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        <title>L'Almanach de Xanadu - listes-de-lecture</title>
        <description>Comme un dahu en plaine.</description>
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        <lastBuildDate>Mon, 17 Nov 2008 23:16:34 +0100</lastBuildDate>
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                <title>DCXCIII. - Liste de lectures.</title>
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                <author>noreply@ (Xanadu)</author>
                                                <category>Listes de lecture</category>
                                                <pubDate>Sun, 19 Oct 2008 22:12:41 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Admire, ô Lecteur, mes lectures de la semaine. Esbaudis-toi du nombre, et pense à ce que cela suppose, pour le reste de la vie privée et publique.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; i. &lt;b&gt;&lt;i&gt;Le culte des dupes&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, de Dominique Muller. Un nom en appelant un autre, j'étais passé par Papoulâtrie (profitant ici pour saluer l'inaltérable émission &lt;i&gt;Des Papous dans la tête&lt;/i&gt; sur France Cul', qui m'est resté longtemps un rendez-vous sacré, avant que mon emploi du temps et ma capacité à casser les radios ne m'empêchent de l'écouter avec la même régularité qu'en ma verte jeunesse), je glissais de Jean-Bernard Pouy (Papou) à Dominique Muller (autre Papou), me disant que de l'un à l'autre il devait y avoir le même festival de déconne littéraire. Que nenni - j'ai été très déçu.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Certes, j'avais la voix, assez aiguë et précieuse, de D. Muller en tête, et c'est avec cette voix que je lisais. Il faut avouer, hélas, que ce polard à l'époque des basques (sans Patxi : les basques, pans de veste, et pas pan dans le reste) est poussif, long, chargé, sans grande intrigue. On peut chercher la phrase : on l'y trouve. Mais à trop vouloir reprendre le style du deuxième Grand Siècle (là, juste un peu avant que Louis XV n'allume sur l'interrupteur des Lumières), on s'y lasse aussi - à ne lire qu'en diagonale en fin.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; ii. &lt;b&gt;&lt;i&gt;1275 âmes&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, de Jim Thompson. Cela ne t'es pas une surprise, Lecteur, qu'ayant parcouru &lt;i&gt;1280 âmes&lt;/i&gt; je tente derechef de trouver le numéro 1000 de la Série Noire. Diantre. Tudieu. Même armé de l'analyse de texte et de Pouy, que cela ne suffit pas du tout à s'y retrouver sans blessure dans ce bouquin noir comme le Texas en pleine nuit lors d'une éclipse solaire. C'est donc l'histoire de Nick Horrey, sheriff en chef de Pottsville, village perdu Dieu sait où, &lt;i&gt;tout aussi proche du trou de balle de la Création qu'on pourrait être sans se faire mordre un doigt&lt;/i&gt;. Un pauvre type dont tout le monde se fout, que les autres sheriffs bottent au cul et que sa femme-par-accident maltraite sans cesse. Il n'aime pourtant que deux choses, Rick : dormir, manger, et baiser. Ce qui en fait trois, mais il ne faut pas trop demander - Nick sait qu'il n'est pas malin, tout ce qu'il cherche à faire c'est de se tenir loin des coups tordus et ne pas se montrer lorsqu'il y a du grabuge. Mais voilà qu'en rentrant de visite de courtoisie, quelque chose semble avoir changé dans la tête du sheriff... quelque chose qu'aura à charrier la rivière locale, celle qui passe à côté du train. Les règlements de compte, sordides, glauques, machiavéliques, vont progressivement s'inscrire dans les mécanismes tendancieux du rouage que dresse le sheriff au bout de tout.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &quot;&lt;i&gt;Je suis entré dans cette maison, dans celle-ci et dans des douzaines d'autres pareilles, peut-être plus de cent fois. Mais jamais auparavant je n'avais réalisé ce qu'elles sont. Pas des foyers, pas des endroits où les gens peuvent vivre, non. Exactement rien. Des planches de sapin assemblées autour du vide. Pas de tableaux, pas de livres - rien à regarder, rien pour s'occuper le cerveau. Que du vide, un vide qui, petit à petit, s'infiltre en moi.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &quot;Et, tout d'un coup, ce vide n'est pas seulement ici, il est partout, dans toutes les maisons. Et en même temps, il se remplit de bruit, de visions et de fureur, de toutes les choses affreuses et sinistres que ce vide a provoquées.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &quot;Les pauvres petites filles sans défense qui pleurent en voyant leur père se glisser dans leur lit. Les hommes qui battent leur femme et les femmes qui hurlent des supplications. Les gosses qui pissent au lit, d'angoisse et de peur, et leurs mères qui les punissent en les aspergeant de poivre rouge. Les visages hâves, ravagés par le ténia et le scorbut. La sous-alimentation, les dettes toujours plus fortes que le crédit. La hantise, comment on va manger, où on va dormir, comment on va couvrir nos pauvres culs tout nus. Le genre d'obsession qui fait que, quand on n'a rien d'autre dans la tête, mieux vaux être mort. Parce que c'est le vide des idées, quand on est déjà mort dedans, et qu'on ne fait plus que répandre la saloperie, la terreur, les larmes, les cris, la torture, la faim et la honte de sa propre mort. De son propre vide.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &quot;Je frissonne, en songeant à la grande bonté du Seigneur qui a créé tant d'abominations dans ce monde, afin qu'une chose comme un meurtre paraisse bien bénigne en comparaison.&lt;/i&gt;&quot;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Faulkner n'a plus qu'à aller bouffer son pain de maïs.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; iii. &lt;b&gt;&lt;i&gt;Espèce d'espaces&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, de Georges Perec. Une semaine placée sous l'égide involontaire de l'OuLiPo ne pouvait se vivre sans un cierge allumé à Saint G.P. (un des rares saints laïcs, avec Albert Saint Einstein et Martin). Dans cet chose qui n'est ni roman ni essai ni poème mais tout à la fois, Perec cherche à dénombrer toutes les caractéristiques de l'espace.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Ca foisonne - bien que le plan suive une forme exponentielle à filer le tournis au ciron de Pascal : partant de la page écrite sur son lit, où il a passé nombre d'heures couché sur le ventre à lire, Perec finit dans l'univers, comptant les distances en papier de cigarettes plié. Entre cela, de nombreuses tentatives d'épuisement (la description d'une journée d'un appartement), une revue - passionnante pour ma part, mais je sais que mes lubies des listes tu les suis rarement, Lecteur - des façons de détourner l'usage des pièces d'un appartement, l'humour sinistre et noir de SS qui voulaient mettre des fleurs sur les fours d'Auschwitz qui lentement sourd pour rejoindre ce qui me semble le Problème perecquien par essence : le délitement de la mémoire, qu'on tente sans arrêt d'arrêter par les énumérations, les définitions, les circonscriptions circonspects - sans y croire pour autant.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &quot;&lt;i&gt;J'aimerais qu'il existe des lieux stables, immobiles, intangibles, intouchés et presque intouchables, immuables, enracinés ; des lieux qui seraient des références, des points de départ, des sources :&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &quot;Mon pays natal, le berceau de ma famille, la maison où je serais né, l'arbre que j'aurais vu grandir (que mon père aurait planté le jour de ma naissance), le grenier de mon enfance empli de souvenirs intacts...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &quot;De tels lieux n'existent pas, et c'est parce qu'ils n'existent pas que l'espace devient question, cesse d'être évidence, cesse d'être incorporé, cesse d'être approprié. L'espace est un doute : il me faut sans cesse le marquer, le désigner ; il n'est jamais à moi, il ne m'est jamais donné, il faut que j'en fasse la conquête.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &quot;Mes espaces sont fragiles : le temps va les user, va les détruire : rien ne ressemblera plus à ce qui était, mes souvenirs me trahiront, l'oubli s'infiltrera dans ma mémoire, je regarderai sans les reconnaître quelques photos jaunies aux bords tout cassés. Il n'y aura plus écrit en lettres de porcelaine blanche collées en arc de cercle sur la glace du petit café de la rue Coquillière :&lt;/i&gt; &quot;Ici, on consulte le Bottin&quot; &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; &quot;Casse-croûte à toute heure&quot;&lt;i&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &quot;L'espace fond comme le sable coule entre les doigts. Le temps l'emporte et ne m'en laisse que des lambeaux informes :&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &quot;Ecrire : essayer méticuleusement de retenir quelque chose, de faire survivre quelque chose : arracher quelques bribes précises au vide qui se creuse, laisser, quelque part, un sillon, une trace, une marque ou quelques signes&lt;/i&gt;.&quot;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Vlan. Là, les enfants on savoure encore mieux que du Chablis. Vous venez de lire quelques phrases d'un des Grands du XX° français. Et pas encore Panthéonisé, la preuve.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; iv. &lt;b&gt;&lt;i&gt;Les Roubignoles du destin&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, de Jean-Bernard Pouy. Premier constat : Pouy n'écrit pas roubignolles comme moi. Second constat : malgré le trouble noir du souvenir d'&lt;i&gt;H4 blues&lt;/i&gt;, Pouy confirme sa capacité à faire du texte noir, lugubre, plein d'encre et avec peu de blanc pour la page, là où la merde est fréquente et la désespérance fréquemment alerte. C'est une douzaine de nouvelles, où l'on découvre que le Destin, pourvu de doigts malhabiles et balourds, n'hésite pas à frapper d'un coup de roubignolles un vieux con, une petite fille, un mangeur de mogettes, des barbares étrangement NRF dans un VIII° arrondissement d'après-apocalypse ou un professeur désespéré qui file son fils pour mieux le comprendre. Ca poinçonne pas toujours que les tickets, pas mal de murs qui ont pas vu de Calgon depuis un bail sont repeints à la cervelle ou aux boyaux, ça équarrit et ça tronçonne, le Pape s'en prend une au passage, un Poulidor batave perd sa soeur parce que des Ibères un peu rudes se réunissent devant la télé et un écrivain tente de se débarasser d'un colleur de première au bord d'un quai quand le train arrive.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Tout ceci fini quand Glen Gould achève les &lt;i&gt;Variations Goldberg&lt;/i&gt; et la soupe potiron-haricots blancs en voie de digestion.&lt;/p&gt; 
