir un ventre enceint lorsqu’il fait froid, le rejoignit de l’autre côté de la place. C’était sa femme, qui apportait le tabouret. Il s’y assit et, ayant rajusté sa couverture, elle retourna vers les ombres conjugales : lorsqu’il commençait aussi tôt, il appréciait une daube et elle ainsi ne dormait pas de la nuit. Lui, se gardant bien de penser qu’elle serait encore loupé, cherchait dans son gousset l’inspiration. Il trouva de vieux bouts de fil, du papier, quelques rognures d’ongles et de nez où surnageaient les fils torsadés du tabac. L’allumette illumina son nez lorsqu’il se dit qu’il pouvait après tout prétendre aux mêmes mensonges que la semaine passée. Après tout ça marchait en politique.

La place était grise comme toutes les semaines, d’un gris bleuté où les ombres se formaient pas lents dégradés. L’habitude transmise de gène en gène pouvait seule permettre de reconnaître la colonne renversée à côté de l’église, celle où il ne s’était rien passée mais qui restait malgré tout couchée comme une relique que les chiens compissaient avec une régularité d’astronome. Il y avait des carrés d’ombres qui étaient parfois une rue, d’autre des bâtiments. La nuit, d’un bleuté noirci, laissait progressivement passer les haillons métalliques de l’aube, percés ça et là de brins lumineux.

Sursaut. Un pan de porte, derrière l’église, avait claqué. Le vent, sûrement, alors que Marie en était déjà à la barrière de l’enclos. Pressée comme elle l’était, alors le rejoignait toujours en premier. Il devinait déjà le frottement de ses chevilles l’une contre l’autre, alors qu’elle tressautait sur les pavés. Sans avoir à lever la tête, il sut qu’elle ralentissait un peu, le long du banc, pour y poser un instant sa main et caresser la trace de crasse et de sueur que le temps avait laissé à force d’échanges dominicaux et de dos qui attendaient les enterrements. Voilà des années qu’elle devait faire ça. Il laissa tomber le mégot dans la poussière, le repoussant d’une chiquenaude vers un tas de crotin.

« Bonjour, Marie.

- Bonjour, Pierre. »

Et elle s’appuya comme chaque semaine à quelques mètres, contre la grille. Le maître de poste leva alors les yeux vers le cornet, qui se brunissait lentement alors que la rue du Pavois laissait lentement pénétrer une lumière grise et rampante. Les cailloux et les pierres, aussi minuscules qu’ils fussent, laissaient courir derrière eux d’immenses traînées de velours au noir profond, dans une lente procession cérémonieuse vers l’aube.

« Il va bien ?

- Oui. Enfin. Comme toujours, tu sais. Pas grand’chose à dire, pas grand’chose à en dire.

- Et son moral ?

- Je sais plus. Comment veux-tu que je sache ?

- Mh. Tu es tôt ce matin.

- C’est vrai. Des choses à faire. »

Le sommet des pierres, sur la rue, s’étaient brusquement nappés d’une lumière laiteuse. On commençait à voir au bas du ciel les défilés d’arbres qui découpaient leurs allures de lances engraissées sur les mouchetures des nuages. Une ombre planait vers la combe, ce pouvait être une buse, ou n’importe quoi d’autre. Sorti des chevaux, il n’avait jamais été très bon en quoi que ce soit. Ce ne serait pas demain qu’il pourrait jouer au vieux singe devant les récolteurs de tradition. On entendit des pas qui traînaient, lourdement. Le maître de poste se dressa, frotta son pantalon du revers de la couverture.

« Je vais chercher le train de la poste. Tu m’accompagnes ?

- C’est Jeanne. »

Pierre haussa les épaules, salua du bout des doigts les cageots qui tressautaient sur une brouette que poussait une vieille. Il passa au vent pour éviter l’odeur de plumes mouillées et de fiente que les volailles terrifiées laissaient tomber à la cadence des cahots.

Quand il revint, l’air avait pris cette consistance fraîche et bleutée des aubes qui n’en finiront pas de naître, avant les jours qui n’en finiront pas d’étouffer. Les chevaux se laissaient guider, seule la vieille jument encensait à qui peut mieux, vérifiant que l’air était bien là et qu’il ne mentait pas sur la journée. Dans le chêne les pépiements des moineaux prenaient de l’assurance. À côté du collège désormais trois armures de couvertures et de balluchons attendaient. Les volailles, plumes ébouriffées par la brise, poussaient leurs yeux exhorbités entre les mailles d’osier. Quelques tomates reposaient sur leurs feuilles soigneusement préservées pour l’odeur, à côté de gousses d’ail encore violettes et molles.

Sur la rue du Pavois, les tissages des cailloux et de la lumière se mirent à trembloter, puis à trembler. Les oiseaux s’envolèrent, faisant tomber des glands précoces. Un claquement monta de la rue, puis un autre. Un lourd grondement de cuir et de fer rampait le long des murs, suivait les interstices des portes. Un chat fit mine de s’enfuir, avant de rejoindre le recoin d’une porte cochère. Le long des façades, les volets s’ouvrirent avec affolement. On entendait les râclements des fers, le cri des courroies distendues par l’écume. Les poules de Jeanne essayèrent de battre des ailes tandis qu’elle tenait leur empilement de cages.