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                <title>DCXC. - Liste de lectures.</title>
                <link>http://xanadu.hautetfort.com/archive/2008/10/11/dcxc-liste-de-lectures.html</link>
                <author>noreply@ (Xanadu)</author>
                                                <category>Listes de lecture</category>
                                                <pubDate>Sat, 11 Oct 2008 00:19:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot; class=&quot;blogSubject&quot;&gt;i. &lt;b&gt;&lt;i&gt;1280 âmes&lt;/i&gt;, de Jean-Bernard Pouy&lt;/b&gt;. Il se trouve que j'en ai déjà parlé, au feuillet CCXLIII de cet Almanach, Lecteur, tu t'en souviens certainement car tu m'aimes et me suis et me poursuis où que j'aille, tout aussi sûrement que les Erynnies Oedipe. Ce qui n'empêche pas qu'un dimanche matin, feuilletant un peu de thé dans de l'eau, je me suis mis à regarder la bibliothèque, qui fait bien pitoyable désormais que l'appartement autour a grandi. J'en ai tiré ce petit opuscule, et j'ai passé la matinée sous la couette avec le terrible Pierre de Gondol. Qu'on se rappelle : Pierre de Gondol (appelé Epictète par ses potes), plus petit libraire parisien, est diligenté par un de ses clients pour enquêter. Par sur n'importe quoi, non non non. Sur une disparition : un meurtre. Cinq âmes qui ont disparu, lors d'une traduction - celle du numéro 1000 de la &lt;i&gt;Série Noire&lt;/i&gt;, passé de &lt;i&gt;Pop. 1280&lt;/i&gt; dans le texte original à &lt;i&gt;1275 âmes&lt;/i&gt; dans la traduction de Duhamel. Pas rien, que je vous dis - sans compter, qu'outre l'écriture épatante, riche et pourtant simplissime de clarté et de trouvaille, de Jean-Bernard Pouy, ce bouquin fait une chose magnifique : &lt;i&gt;il donne envie de lire&lt;/i&gt;. Je lui dois tout de même d'avoir lu ensuite &lt;i&gt;Le Guépard&lt;/i&gt;, Truman Capote et plein d'autres encore.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; ii. &lt;b&gt;&lt;i&gt;Tout peut arriver&lt;/i&gt;, de Jonathan Tropper&lt;/b&gt;. De Tropper, j'avais gardé &lt;i&gt;Le Livre de Joe&lt;/i&gt; en tête, qui m'avait séché sur place, malgré l'apparente simplicité de la trame narrative. Un peu bêtement, je crois bien que j'attendais quelque chose dans le même genre. Ici, pourtant, on retrouve le classique des novellistes anglo-saxons : le trentenaire qui lentement craquèle. Ici, il s'agit de Zach, qui est on ne sait trop comment un type heureux. Enfin, qui devrait l'être. Il va épouser Hope, une fille magnifique et riche qui aime tout autant le sexe que lui, il coloque avec un millionnaire, il a un boulot qui paie. Mais son boulot consiste à se faire engueuler au téléphone par des incapables, il trouve du sang dans son urine, son petit frère s'explose un peu trop la cervelle en jouant du rock, son père réapparaît et il trouve un peu trop de plaisir à boire des cafés le soir avec la veuve de son meilleur pote. Bref, ça cahin-cahate, ça angoisse et ça faux-fuit de partout.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; iii. &lt;b&gt;&lt;i&gt;Là où les tigres sont chez eux&lt;/i&gt;, de Jean-Marie Blas de Roblès&lt;/b&gt;. Ce livre aura été ma contribution à la rentrée littéraire 2008. Ce premier bouquin de Blas de Roblès depuis dix ans commence sur une citation de Goethe : &quot;&lt;i&gt;Ce n'est pas impunément qu'on erre sous les palmiers, et les idées changent nécessairement dans un pays où les éléphants et les tigres sont chez eux.&lt;/i&gt;&quot;, qui dresse bien le cadre. Celui où semble errer, improbable, distant, désabusé, Eléazard von Wogau, correspondant de presse oublié au fin fond du Nordeste. Qui, pour tromper son ennui, accepte de traduire et de commenter un manuscrit du XVII°, rédigé à la gloire d'Athanase Kircher par son disciple. Pour être honnête, je crois que j'avais vu traîner une fois quelque part le nom de Kircher, mais il m'était très largement sorti de l'esprit. Pourtant, plus déjanté que ce brave individu, il y a peu : Kircher, c'est la sommité intellectuelle du XVII°, l'esprit encyclopédiste universel de l'époque, la référence, le zénith de la recherche scientifique européenne au temps des perruques et des poux. Sauf qu'il s'est trompé quasiment dans toutes ses recherches - que ce soit ses tentatives de traduction du chinois, sa transcription des hiéroglyphes, &lt;i&gt;etc&lt;/i&gt;. Il était couru, cherché, espéré, discuté. Tout ça pour se planter de bout en bout - bref, une sorte de BHL jésuite.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Penché sur ce manuscrit qu'il n'aime guère, Eléazard laisse vivre, parfois loin de lui, bien des destins qui ne le croisent que peu : sa fille, qui semble faire de la sociologie, un prof français débarqué au Brésil, un mendiant cul-de-jatte et un camionneur un peu versé dans les pouvoirs magiques, sa femme, qui a demandé le divorce et s'enfonce dans la jungle pour y retrouver des fossiles oubliés, un Allemand dont on se demande s'il n'a pas porté la croix gammée fut un temps, un Indien qui essaie de faire croire qu'il est le fils d'un sorcier et un sorcier qui en est vraiment une italienne qui sait trop facilement citer des penseurs lointains, un médecin revenu de tout qui lentement devient aveugle dans une maison remplie et de livres, un colonel qui ne l'est que parce qu'il a réussi à devenir gouverneur de l'Etat. Et avance lentement la traduction du manuscrit, et la découverte des délires de Kircher.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C'est du livre d'aventures qui n'en est plus un. Plutôt : l'aventure se délite, et s'enferme sous le soleil et l'humidité. J'ai un peu pensé à &lt;i&gt;Cent ans de solitude&lt;/i&gt;, je pense qu'il n'y a pas que ça. Quoiqu'il en soit, les fins de ce livre renvoient toutes à une forme de dérisoire, quel qu'il soit - celui de l'érudition (tiens, ce serait pas du Ecco ?), celui de l'aventure (prenez tout ce qui passe sous la main côté bouquin d'exploration), celui de la favelà que sauve à peine Yemanjà.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;i&gt;&quot;Quelque chose d'épouvantablement précis descendait sur elle.&quot;&lt;/i&gt; (p. 716).&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On aimerait bien à voir ça que certains se contentent aussi d'un livre tous les dix ans.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; iv. &lt;b&gt;&lt;i&gt;L'Echarde&lt;/i&gt;, de Edmund White et Adam Mars-Jones&lt;/b&gt;. J'ai été un peu eu par la quatrième de couv', lorsque j'ai déniché ça chez un bouquiniste : &quot;&lt;i&gt;Deux écrivains talentueux se sont réunis pour écrire ces huit nouvelles autour d'un même thème : une grave maladie, un véritable fléau de notre époque, jamais nommée au fil des récits.&lt;/i&gt;&quot; J'imaginais quelque chose du domaine de l'invraisemblable, de l'apocalyptique - comment dire, de la fiction d'anticipation. En fait, ces nouvelles sont profondément ancrées dans les années quatre-vingt, et ce qui en découle. Je ne vais pas faire l'inventaire des histoires de chaque nouvelle, pour lister et lasser. Indéniablement, le récit de &lt;i&gt;L'Echarde&lt;/i&gt;, d'une précision anatomique et mécanique, est extrêmement bien agencé. Après, ce qu'on pourrait reprocher à cette écriture est de faire dans la distanciation froide, la retenue analytique et le non-dit. Il y a une atmosphère de fin des temps, quelque chose comme une panique impossible maîtrisée, repoussée, renvoyée uniquement par les visages qui ne bougent pas, ne cillent pas, et les corps qui agissent dans l'ombre et l'inquiétude. Tentant d'être oublieux de la maladie. C'est une atmosphère qu'on a oublié que celle-ci, qui devait être celle des années quatre-vingt.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; v. &lt;b&gt;&lt;i&gt;A propos d'un gamin&lt;/i&gt;, de Nick Hornby&lt;/b&gt;. A force d'entendre parler de Hornby, quand on en trouve chez un bouquiniste, on en prend. Indéniable : ça se lit en trois jours à l'hôtel. Constat : ça peut faire sourire, mais ça ne va pas chercher très loin, même si l'ensemble dépasse les premiers chapitres, très médiocres. Ce qui est appréciable, c'est qu'en un sens, l'histoire n'est pas finie : non, le gentil trentenaire dépassé par les événéments de la vie qu'il renvoie systématiquement loin de lui pour éviter d'y penser n'épouse pas la femme dépassée par les événéments, ni n'adopte l'adolescent un brin déphasé sur les bords. Tout au plus des relations se sont-elles tissées, des solitudes se sont-elles cotoyées, et Kurt Cobain est mort.&lt;/p&gt; 
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                <title>DCLXXXIII. - Liste(s) de lecture.</title>
                <link>http://xanadu.hautetfort.com/archive/2008/09/14/dclxxxiii-liste-s-de-lecture.html</link>
                <author>noreply@ (Xanadu)</author>
                                                <category>Listes de lecture</category>
                                                <pubDate>Sun, 14 Sep 2008 00:29:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;center&gt;&lt;b&gt;Prolégomènes&lt;/b&gt;&lt;/center&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; L'Auteur, se retrouvant comme un crétin à la descente de l'avion athénien, avec personne pour l'accompagner dans un bar quelconque, où pourtant il s'était bien promis d'en descendre une vingtaine (de macchabées et de bières), s'est retrouvé contraint de s'occuper autrement : voir des films, se promener, faisant la joie du parisien avec son louque rock'n roll ou jazzy (l'Auteur ne sait toujours pas dans quelle catégorie on classerait sa veste noire, son ticheurte rouge pétard et son petit chapeau, de toute manière il s'y sent très bien, c'est l'essentiel).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;center&gt;&lt;b&gt;Livres&lt;/b&gt;&lt;/center&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; i. &lt;b&gt;&lt;i&gt;Manhattan Transfer&lt;/i&gt;, de John Dos Passos&lt;/b&gt;. - Il faut reconnaître que ce n'est pas du tout ce à quoi je m'attendais. Je pensais plutôt à une sorte de récit mythique, un brin glauque, une transposition de Faulkner dans Nouille Orque, quelque chose comme ça. Tant pour moi les classiques américains (malgré les exhortations d'Antoine, avec lequel j'entretiens une conversation électronique extrêmement irrégulière &amp;amp; spacée) forment une nébuleuse toujours perchée aux rebords des années 30, avec de la morosité économique et des paysans difformes qui jouent frénétiquement du banjo en hurlant des sourires de dents tout aussi difformes. Je me trompe, comme souvent.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Donc, ici, comme on dit : attention, chef d'oeuvre. Mais aussi monument gothique. C'est foisonnant, et la structure interne est bien cachée. Il faut s'accrocher pour parvenir à suivre, retrouver les connexions entre les personnages suivis de loin en loin, ne pas dévaler les pentes dans les versants des paragraphes. Les tournants de page peuvent être meurtriers, d'autant plus que la signalétique est totalement absente. On se croyait dans un hôtel, on est dans un terrain vague à marcher au bord du fleuve en se demandant si on ne va pas s'y jeter. La page coquine vous a masqué le saut de page, et vous êtes tombé dans le trou.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pas facile de marcher dans Nouille Orque, en somme. Lever le nez vers les gratte-ciel qui commencent tout juste à s'édifier vers les cieux du capitalisme triomphant des années 10 vous fait bien souvent trébucher dans cette ville où les vies se croisent sans parvenir à finir en destin. Ou plus d'une finit désabusée, amère, pour ne pas dire simplement : finit, dans un recoin de chambre à la journée ou dans les bras d'un petit millionnaire pour s'assurer le gîte.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; ii. &lt;b&gt;&lt;i&gt;La Vérité ou presque&lt;/i&gt;, de Stephen McCauley&lt;/b&gt;. - Ici l'on trouvera une Amérique plus connue du trentenaire post-catastrophes diverses (cyclone Ike, Twin Towers, George Bush, redressement fiscal), avec les personnages caractéristiques de Stephen McCauley : Desmond Sullivan est une grande bringue mince qui se réfugie derrière les silences et les mensonges qu'il se fait plus qu'il n'en fait à d'autres, son mari un petit chauve, Jane Cody est une autre bringue aux seins volumineux, aux cheveux qui n'en finissent plus d'ébouriffer et aux bracelets qui descendent les avant-bras tout aussi bruyamment que le Dow Jones ces derniers temps. Avec cette trinité protéiforme qui hante quasi tous ses romans que j'ai pu lire, McCauley fait cette fois une jolie construction d'humour autour du mensonge et de l'absence de courage face à ce que l'on fait. La morale est simple : le bonheur est souvent dans ce qu'on cherche à fuir, quoi qu'on imagine. Et, comme tout McCauley, ça se lit bien et avec plaisir.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; En même temps, quelle idée d'aller chercher à reconstruire la vie d'une chanteuse des 50's complètement méconnue, hein, je vous jure... y'a vraiment que des pédés pour vouloir faire ça. Et à Boston en plus. Rien qu'avec ça, ce pauvre Desmond partait d'office au carnage.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; iii. &lt;b&gt;&lt;i&gt;La Cité des jarres&lt;/i&gt;, d'Arnaldur Indridason&lt;/b&gt;. - Après les tentatives de lecture de saga (je vais tout de même m'y remettre, une envie comme ça), mes aventures islandaises se poursuivaient dans le polar local. Indridason a une chose en commun avec les moines catholiques du XI° : le style concis, sec, l'humour d'une noirceur à n'en plus finir. Surtout que l'enquête dans laquelle se trouve engagé le commissaire Erlendur Sveinsson ne commence pas de la meilleure façon : dans un appartement en sous-sol qui sent le cadavre de plusieurs mois on retrouve un type mort il y a deux jours. Caché dans son bureau, la photographie d'une tombe vieille de quarante ans. Loin d'être un crime &quot;bêtement islandais&quot;, les ramifications de la chose, et surtout l'entêtement d'Arnaldur à remonter la filière du temps, vont l'emmener jusqu'à errer dans la Cité des Jarres... et au passage soulever quelques questions de morale.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pour la petite histoire, quasi tous les Islandais n'ont pas de nom de famille : ils sont Erlendur fils de Svein et basta. Mais deux Islandais qui se rencontrent au milieu du désert déclineront leur arbre généalogique sur plusieurs siècles sans souci, parfois jusqu'au Moyen-Âge. C'est une particularité locale qui vous permettra de mieux vous engager dans l'intrigue.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt; &lt;center&gt;&lt;b&gt;Films&lt;/b&gt;&lt;/center&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; i. &lt;b&gt;&lt;i&gt;Le Septième juré&lt;/i&gt;, de Georges Lautner&lt;/b&gt;. - La fin avait été entr'aperçue au Portugal. Ici, j'avais l'occasion d'en profiter intégralement en regardant le frisquet dehors. Tout ce que je puis dire, c'est que ce film m'a soufflé. L'ouverture est magistrale, à croire que Vivaldi a écrit &lt;i&gt;L'Eté&lt;/i&gt; uniquement pour Lautner. Plus que la scène du tribunal, qui est là pour appâter le chaland (moi premier), voire que le mal-être croissant de ce pauvre juré écrasé par le poids de son mensonge, la mise en images est épatante. L'ouverture, déjà, mais j'en ai parlé - comment un simple bouchon de pêcheur flottant devient tout le symbole de la lourdeur des après-midi de dimanche. Aussi cette scène où le juré retrouve son fils à l'Echelle, avec le corps de la femme dansant en reflet dans un verre de vin.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Ah oui, bien évidemment, tu veux l'histoire, Lecteur : c'est un policier, sauf que comme dans &lt;i&gt;Crime et Châtiment&lt;/i&gt; le crime a lieu dès le début et qu'on sait qui est le coupable. Pitch : un après-midi de dimanche, un pharmacien digne notable de sa petite ville près de Strasbourg se promène au bord d'un lac et, poussé par on ne sait trop quoi, tue Catherine Langeais. Quelques semaines plus tard, il est nommé juré pour le procès du petit ami de la victime, que toute la ville voudrait bien être le coupable.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Ca en fait des cas de conscience pour un type que la pesanteur provinciale étouffe et écrase. Grinçant, désespérément moderne, cynique - essentiel.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; ii. &lt;b&gt;&lt;i&gt;Mamma Mia&lt;/i&gt;, de Phyllida Lloyd&lt;/b&gt;. - Anecdotique. Mauvais script, mauvaises images, mauvaise lumière, mauvais jeu d'acteurs. Une vague tentative de nous la faire &lt;i&gt;Madame Butterfly&lt;/i&gt; au bord de la mer Egée quand Glen Close refuse la main de Pierce Brosnan, qui tombe à plat. À ce niveau ce n'est même plus de la carte postale tant ce qui aurait pu faire le charme du film (une vie nécessairement idyllique avec des drames de polichinelle dans une île grecque entre anglo-saxons propres sur eux) est mal rendu : décors peut-être grandioses mais vidés par une photographie qui les vide de leur contenu et les renvoie dans le domaine du jeu vidéo bien pixellisé. Trois seuls plaisirs : Pierce Brosnan et Colyn Firth en tenue seventies à la fin (mais c'est une blague facile), la musique d'Abba (mais c'est un plaisir de pédale), de petites choses agréables à regarder dans les personnages tertiaires (mais c'est un plaisir d'esthète).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; iii. &lt;b&gt;&lt;i&gt;La Cité des jarres&lt;/i&gt;, de Baltasar Kormakur&lt;/b&gt;. - Après le livre, le film. Et bien ce film-là reste une très bonne adaptation. Bien évidemment, la trame narrative est un peu simplifiée voire déformée pour les besoins de l'image. Mais Kormakur m'a permis de comprendre toute la force de la concision littéraire de la langue islandaise - sans compter que j'ai revu des coins de Reykjavik où je suis passé en coup de vent, pour ne pas dire (surprise amusante) une personne cotoyée durant mon périple parmi les acteurs (ça c'est pour la partie &quot;moi aussi je fréquente des stars&quot;). J'ai aussi retrouvé ce type de mobilier, de maison typiquement islandais, qui fait toute la force de ce film. Ce n'est pas un policier fait de mitraillettes et de courses poursuites, ni de suspence haletant. Tout juste Erlendur a-t-il la ténacité du chien qui va chercher le coupable avec les dents - à peine. c'est un taiseux, Erlendur, il laisse peu sortir bien qu'il fume comme un pompier. Il est même cruel, parfois, de cette cruauté nordique issue des hivers froids et du vent qui siffle sur l'océan. Tout ça pour quoi ? Pour un pervers, quasi sûrement violeur, qu'on retrouve mort dans son taudis...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; À voir.&lt;/p&gt; 
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                <guid isPermaLink="true">http://xanadu.hautetfort.com/archive/2008/07/30/dclxxv-liste-de-lectures.html</guid>
                <title>DCLXXV. - Liste de lectures.</title>
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                <author>noreply@ (Xanadu)</author>
                                                <category>Listes de lecture</category>