Les roues battues de lumière, la malle-poste tangua sur la place comme un jugement dernier.

Les fers des quatre chevaux battaient la terre avec des éclats d’incendie, les ressorts immenses continuaient de gémir et de pester tandis que le postillon aux yeux noircis de fatigue guidait l’atelage jusqu’aux grilles du collège. Le cheval de brancard gauche montrait le plus des signes de fatigue : ce n’était pas de tout repos de tirer et de porter le postillon. Surtout celui-ci, qui avait du poids et la vessie lourde.

Pierre aida à descendre, et ôta les sangles de la poste, pour qu’on mette les chevaux frais. Des mains tendirent des licous, tirèrent des sangles. Les bagages descendirent, rapidement, dans le même ballet usuel qui se répétait de semaine en semaine. L’un des chevaux roulait son œil, jetant la tête en arrière pendant qu’il frappait un caillou de la pointe d’un sabot. Les autres pissaient lentement des rivières d’urine qui se rejoignaient pour longer la grille du collège. Certaines femmes, surtout Jeanne, avaient toujours du mal à les enjamber. Récriminations habituelles, surtout lorsqu’il s’agit de monter.

Le maître de poste ôta son cornet de la grille après avoir poussé la porte de la malle. Les chevaux renaclèrent pesamment pendant que le postillon monta. Il tirait un peu trop les crins de son cheval, tout de même.

« Pierre ! – c’était Marie.

- Oui ?

- Pierre, je ne reviendrai pas. Je te quitte. Je vous quitte. C’est fini.

- Mais, Marie.

- Sonne, s’il te plaît. Tais-toi. »

Pierre alors souffla dans son cornet les dernières ombres de la nuit des notes comme des bulles, qui montèrent et s’évanouirent.

04.05.2008

DCXXVIII. - Tiens, au passage, deux exhumations.

- 1 -

Quand le Seigneur dans les silences
Où les prières ne vont pas
Se vantait de nos souffrances,
Puisant ses monstrueux repas,

Il mettait à Ses poings livides
Des ossements pour bracelets,
Bouchant Ses stigmates putrides
Des nauséabonds osselets

Que Ses pieds baignés de blasphèmes
Faisaient jaillir à petits bruits
Du sang qui leur servait de chrême
Et où les Saints étaient recuits.

Quand Il goûtait la chair vivante
Tachant de gras Son menton noir,
Les Séraphins sans épouvante
Lui présentaient un grand miroir

Festonné des hymens des Vierges,
Des viols et des crimes du temps,
Pour qu’Il lorgne, parmi les cierges,
Les humains condamner Satan.


  - 2 -


Je suis la peur, je suis la faim,
Je suis la soif sur le chemin,
Le corbeau autour du défunt,
Le loqueteux qui tend la main,

Je suis le cercueil de sapin,
Le sein flétri, le vieux vagin,
Le plaisir payé du rapin,
Le corps aperçu comme engin,

Je suis l’ivrogne sans sequin,
Je suis le ventre usé de vin,
Je suis Jehan, je suis Faquin,
Le pendu pourri du ravin,

Je suis la boue et l’assassin,
Tout l’oublié, tout ce qui geint,
Le vol absout, le tue-larcin,
Le mal-fini – je suis l’humain.
</center>

24.03.2008

DCX. - La joie de peindre.

Il y a une toile, une copie d'un Franz Hals, sur laquelle je bataille depuis des mois. J'ai déjà dû reprendre le visage trois fois et malgré tout je n'en suis toujours pas parvenu à bout. Hier encore on s'est échiné sans succès.

Hier soir, alors que j'étais assis devant l'ordinateur, parcourant des blogs, un truc m'a pris. Je me suis retrouvé avec une toile sur les genoux à griffonner, gribouiller, tracer de grands traits. Quelques minutes plus tard, mâchonnant du fromage de Corse, j'étais toujours au bureau, toile sur les genoux et de l'huile plein les bras.

C'est la première fois que je peins aussi rapidement, aussi sûrement : alors qu'en général il me faut des mois, des reprises, des repentirs, en une petite dizaine d'heures tout était plié. On va dire que j'étais sous feu sacré ou exta, et que la Muse m'avait fait prendre mon luth.

Ores donc, à défaut de dessin du ouiquennede, la toile du jour :

Le Lever

Le Lever
Huile sur toile, 50 x 60.

16.03.2008

DCVII. - Autoportrait rouge.

Bon, on va dire que ça suffit, et que je vois plus trop ce que je peux faire de plus là-dessus. Signature, photo pour qu’on applaudisse, et section séchage définitif.

Autoportrait rouge.

Autoportrait rouge.
Huile sur toile, 50 x 70.

DCVI. - Le dessin du dimanche.

Monsieur Bleu D***


Etude d’après une photo d’avril 2007
Encre de Chine sur papier raisin.

09.03.2008

DXCIX. - Restes de l'été.

En faisant les précédents gribouillis sur mon carnet, j'ai retrouvé ces dessins au plomb et à la pierre. Quelques jours d'un début d'août 2007, la première fois où j'ai vu la marée.

S'il y a un Lecteur que ça gêne - sait-on jamais - je peux toujours ôter...


Pornichet, 1.

Pornichet, 2.

Pornichet, 3.

Pornichet, 4.

Pornichet, 5.

Pornichet, 6.

Pornichet, début août 2007.

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