                                                <pubDate>Wed, 30 Jul 2008 00:10:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;i. &lt;b&gt;&lt;i&gt;La Peste noire : grandes peurs et épidémies, 1345 - 1730&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, de William Naphy et Andrew Spicer. Brusquement, je me suis mis à avoir des fringales de mort noire, des envies de bubons, des pulsions de charniers. C'est en tout cas un livre vraiment intéressant, même pour le néophyte nul en histoire que je suis. Les dernières pages, sur la peste de Marseille, m'ont même pas mal tracassé - je me souviens avoir fait chier plein de monde à la raconter, cette peste-là.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Car à y bien regarder, les conditions qui ont mené à un taux de mortalité de 80% en plein Siècle des Lumières (alors que la peste en général c'était 25%), c'est bien uniquement parce que Marseille était une ville moderne, gérée de façon moderne. Et qu'à voir la politique qui a été menée par les élites, on se met à rêver ce qui se passerait maintenant. Y'aurait vraiment de quoi écrire, tiens.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pour mémoire, la dernière peste en France date des années 20, et la dernière épidémie de 2004.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; ii. &lt;b&gt;&lt;i&gt;Le Lièvre de Vatanen&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, de Arto Paasilinna. C'est l'histoire d'un journaliste qui renverse un levreau et s'attache à lui. Il y a de quoi faire du Disney, ça devient un drôle de périple en plein milieu de la Finlande. Chez Paasilina, il y a toujours des arbres qu'on coupe, des saunas, de la vodka et des élans qu'on chasse en plein hiver. Il y a ici aussi des ours qu'on chasse rageusement jusqu'en URSS, des incendies qu'on regarde en se baignant dans un lac, des buldozers qui atterrissent dans de drôles d'endroits, des ministres qui embarquent nus dans des hélicos, des pasteurs qui tirent sur la Croix, des huttes qu'on retape, et bien sûr des crottes de lièvre un peu partout.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Y jeter un coup d'oeil rapidement, Lecteur. 235 pages, et de la Finlande en plein été, tu vas pas faire chier.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; iii. &lt;b&gt;&lt;i&gt;Saga d'Egill, fils de Grimr le Chauve&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;. Parce que je me disais qu'il fallait me faire une culture livresque sur l'Islande, j'ai pécho une collection de sagas. Dans une collection qui était la seule à éditer ces curiosités, ce qui fait que j'ai acheté mon premier ouvrage relié de cuir en papier Bible, caractères Garamond et reliure violet. Et j'ai pu constater qu'en tenant une feuille, effectivement elle ne s'arrachait pas.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Quant à la saga, c'était loin, très loin, de ce que j'imaginais. Je pensais combat de de héros, haches sanglantes, chevaux qui hennissent, dieux qui font des coups en loucedé. Bah que dalle. Plus laconique tu meurs gelé sur le Hvannadalshnjùkur. Plus longuet aussi.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; iv. &lt;b&gt;&lt;i&gt;Le Festin de Babette&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, de Karen Blixen. Mué mué mué. Je l'ai acheté parce que j'avais entendu parler du film. L'histoire est intéressante, on sent une pointe d'humour. Ca ne m'a pas pour autant transporté - tant qu'à fêter les joies de la chère, autant lire du Rabelais ou voir &lt;i&gt;Ratatouille&lt;/i&gt;. Ici, c'est trop discret, trop retenu - à quand bien même on se doute que l'intérêt du livre est de faire passer, en douceur, le miracle de la bouffe dans une assemblée de protestants sectaires et grincheux. En même temps, une soupe de tortue je ne serais pas contre.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; v. &lt;b&gt;&lt;i&gt;Tempêtes&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, de la même. Un brin pompeuse, cette histoire d'une troupe de théâtreux qui se retrouve coincée dans une ville du fin fond du Nord là-haut, citant bien évidemment son Shakespeare comme tout bon cultivationné du XIX°.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; vi. &lt;b&gt;&lt;i&gt;L'Eternelle histoire&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, de la même. Ah bah voilà une idée qu'elle est bonne, tout de même ! Plus intéressante même que &lt;i&gt;Babette&lt;/i&gt; - ce vieillard richissime de Hong Kong ou Shangaï qui se met en tête d'accomplir une fanfaronnade que les marins se racontent tous de bateau en bateau. Comment un jeune homme, plein de taches de rousseur, se trouve embringué dans une villa des mille et une nuits. Comment une pute sur le début n'en est pas si sûrement une que cela. Comment accessoirement on s'interroge encore définitivement sur ce qui meut le sexe féminin des femmes et les fait agir.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; vii. &lt;b&gt;&lt;i&gt;Kafka sur le rivage&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, de Haruki Murakami. Anecdotique. Plus de six cent pages pour nous faire le coup du lapin qui sort du chapeau, les élucubrations vasouilleuses et le néo-Mishima (si, si, je vous assure que ça sent dans la fascination pour le sport et le nettoyage de prépuce), merci mais ça en valait pas la peine.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; viii. &lt;b&gt;&lt;i&gt;Le Cantique de l'Apocalypse joyeuse&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, de Arto Paasilinna. Après toutes ces déceptions, un peu de valeur sûre ne fait jamais de mal. Bien évidemment, là encore il y a des arbres, des ours et pas mal de neige non loin de l'URSS. De toute façon, Arto il n'aime que ça, les bois et le sauna. Cette fois-ci, c'est l'affaire d'un communiste, brûleur d'églises et révolutionnaire devant l'Eternel, qui au seuil de la mort confie à son petit-fils le soin de construire... une église.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Et voilà que ça commence comme ça les catastrophes. On commence par faire une église en bois, puis un chalet pour des écolos qui savent juste faire sécher des herbes aromatiques. Puis on laboure, ou on passe la senne dans le lac. Une pasteure doyenne aux armées s'en mêle, la chef de la propreté des trains aussi. Un ours cardiaque aussi, mais c'est une autre affaire.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le temps passe - l'histoire commence en 1992 pour se finir vers 2030. Entretemps, en-dehors du village qui fleurit de plus en plus (même si les écolos et les herbes aromatiques n'y sont pour rien), la crise économique de 2007 fait tous ses effets. Les crises boursières emportent les populations, la famine les décime, le pétrole disparaît. On voit passer quelques missiles aux traînées roses, des aviateurs arabes porteurs de bombe nucléaire en pleine Finlande, (qu'on fait exploser pour rigoler), une troupe de 40 000 femmes, pas mal de tonneaux de vendaces et encore plus de fûts de bière. Il y a aussi une Finlandaise de Nouille Orque, une cheffe de secte diplômée en art de vivre, quelques mafiosi spécialisés dans la culture d'organes humains frais, et une souris sanguinaire.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Bref, c'est bien.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; ix. &lt;b&gt;&lt;i&gt;Le Bizarre incident du chien pendant la nuit&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;, de Mark Haddon. Bof. Ca ferait un film bientôt que ça m'étonnerait pas.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; 
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                <title>DCLXVI. - Solidays, J+7 : choses vues.</title>
                <link>http://xanadu.hautetfort.com/archive/2008/07/14/dclxvi-solidays-j-7-choses-vues.html</link>
                <author>noreply@ (Xanadu)</author>
                                                <category>Listes de lecture</category>
                                                <pubDate>Mon, 14 Jul 2008 04:35:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;i. &lt;a href=&quot;http://www.myspace.com/jazzamuffin&quot;&gt;Les Zooters&lt;/a&gt;, un petit passage pour se mettre en condition dans un univers fait de jazz, de reggae et de je sais pas trop quoi, mais avec des pantalons de toile innommables, des gilets comme on en faisait dans la jeunesse de Bogard et un zouk de tonnerre de Brest. Quel plaisir que la zique n'est pas l'apanage des jeunes cons, mais aussi de vieux barbons aux crânes rasés qui renversent en quelques minutes tout un chapiteau.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; ii. &lt;a href=&quot;http://www.myspace.com/deportivoofficial&quot;&gt;Déportivo&lt;/a&gt;, qu'on ne présente plus. Je les avais déjà vus en décembre, où j'avais découvert le slam en continu, mode taylorisme du vingtième : dès les premières notes, la foule incontrôlable des groupies avait fait la queue pour se jeter sur les bras levés. Ici, peu encore - les retours de Katmandou levaient leurs tentes encore sur l'hippodrome, on était entre gens civilisés, et on pouvait gigoter peinard. Mine de rien profitant des nuques devant soi, aux tempes à peine argentées.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; iii. &lt;a href=&quot;http://www.myspace.com/girlsinhawaii&quot;&gt;Girls in Hawai&lt;/a&gt; : En passant une main inquiète sur le coup de soleil, s'éventant de son chapeau le festivalier ira s'asseoir ensuite dans le gazon encore un tantinet existant, devant la scène om se produiront les filles haïtiennes rock indie. Vendu comme belge, &lt;i&gt;&quot;avec [son] son entre bricolage et fragilité, leur goût pour les ambiances en demi-teintes, leur invitation permanente au rêve&lt;/i&gt;&quot;, ce groupe ne vous laissera aucun souvenir. Ca ressemblait plus à du rock garage aux bornes du punk, bref beaucoup de bruit pour rien comme on dit à Stratford sur l'Avon.&lt;br /&gt; &lt;a href=&quot;http://www.myspace.com/girlsinhawai%3EGirls%20in%20Hawai%3C/a%3EEn%20passant%20une%20main%%20inqui%C3%A8te%20sur%20le%20coup%20de%20soleil,%20s%27%C3%A9ventant%20de%20son%20chapeau,%20le%20festivalier%20ira%20s%27asseoir%20ensuite%20dans%20le%20gazon%20encore%20un%20tantinet%20existant%20de%20la%20sc%C3%A8ne,%20pour%20ce%20groupe%20de%20rock%20indie.%20Vendu%20comme%20belge,&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; &lt;a href=&quot;http://www.myspace.com/girlsinhawai%3EGirls%20in%20Hawai%3C/a%3EEn%20passant%20une%20main%%20inqui%C3%A8te%20sur%20le%20coup%20de%20soleil,%20s%27%C3%A9ventant%20de%20son%20chapeau,%20le%20festivalier%20ira%20s%27asseoir%20ensuite%20dans%20le%20gazon%20encore%20un%20tantinet%20existant%20de%20la%20sc%C3%A8ne,%20pour%20ce%20groupe%20de%20rock%20indie.%20Vendu%20comme%20belge,&quot;&gt;&lt;/a&gt;iv. &lt;a href=&quot;http://www.myspace.com/thehoosiers&quot;&gt;The Hoosiers&lt;/a&gt;, qui, bien que je connaisse le single, a été la première découverte de ce festival. Non seulement à cause de la scénographie, péchue et pleine d'humour &lt;i&gt;british-of-course&lt;/i&gt;, aux apparitions de Spiderman, de deux squelettes à coulisses et des bacchantes du drummer, mais aussi pour la voix déchirée d'Irwin Sparkes. C'est ici qu'on commence à danser et à faire la farandole. On l'avait déjà faite pour Déportivo, mais là on se prend au jeu et on trémousse le popotin sérieux.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; v. &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/admin/posts/www.myspace.com/thedodoz&quot;&gt;The Dodoz&lt;/a&gt;, qui a été l'occasion de ma première sieste dans l'herbe, au soleil hésitant que cachaient des nuages. La foule lentement se densifiait, mais l'heure était encore au festival humain. Le trio pop-rock couinait un peu, de manière suffisante pour qu'on le découvre ou du moins qu'on s'intéresse, entre les riffs rageurs et la voix un peu sucrée de la chanteuse, les déhanchés de Jules et Vincent. Surtout qu'on se convainc, lorsque le riff reprend le &lt;i&gt;Dies Irae&lt;/i&gt; gothique (si, si !) qu'I &lt;i&gt;Do Like Boys&lt;/i&gt;. Miam. Le festival sera voyeur ou ne sera pas. Salopards d'ados.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; vi. &lt;a href=&quot;http://www.myspace.com/moriartylands&quot;&gt;Moriarty&lt;/a&gt; : c'est sous les vieux chapiteaux qu'on découvre que la musique sans la boîte et les baffles de son salon fait pas mal pour le bonheur de l'humanité. L'écoute distraite au boulot m'avait juste indiqué que le cédé valait la peine. La découverte dans les premiers soulevés de poussière du groupe au barbu à l'harmonica, et la découverte là maintenant pas plus tard que je suis en train de l'écrire qu'il y a une reprise de Depeche Mode dans leur album (je viens de tilter sur leur Myspace) n'empêche pas qu'il faut ab-so-lu-ment que vous possédiez cet album, Lecteur, ma chèèèère, c'est un groupe qui compte et s'il compte pas c'est à croire que Nicolas-Paul-Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa est président de la République.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; vii. &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/admin/posts/www.myspace.com/tetesraidesofficiel&quot;&gt;Les Têtes Raides&lt;/a&gt; : sorti du nom célébrissime que je n'ai jamais emprunté à la bibliothèque, et de la voix profonde du chanteur qui m'a un peu intéressé quelques instants, ça m'a fait chier. Les criailleries sur la Commune des anars qui n'ont jamais suivi leurs cours d'Histoire ou s'arrêtent à 1871, pour en faire un symbole facile à jeter à la face de tout ce qui passe plutôt que de lire les journaux, ça me fatigue. Alors on rejoint l'autre concert.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; viii. &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/admin/posts/www.myspace.com/listentococoon&quot;&gt;Cocoon&lt;/a&gt; : anecdotique. Peut-être aussi que les Têtes Raides m'avaient trop fatigué avant. Nez en moins et cynisme en plus, il faudra que ces clermontois (cocorico) apprennent à se tenir sur scène et à tenir leur salle. Là on se croyait un peu à Thézé.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; ix. &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/admin/posts/www.myspace.com/rosekeren&quot;&gt;Rose&lt;/a&gt; : &quot;&lt;i&gt;fraîcheur et douceur&lt;/i&gt;&quot;, qu'on me l'avait vendue. Gnangnan et cucul, oui. Vu et revu.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; x. The Subways : Si je voulais me la faire édito de magazine pseudo-bobo néo-cons à plumes, j'écrirais quelque chose comme &quot;&lt;i&gt;c'est pas parce qu'on est une folle qu'on n'a pas le droit d'être une rock and roll queen.&lt;/i&gt;&quot; Désolé, j'avais envie de caser ce jeu de mot-là. Alors que le bon gros garage râpeux qui vous fait remonter le plat de pâtes dans l'oesophage à force de fracasser le pôvre brin d'herbe survivant de la nuit infernale où l'on a fait trémousser le festivalier sur du techno-boufta-boufta genre Vitalic et Garnier. Bref, ça vaut le coup. Un peu pop guimauve-rock, parfois, punk-poubelle aussi, mais ça permet toujours de se réveiller. Et rien que pour ça...&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; xi. &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/admin/posts/www.myspace.com/devotchkamusic&quot;&gt;Devotchka&lt;/a&gt; : Ah ! L'autre découverte du festival ! Le cinéphile ou tout simplement le traîneur de savates en salle (pas la peine d'acheter &lt;i&gt;Télérama&lt;/i&gt; pour ça) aura reconnu ce groupe à ses ritournelles devenues célèbres. L'oeil bègle et binousé du festivalier katmandouien sur les volutes de sa beuh de contrebande cependant s'allumera un tantinet et pas que pour la flamme du briquet aux approches du bang mais aussi pour les toiles rouges qui descendent du plafond où viendra se percher rapidement une magnifique petite acrobate. Vindiou. Je me suis cru au cirque, ça fait toujours plaisir de voir quelqu'un grimper aux rideaux. Sans compter que la guitare noire à paillettes de Nick Urata est d'anthologie. Plaise en trie mise à part, cette petite séance de gipsie-rock ou Dieu sait quoi ne m'a pas fait regretter le détour et la soif.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; xii. &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/admin/posts/www.myspace.com/grandcorpsmalade&quot;&gt;Grand Corps Malade&lt;/a&gt; : il faut le reconnaître, Fabien a toujours cette voix qui vous trémousse tout, qui vous chavire, qui vous prend le coeur dans les mains et presse un peu ce qu'il faut pour en faire jaillir quelque chose entre le sang et les larmes. Dommage qu'il y ait l'orchestration, ce truc qui en a fait un grand show désormais, sans vraie spontanéité.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; xiii. &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/admin/posts/www.myspace.com/aaronrecordings&quot;&gt;Aaron&lt;/a&gt; : Simon portait une casaque de cuir noire et sa voix d'écorché, et la foule écoutait. Moi premier. Diantre, quel animal. Et il se disait malade. Pffff. Pas la peine de tuer une sirène pour si peu. Il a bien su nous emporter quelque part parmi les monstres étranges et les lettres jamais parvenues.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; xiv. &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/admin/posts/www.myspace.com/yaelnaim&quot;&gt;Yael Naïm&lt;/a&gt; : je ne surprendrai personne si je prétends que &lt;i&gt;New Soul&lt;/i&gt; a été chanté, fredonné, hélé, siffloté à tire-larigot et même tire-pandore (faut pas se gâcher le plaisir). Prise, reprise et rereprise. Ce qu'on vous dira moins, c'est qu'on a eu droit à une reprise de &lt;i&gt;Toxic&lt;/i&gt;, si, si, de l'autre blondasse et ne me demandez pas d'où je la connais hein d'ailleurs je la connaissais pas qu'est-ce que vous prétendez hein je suppose que vous voulez me manquer de respect alors que c'est vachement important le respect tu vois je te respecte alors tu me respectes tu as une mère hein tout le monde a une mère moi j'en ai une tu aimes ta mère alors tu vois moi je voudrais pas qu'elle ait de la peine ta mère alors tu vas être sage et me montrer aussi du respect. Bref, ça déchira sa race, médème.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; xv. &lt;a href=&quot;http://www.myspace.com/lachansondudimanche&quot;&gt;La Chanson du dimanche&lt;/a&gt;. Chose heureuse, mon Frangin Namoua m'en avait parlé au téléphone, je pouvais donc prétendre connaître depuis longtemps. Je n'ai compris le concept dans son ensemble qu'ensuite, mais ça vaut le coup : faut pas être Gros Jean pour comprendre &lt;i&gt;Nicolas et Rachida&lt;/i&gt; ou rire au &lt;i&gt;8 200 200&lt;/i&gt;. C'est bêta, c'est populaire, et ça marche. Bon, sauf pour les grougnafiers qui passent leurs concerts à dire qu'ils s'emmerdent et à demander ce qu'on fait maintenant, qui passent vingt minutes à se demander à voix haute s'ils vont prendre une bière et vous feront chier jusqu'au bout une fois leur Kro tiédasse au poing. Pauvres cons de bobos, va. C'est teeellement typique de se mêler au peuple pour s'y emmerder.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; xvi. &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/admin/posts/www.myspace.com/thetingtings&quot;&gt;The Tings Tings&lt;/a&gt; : si vous craignez de manquer d'énergie, ou une simple crise d'hypoglycémie, là vous auriez de la blonde platine, des samples percutants, une bonne caisse fracassée à grands coups. Peut-être pas assez recherché pour moi tout de même.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; xvii. À partir de cet instant, force est de dire que l'Auteur, Lecteur, est entré dans un état second. Il a d'abord dansé, brâmé, et même slamé (si, si, mais moi au moins j'ai pas eu le short déchiré comme l'autre bellâtre dont j'ai tâté les convictions intimes lorsqu'il m'est passé dessus, sans le vouloir Votre Honneur). Il a ensuite crié, et agité ses petites mains. Il l'avait déjà fait, c'est vrai. Mais de manière continue, toussant dans la poussière, c'était encore pas du constaté. Preuves à l'appui, car on l'a vu faire cela au concert de &lt;a href=&quot;http://www.hautetfort.com/admin/posts/www.myspace.com/iloveyelle&quot;&gt;Yelle&lt;/a&gt;. Certes, c'est de la boufta-boufta, et elle a une voix geignarde au possible dès qu'elle arrête de chanter, mais qu'est-ce que ça fait du bien. Je vais me taper une boîte, moi je crois, sous peu.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; xvii. Vous vous croyiez tiré d'affaire ? Vous pensiez pouvoir fredonner paisiblement sur un air des grands-mères ? Vous ballader dans un village paisible, du genre celui de Plechti, charmante contrée où la femme attend paisiblement son mâle fier et confiant sur le perron traditionnel de sa maisonnée typique ? Que nenni. Avec &lt;a href=&quot;http://www.lacaravanepasse.com/accueil.htm&quot;&gt;La Caravane Passe&lt;/a&gt; vous allez découvrir l'autre facette de Plechti, la facette où l'on danse à en crever et où il faut refaire le mariage de la cousine et du cousin toutes les semaines pour des raisons de papiers pas valables. Je sais pas si j'ai dansé le sirtaki, en tout cas je me suis pas mal imbibé de quelques nuques. Et de cette main, montée au menton, pour presser un foulard contre la bouche. Miam.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; xviii. &lt;a href=&quot;http://www.myspace.com/gossipband&quot;&gt;The Gossip&lt;/a&gt; : je savais que Beth était un monstre de scène, mais alors là... Le coup du string et du soutien-gorge en dentelle on ne me l'avait jamais fait. Surtout en dansant comme ça. Et avec cette voix-ci.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Ce qui fait que c'est avec un bon acouphène qui vous tiendra toute la nuit, et une pure merveille pour conclure ce festival Solidays, qu'on vous rend l'antenne. À vous les studios, à vous Cognacq-Jay.&lt;/div&gt; 
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                <title>DCLVII. - En visionnant, en lorgnant.</title>
                <link>http://xanadu.hautetfort.com/archive/2008/06/20/dclvii-en-visionnant-en-lorgnant.html</link>
                <author>noreply@ (Xanadu)</author>
                                                <category>Listes de lecture</category>
                                                <pubDate>Fri, 20 Jun 2008 01:32:00 +0200</pubDate>
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                     &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;i. &lt;i&gt;The Happening&lt;/i&gt;, de M. Night Shyamalan. C'est peut-être parce que jusqu'à présent j'ai eu du mal avec les quelques Hitchcock qu'on m'a amené à visionner plus ou moins contraint et forcé (&lt;i&gt;Rebecca&lt;/i&gt; ? Pffffffff - tout juste bon pour comprendre une phrase de Mrs Madrigal dans le premier épisode de la saison 2 de &lt;i&gt;More Tales of the City&lt;/i&gt;) que ce monsieur-ci me meut peu. Je persiste à dire que son Sixième Sens est une arnaque à la Proust (vous savez, le renversement final qui éclaire tout), déjà vu et revu depuis plus de quinze ans) et que le &lt;i&gt;Village&lt;/i&gt; est totalement anecdotique. La dernière moûture a été encensée à grands ahans de fumée par toute la critique qu'on en voit guère plus pour les miracles de Saint Janvier à Naples (même le Canard s'y est mis, c'est dire), je m'y suis donc assis un dimanche solitaire. Bon ben c'est nul.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Après, je laisse &lt;a href=&quot;http://shownomercy.over-blog.com/&quot;&gt;Antoine&lt;/a&gt; en parler, il le fait très bien.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; &lt;center&gt;&lt;img src=&quot;http://apu.mabul.org/up/apu/2008/06/20/img-010532sqlix.jpg&quot; alt=&quot;Easy Rider (1969).&quot; /&gt;&lt;/center&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;ii. &lt;i&gt;Easy Rider&lt;/i&gt;, de Dennis Hopper Je pense que le Lecteur courtois se contentera de sourire, lorsque je dirai que je viens juste de voir ce fénaumène du Panthéon ciné. Bah vi. C'est que je n'ai pas eu vingt ans sur les barricades, moi, excusez du peu. Et ben chapeau, les enfants. Sans dire que la fin, tombant comme le mouton de la guillotine, m'a soufflé, les aventures de Peter Fonda et Denis Hopper, l'un en cow-boy tonitruant et moustachu, l'autre en magnifique blondin taiseux (tiens, une p'tite analyse comparative avec des films ritals pourrait être intéressante), dans une Amérique où la violence surgit brusquement, annonce déjà &lt;i&gt;Délivrance&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pourtant il y a quelque chose de plus brut, de plus abrupt : dans &lt;i&gt;Délivrance&lt;/i&gt;, l'inquiétude sourd lentement de la rivière et des arbres, et monte lentement. Ici, elle pointe son nez sans qu'on s'y attende, et disparaît tout aussi soudainement - comme la Peste Noire ou le percepteur des impôts. Entre les illusions des hippies et les volutes de Marie-Jeanne.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Surtout - la grande découverte du film a été Jack Nicholson. Pour moi, ce brave homme restait un vieillard cantonné au Joker ou à des comédies un tantinet désuettes. Le voir propulsé en jeune homme un brin &lt;i&gt;sex&lt;/i&gt; sur les bords mais en plus en acteur de première catégorie, c'est toujours agréable.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; &lt;center&gt;&lt;img src=&quot;http://apu.mabul.org/up/apu/2008/06/20/img-004405hg5qj.jpg&quot; alt=&quot;En Kärlekshistoria (1968).&quot; /&gt;&lt;/center&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;iii. &lt;i&gt;En Kärlekshistoria&lt;/i&gt;, de Roy Andersson. Déjà il y a le plaisir pour le cinéphile de trouver, en 1968, le minois de Bjorn Andresen en petite apparition à côté d'un flipper, bien avant son rôle immortel de septante-et-un. Il y a surtout la fraîcheur de ces ados qui se découvrent, les petites brèles qui ronronnent et sur lesquelles on s'accoude, les enfants qui jouent au grand en mâchouillant des chouinegommes tenaces et en s'entraînant devant le miroir. Pas facile de réprimer un sourire béat devant certaines situations.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;Et puis juste à côté il y a l'univers des adultes. Désespéré, silencieux, alcoolique. Tout de violence pas forcément retenue. De perte et de regrets. Qui osent à peine regarder cette jeunesse qui s'ouvre en fleur. Dont la présence est tellement lourde, épaisse et brumeuse qu'on se demande comment on parvient à sortir vivant du cinéma. En somme, c'est à voir, mais il faut s'accrocher tout de même.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; &lt;center&gt;&lt;img src=&quot;http://apu.mabul.org/up/apu/2008/06/20/img-0008442l2dp.jpg&quot; alt=&quot;Eldorado (2008).&quot; /&gt;&lt;/center&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;iv. &lt;i&gt;Eldorado&lt;/i&gt;, de Bouli Lanners. C'est l'histoire d'un quadra un peu explosif, refourgueur de vieilles américaines sur le retour, qui découvre un soir planqué sous son plumard un cambrioleur terrifié. Au bout d'un moment, et surtout parce qu'il est crevé, il lui explose pas la tronche au démonte-pneu. Le premier c'est Yvan, la méchouille grasse et la barbe volumétrique. L'autre, il dit que c'est Elie, la casquette rouge et la capuche facile. Drôle de relation, un peu tendre, un peu paternelle, souvent désillusionnée et bourrue.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Yvan au bout d'un moment se met à vouloir ramener Elie chez sa mère, près de la frontière. Les voilà embringués dans un road movie de première, dans les pertes infinies des champs, sous les nuages, la pluie, les rivières qu'il faut traverser et les arbres qu'on découpe à coup de voiture, et avec une bande son rock &amp;amp; roll du tonnerre de Brest, fieu.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; C'est déjanté, c'est magnifique, les paysages sont sublimés et ce n'est pas du John Ford. Non m'dame. Ca se passe en Belgerie, la vraie, celle où le pays est plat et le ciel est si lourd qu'un canal peut se pendre, mais un pays belgeois splendide.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;br /&gt; Et, au terme de ce petit bout d'humanité bancale, une fin... humaine. Terriblement.&lt;br /&gt; 
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                <title>DCL. - Listes de lecture.</title>
                <link>http://xanadu.hautetfort.com/archive/2008/06/07/dcl-listes-de-lecture.html</link>
                <author>noreply@ (Xanadu)</author>
                                                <category>Listes de lecture</category>
                                                <pubDate>Sat, 07 Jun 2008 22:41:22 +0200</pubDate>
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                     &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;1. Livres.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; i. &lt;i&gt;No Country For Old Men&lt;/i&gt;, de Cormac McCarthy. Après le film, qui avait été un bon coup de poing dans l'estomac, un brin salutaire cet hiver parmi les morosités et les habitudes circonspectes du cinéma ricain, &lt;i&gt;Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme&lt;/i&gt; m'a fait l'effet d'un chef-d'oeuvre. Non par l'humour, ni par la noirceur, ni par la violence. Car en fait ce n'est pas cela dont il s'agit ici. Malgré la poussière, et le désert du Texas, ce qui ressort est un monument de froideur, une pierre brute et pourtant déjà lisse. Un cube (qui n'est pas un pavé : à peine 300 pages). Une merveille chirurgicale.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; ii. &lt;i&gt;Le Hussard sur le toit&lt;/i&gt;, de Jean Giono. J'avais été lassé par le film, j'ai été soufflé par l'excellence du bouquin. Bien sûr on est loin de la poésie subtile et venteuse qu'il y a dans &lt;i&gt;Noé&lt;/i&gt;, mais c'est que ça a de la gueule, ce voyage initiatique d'Angelo et de Pauline de Théus dans une Provence laminée par le choléra. Les premières pages, où le paysage se décompose et le soleil devient gluant pour se transformer en monstre dévorant, sont des splendeurs. Les successions d'épreuves sont toutes en un sens &lt;i&gt;nécessaires&lt;/i&gt;, jusqu'aux discours creux et cruels de Giuseppe, jusqu'aux introspections lucides et terribles d'Angelo. Ce livre, c'est un tryptique, ou plutôt un polyptique dont chaque tableau est un élément nécessaire du drame principal. Accessoirement, non seulement ça m'a relancé dans mes envies de chevaux, mais en plus ça me donne une envie de voir plus loin dans les épidémies.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; iii. &lt;i&gt;Le Geste et l'Expression&lt;/i&gt;, de Barbara Pasquinelli. De retour dans mes marottes sur l'illustration, je trouvais à la bibliothèque, sagement mis en avant par les Cerbères administratifs, ce petit ouvrage publié chez Hazan. Si la didactique est systématique (et donc faite pour me plaire), et relativement bien ordonnée, on sentait parfois un relâchement certain dans le discours : commentaires inutiles pour certaines images, et même imprécisions vraiment regrettables. Celles qui m'ont le plus choqué :&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; */ dans la section sur l'exposition de l'anus, un bavardage qui sent la troisième main et les aléas des articles du &lt;i&gt;Magazine littéraire&lt;/i&gt; : &quot;&lt;i&gt;Cette image représente une adoration anale. On retrouve ce rite, non seulement dans de nombreuses confréries secrètes, les Templiers par exemple, mais également dans les associations de Maçons, dont les liens avec les Templiers sont amplement attestés.&lt;/i&gt;&quot; (p. 220). Faudrait arrêter de lire le &lt;i&gt;Da Vinci Code&lt;/i&gt;, tout de même. Les Templiers n'étaient pas une confrérie secrète mais un ordre militaire et religieux reconnu par le Pape (concile de Troyes, janvier 1129 et bulle &lt;i&gt;Omne datum optimum&lt;/i&gt; de 1139), l'adoration anale n'était pas un rite templier mais une accusation utilisée lors de leur procès en France, et le rattachement de la Maçonnerie aux Templiers est un thème qui n'a commencé à émerger qu'à partir du XIX° siècle - ce qui gênerait pour une statue du XVI°.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; */ dans la section sur la main de Dieu, p. 251, on a droit à un tondo où Isaac s'apprêterait à tuer son fils et où la main de Dieu l'arrêterait, un bélier se substituant au sacrifice. Oui, bon, sauf qu'Isaac est le fils d'Abraham et que c'est l'autre chenu qui était parti pour zigouiller son fiston (&lt;i&gt;Genèse&lt;/i&gt;, 22).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Ceci étant, des thèmes m'ont vraiment intéressés : celui du doigt pointé vers le haut, l'explication de l'évolution de la gestuelle de la main bénissant et des mains en prière, et enfin les notions de &quot;à la droite de&quot; et de &quot;bras de la mort&quot;. Comme quoi.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;2. Films.&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; i. &lt;i&gt;Pars vite et reviens tard&lt;/i&gt;, de Régis Wargnier. Bof. À peine bon pour être un téléfilm. C'est dommage, il y a des idées intéressantes : transformer la place Stravinski, à côté de Beaubourg, en résurgence de l'époque médiévale, avec son crieur des rues, la foule amassée, les fous et les bateleurs, et l'église Saint-Merri en fond, aurait pu être poussé nettement plus loin et transformer cette enquête policière TF1 en vrai monument de terreur. Surtout que la peste reste un thème porteur - en tout cas qui m'intéresse ces temps-ci.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; ii. &lt;i&gt;La Grande bouffe&lt;/i&gt;, de Marco Ferreri. Autant être honnête : je n'ai rien compris aux critiques que j'ai pu trouver ailleurs - comme quoi Andréa serait une transposition de figure maternelle ou selon lesquelles le film serait une dénonciation de la société de consommation. Il m'a plutôt rappelé les étrangetés pasoliniennes, dans ces masques que deviennent tour à tour les visages des personnages. Seule Andréa continue d'exister, comme une sorte d'ange exterminateur qui en fin de compte prend toute sa dimension dans ce phénomène extrême qu'est le suicide auquel elle assiste, et en fin de compte dans lequel elle les entraîne tous tour à tour. Evidemment, on pourrait évoquer Rabelais, avec ces accumulations de poulardes, de pré-salé et de purée qu'on engloutit, pour finir dans la merde. Je pense pourtant qu'il y a quelque chose ailleurs : l'introduction, très didactique, me semble plutôt faite pour mettre en avant l'aspect mélancolique des quatre hommes, qui ne supportent plus ce qu'ils sont - des images de réussite, et de certains symboles de pouvoir (juge, aviateur, producteur, grande toque) dont les tréfonds sont &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; un immense gâchis, ou plutôt un décollement du monde. &lt;i&gt;Taedium uitae&lt;/i&gt;, tout ça, quoi. Sans compter que, je sais pas pourquoi, ça m'a rappelé &lt;i&gt;Les 120 jours de Sodome&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; 
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                <title>DCXL. - Liste de lectures</title>
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                <author>noreply@ (Xanadu)</author>
                                                <category>Listes de lecture</category>
                                                <pubDate>Sun, 25 May 2008 12:52:07 +0200</pubDate>
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                     &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;J'ai pris du retard - le deuxième livre en est la cause, tant il fut lent, long, douloureux à finir. Tant il était mauvais, en somme. À se demander d'où vient cette fierté imbécile, de finir quelque bouquin, que j'ai commencé.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;i. &lt;i&gt;Michael Tolliver est vivant&lt;/i&gt;, d'Armistead Maupin. On ne présente plus Maupin, ni les &lt;i&gt;Chroniques&lt;/i&gt;. Les dernières livraisons, vers la fin des années 80, étaient très sombres : Michael survivait tant bien que mal dans une San Francisco déchirée par l'épidémie, Mary Ann partait, ce qui semblait conclure définitivement le cycle dans la fin du mirage californien. Quelques dizaines d'années après, Maupin avait besoin peut-être d'argent, ou simplement la vraie envie d'écrire, à nouveau. Quoi qu'il arrive : Michael Tolliver est vivant, et bien vivant - il survit. Et il a la cinquantaine bien tassée, ce qui exige de prendre du Viagra. Il a la chance d'être avec... non, ce n'est pas Thack. Et Madame Madrigal désormais est octogénaire. On retrouve certes cet amour de la ville qu'est Frisco - pourtant, le ton est plus désabusé, et Michael sans cesse a des pensées d'égoïste. Car le vrai thème n'est plus la ville, ses collines, ses pentes et ce qui s'y passe - le thème est la vieillesse, et les derniers choix qu'il faut faire pour être cohérent avec soi-même, aux derniers instants (entre famille biologique et famille logique, trouvaille lexicale pas mauvaise mais à laquelle on a droit trois fois). Bref, c'est une San Francisco sur laquelle le soleil se couche, mordoré : il y a de la puissance, mais on sait que la nuit vient. Et on l'attend. En ce sens, la couverture de la livraison des Editions de l'Olivier est bien choisie...&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;ii. &lt;i&gt;Cosmofobia&lt;/i&gt;, de Lucia Etxebarria. À voir de l'Etxebarria partout chez les libraires, je croyais que ce pouvait être bien. Grave erreur. Khölossale erreur. C'est un livre qui fait croiser des destins, des paroles, de chapitre en chapitre. On commence autour d'une place de Madrid, du côté sordide et pauvre - là, c'est peut-être intéressant. On finit du côté huppé. D'un discours à l'autre, les personnages sont supposés s'enrichir d'autres regards, d'autres informations. Sauf que - c'est lourd, ça ne prend pas - c'est pesant et revu. Comme souvent dans ce genre d'ouvrages, ne sachant plus que faire avec la pauvreté, on vire rapidement vers la sinistrose des riches (coke, dope, &lt;i&gt;etc&lt;/i&gt;.), bref on fait son petit Bret Easton Ellis. Aller jusqu'au bout m'a demandé de longues semaines, pour un pet de tout juste 400 pages. Rien que pour cela, je pense que je mérite la Légion d'Honneur. Et la Croix de Guerre, avec ruban.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;iii. &lt;i&gt;Cent ans de solitude&lt;/i&gt;, Gabriel Garcia Marquez. Là, c'est tout l'inverse : j'avais chouravé ce poche chez un bouquiniste, me disant qu'il fallait bien un jour lire ce type dont Neil Hannon parle dans une de ses chansons. Un an plus tard, ce zigoto orné d'un ara de belle facture poirautait toujours dans la section &quot;À lire&quot; de ma bibliothèque&quot; (celle planquée derrière les toiles qui sèchent, au-dessus des bédés, derrière la table). Pour être honnête : je ne l'ai pris que parce qu'il était gros, et que j'avais de l'avion à faire. Grave erreur. Autre khôlossale erreur. C'est une splendeur, ce livre. Un monument, Madame. Une chapelle Sixtine de la littérature - pas moinse. Ce n'est rien, pourtant : jamais que l'histoire d'une famille, où tous les fils portent les mêmes prénoms, et où les femmes fondatrices sont des monstres qui n'ont plus d'âge, tant elles vieillissent longtemps. Ce sont des histoires de vie qui se suivent - entre le tragique colonel, des filles qui s'appellent Sainte Sophie de la Piété et d'autres qui montent au ciel. Il y a aussi des morts qui n'en sont pas, des fourgons remplis de mitraillés qui disparaissent dans la mer, un galion qui pourrit en-dehors de tout rivage, des avocats qui font la paix comme on va à l'enterrement, des armées qui défilent et de l'or qu'on enterre sous des saints coiffés de perruque, sans compter les bestiaux qui se multiplient dès qu'on fait l'amour. Amen, on n'en dira pas plus.&lt;/p&gt; 
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                <title>DCXX. - Liste de lectures.</title>
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                <author>noreply@ (Xanadu)</author>
                                                <category>Listes de lecture</category>
                                                <pubDate>Sun, 20 Apr 2008 00:34:53 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;i. &lt;i&gt;L'Objet de mon affection&lt;/i&gt;, de Stephen McCauley. Depuis que Monsieur Bleu D*** m'a déclaré qu'il avait tout lu de McCauley, je me suis dit qu'il&amp;nbsp; convenait que je me cultive, pour avoir une conversation digne d'un homme du monde - au moins sur un point essentiel de toute conversation digne d'un homme du monde. Ce qui est intéressant, à se mccauleyier vigoureusement, est de retrouver les tics d'un écrivain lorsque la mémoire ne fait pas trop défaut : toujours le narrateur est une grande bringue brune un peu introvertie et toujours catastrophée par l'idée du ménage et des conséquences de ce qu'elle pourrait dire, toujours la plus proche amie est une femme dont les bras sont surchargés de bracelets qui tintent en cascadant lorsqu'elle fume, forme de réplique du Vésuve à cheveux, toujours il a un petit blond déstabilisant, et toujours la manie immobilière fait surface. À croire qu'il est parisien, McCauley. - Cependant, sorti des répliques, qui font comme toujours mouche, j'avoue que là j'ai été un peu moins emporté par roman. Ca se lit sans souci, ça se brandit tout autant - pensez, avec un titre comme ça on concurrence tout Harlequin - mais on reste sur sa fin. Jarnidieu, il se décide, Paul, à la fin, ou quoi, hein, hein, hein ?&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;ii. &lt;i&gt;Les Fabuleuses aventures d'un Indien malchanceux qui devint milliardaire&lt;/i&gt;, de Vikas Swarup. Ca commence comme avec un Jean-Pierre Foucault : le type à sourire local, indécrottable à gomina de la téloche, qui fait jouer un pauvre serveur complètement illetré de dix-huit ans. Sauf que Ram Mohammad Thomas a tout juste, et qu'il gagne... un milliard de roupies (17 millions d'euros pour les chieurs) ! Et c'est là que ça va mal. Parce qu'on est en Inde, que la police n'est pas tendre et que celui qui gagne, c'est celui qui corrompt. Surtout que la production n'est vraiment pas prête à lui payer son dû. Sur cette base se construit un dialogue entre Ram et son avocate tombée des nues, où chaque question du jeu est l'occasion d'un retour dans le temps. Et d'une petite plongée dans les dessous bien glauques de l'Inde, loin du &lt;i&gt;Darjeeling Limited&lt;/i&gt; ou du Maharashi Mahesh Yogi. Pourtant, après le monstre du &lt;i&gt;Seigneur de Bombay&lt;/i&gt;, la rage ou les cadavres qui flottent sont presque innocents.&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;iii. &lt;i&gt;Carnet du Trimard&lt;/i&gt;, de Jack London. M. Chaney fait partie de ces écrivains poursuivis par une malédiction : à écrire si bien, et des personnages si marquants, il se trouve toujours un éditeur qui offrira à l'humanité une version &lt;i&gt;fac simile&lt;/i&gt; des mots croisés qu'ils faisaient dans les cagoinces. Cette livraison-là est élégante - petit carnet de cuir au dos marqué au fer, dans une police mi-Garamond mi-Times. Le problème est que Jack n'écrivait jamais là que des notes pour lui, et qu'il avait 18 ans. Tout le monde n'est pas Rimbaud. - Contexte : Jack en a marre, donc Jack décide de tailler la route en rejoignant l'Armée Industrielle, une idée du XIX° comme il y en a eu tant, qui consistait à constituer une ou deux divisions de chômeurs pour marcher sur Washington et réclamer du travail. Il prend en fraude des trains, saute dans des voitures frigorifiées qui trimballent des oranges de Californie, il crève la dalle, perd une chaussure. Et jette au passage des notes, sommaires, sur un carnet qu'un compagnon de dèche lui a offert. L'éditeur nous dit que ces carnets contiennent toute la germination future de l'immense auteur du &lt;i&gt;Loup des mers&lt;/i&gt; ou du &lt;i&gt;Dazzler&lt;/i&gt;. Peut-être que des idées ont fourmillé de là jusqu'à &lt;i&gt;La Route&lt;/i&gt;, et plus loin jusqu'à Kerouac (tiens, faudra que je lise), mais j'avoue n'avoir pas été très convaincu... Même par le style, qui n'est jamais qu'un style de notes, où le papier est rare et le crayon cher.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;iv. &lt;i&gt;Même le mal se fait bien&lt;/i&gt;, de Michel Folco. Tant qu'à enchaîner à &lt;i&gt;Dieu et nous seuls pouvons&lt;/i&gt;, j'ai pris l'édition du mois, hein, ça permet de faire le type qui suit les recommandations du &lt;i&gt;Canard&lt;/i&gt; au pied de la lettre. Là encore nous avons des personnages carnassiers, une dynastie : ça commence avec le général-baron Charlemagne Tricotin de Racleterre, pourfendeur de Chouans et pourvoyeur de la Convention en peau d'abbé, qui se fait trucider le jour de son mariage par des Piémontais, puis ça continue avec Carolus qui non content d'avoir un beau-papa teuton empaille des belettes imitant le cri de la carotte avant de mourir dans un sommet d'humour noir - jusqu'à Marcello, le fils, un peu perdu entre son vorace de père et son beau-père de maire un peu trop envahissant. Jusqu'à ce qu'il découvre, au cours d'un voyage initiatique, qui est Aloïs Hitler, mais face pour la façade un brin de causette avec le sieur Freud. Chose pas forcément la plus intéressante - j'ai nettement préféré les scènes de bordel. C'est un souk, c'est cruel, on rigole pas mal à condition d'aimer l'humour noir, on fait pas trop attention en fin de compte aux récitatifs obligés sur Vienne et la médecine d'époque (les électrolyses et autres outils de contention) pour dévorer tout ça sans souci.&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;v. &lt;i&gt;Microfictions&lt;/i&gt;, de Régis Jauffret. Celui-là, il faut être honnête : je l'ai commencé il y a plus d'un an, dans le train de février qui m'emmenait à Nantes (te souviens-tu ?). Le format (un récit fait deux pages) permet la lecture distante. De toute manière, lorsqu'on veut tout enchaîner, on s'y perd, et on s'en lasse. Alors qu'au matin, au sortir de la douche, pendant que la peau finit de sécher, c'est assez agréable. Surtout lorsqu'on veut se convaincre que non il faut aller bosser. Bien sûr, il ne faut pas craindre le - très - glauque, le - très - noir. Ma lenteur à le lire est certainement aussi due au fait que la structure est très rapidement répétitive, les thèmes ressassés comme on mâche du foin, avec tristesse. On ne peut pas écrire 500 récits en 1000 pages sans avoir ce risque. Il y a pourtant des pages de pure beauté, c'est dommage.&lt;/div&gt; 
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                <title>DCXI. - Liste de lectures.</title>
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                <author>noreply@ (Xanadu)</author>
                                                <category>Listes de lecture</category>
                                                <pubDate>Sun, 30 Mar 2008 14:26:00 +0200</pubDate>
                <description>
                     &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;i. &lt;i&gt;Tous à Zanzibar&lt;/i&gt;, de John Brunner. Enfin réédité chez Poche, ce classique de l'anticipation nous décrit un drôle de monde, une terre surpeuplée où la population, serrée coude à coude, tiendrait entière sur l'île de Zanzibar. Mais si surpeuplé, aussi, que les logements sont d'une cherté parisienne partout, que les plus hauts cadres des plus grandes entreprises (quelque chose comme 10 sur l'échelle de Bouton, pour citer le &lt;i&gt;Canard Enchaîné&lt;/i&gt;) sont contraints à la colocation, et les Etats à mettre en oeuvre des lois eugéniques. Ce n'est pas tout le monde qui peut avoir des enfants, désormais, et en même temps avoir des enfants devient une malédiction qui vous condamne à fuir sans cesse - car vous êtes un irresponsable. Cet univers est un monde régit par les ordinateurs, qui computent et compulsent et vous sortent des statistiques à n'en plus finir, les décideurs ne se fondant que sur elles. Dans la terre de Shalmeneser, l'ordinateur de la GT, quel espoir reste-t-il pour vivre ? Un livre-monde, sans solution. Et pas si lointain.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;br /&gt; ii. &lt;i&gt;Le Seigneur de Bombay&lt;/i&gt;, de Vikram Chandra. Là, nous ne sommes plus vraiment dans l'anticipation, plutôt dans l'univers rugueux et grouillant de Bombay, quelque part entre le carnage des gangs, la corruption universelle, les ordures des bidonvilles et les fastes de Bollywood. L'histoire en soit est simple : un parrain local, Ganesh Gaitonde, se laisse prendre dans sa maison par un policier Sikh, vieux beau que la vie a ridé, et se suicide sans un mot. Sauf que la maison de Gaitonde était en fait un abri anti-nucléaire, un vrai de vrai, en plein Bombay. Et que les espions locaux font du souci à Sartaj, le policier, pour qu'il enquête. Moins que la trame conductrice, qui n'a rien de nouveau, je pense que ce roman vaut le coup d'oeil pour l'atmosphère qu'il décrit, grouillante, énorme, engluée dans les castes et les vieux restes des guerres coloniales, et les histoires secondaires. Notamment, le récit &quot;&lt;i&gt;Insert&lt;/i&gt; : une maison dans une ville lointaine&quot;, qui est à couper le souffle. C'est con, j'en ai loupé ma station de métro, à cause de ce &lt;i&gt;maderchod&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; iii. &lt;i&gt;Dieu et nous seuls pouvons&lt;/i&gt;, de Michel Folco. Malgré tout, les mille pages de Chandra exigent qu'on tienne la route - je ne l'ai pas tenue. Samedi passé, je me suis accordé une pause à lire ce roman noir, écrit en deux parties. Je me souvenais du film tiré de la première partie, &lt;i&gt;Justinien Trouvé ou le Bâtard de Dieu&lt;/i&gt;, qui m'avait fait peur, ado. C'était un film trop en avance sur son temps, je pense : le glauque historique, avec de vrais vêtements décousus et de vraies dents déchaussées, en 1993, ça n'était pas trop à la mode encore. Pourtant, le roman est un bon moment : c'est l'histoire de Justinien, qui devient bourreau parce que sinon il va aux galères, et de sa famille, qui est restée bourrel deux cent ans durant jusqu'à ce que le décret Crémieux de 1871 supprime les exécuteurs de province, laissant l'exclusivité à la famille Deibler. Et c'est l'histoire de la famille, vers 1901, qui aimerait bien reprendre du service, surtout que dans l'oustal familial, on conserve tout un matériel qui ne sert plus, et c'est bien dommage, ma pauvre dame. Faut aimer l'humour noir, être fasciné par la guillotine, mais ça passe tout seul. Enfin, ça glisse tout seul, comme un mouton. De guillotine.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/div&gt; 
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