04.05.2008
DCXXVII. - Bullets.
Je conçois que je puisse ne pas attirer, qui que ce soit. Au pire, les désespérés. Ceux prêts à tout pour la jouissance d'un instant.
Mon regard seul s'échappe. Je le sais facilement incisif, mordant - méprisant. Lui seul trouble, il est ma force. Cachée derrière mes lunettes de loup vénitien. Mon regard ce matin est trouble, comme hésitant. J'ai une sensation de temps perdu. Cela m'arrive assez régulièrement - s'enliser dans le poids des regrets, des remords, des peines. Des futilités comme des choses plus importantes. Des souvenirs, sans plus aucune tangibilité, comme des sentiments toujours présents.
(pourquoi as-tu ouvert la porte, je voudrais te dire que je t'aime, tu te souviens de la rue de la République ? et caetera)
Comme une libération j'ai demandé à Gauvain de me tondre les cheveux. Ce qu'il a fait, plein d'hésitations. Je ne sais pas en fait s'il ne s'agit pas plutôt d'un renoncement.À quoi - je ne sais pas encore - je ne saurai pas encore. À croire qu'à temps me plaindre je ne suis qu'un pauvre égoïste, ce qui doit être un peu vrai.
Enfant, j'avais été marqué par l'image de Saint François. Quand j'étais dans cet état, je disais que je faisais mon Saint François. Car j'avais dû apprendre quelque part que François, lorsqu'il eut les stigmates, se les frottait maladivement ; je croyais qu'à la fois il les entretenait, et les voulait cacher. Peut-être n'avais-je pas tort.
L'épaisseur de mon corps ne change pas, dans le miroir, comme une épaisse scarification sur la main d'un frère prêcheur. Lèpre et sainteté. Bure épaisse et suintante trempant dans la soue au rythme des pas. Ces jours de lassitude, je voudrais effacer tout cela comme les traits sous la gomme. Renvoyer François à sa lèpre, juché sur le char qui le ramenait au Transito, mon corps à la glèbe comme un sursaut inutile.
Pourtant sur cela s'élève le soleil radieux. Le matin parfois il m'arrive de vouloir, sur ma tête, dresser les mains et chanter un hymne. Je ne sais si je peux me dire enfant du sud, ce serait exagéré - pourtant mon coeur reste celui au vent iridescent de la Méditerranée, fait de rafales et d'accalmies, de gorge sèche et de pierre rouge. Ce n'est jamais qu'un phantasme, ce sol d'herbes crissantes et de pierres coupantes, je le sais. D'abres tordus coupés par la lumière. De graviers coulant sous les pas en éclats de calcaire.
Je voudrais dire les montagnes sèches qu'humecte à peine, comme une bénédiction, la nuit lorsqu'elle se lève sous les moireurs mouchetées de rose. Le nuage bleu profond, légèrement noirci, qui surplombe toujours l'écharpe de l'aube. Je voudrais dire le sommeil des collines, perché dans la poussière, les mains arrachées aux orties, quand le regard s'étreint dans la fulgurance d'une plaine où brillent, pointes d'aluminium, les tours lointaines de la ville. Le large rasoir de la mer, à l'orgueil de bouclier métallique.
Je voudrais dire les pluies d'aiguilles qui tombent des pins, dans les craquements des troncs. Les renfoncements de roche et les brisures de l'eau déchirée sur les arêtes qui bave dans les recoins d'épaisses flaques de saumure. N'être qu'une cendre, plaquée contre les parois ici, soufflée là.
Je voudrais dire Io Péan. Je voudrais dire "et toi, je te salue, fils de Zeus et de Lètô ! Et je me souviendrai toujours de toi et des autres chants."
Alors j'enferme mon crâne sous le casque de l'herbe fraîche, et je somnole.
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DCXXVII. - Bullets.
Je conçois que je puisse ne pas attirer, qui que ce soit. Au pire, les désespérés. Ceux prêts à tout pour la jouissance d'un instant.
Mon regard seul s'échappe. Je le sais facilement incisif, mordant - méprisant. Lui seul trouble, il est ma force. Cachée derrière mes lunettes de loup vénitien. Mon regard ce matin est trouble, comme hésitant. J'ai une sensation de temps perdu. Cela m'arrive assez régulièrement - s'enliser dans le poids des regrets, des remords, des peines. Des futilités comme des choses plus importantes. Des souvenirs, sans plus aucune tangibilité, comme des sentiments toujours présents.
(pourquoi as-tu ouvert la porte, je voudrais te dire que je t'aime, tu te souviens de la rue de la République ? et caetera)
Comme une libération j'ai demandé à Gauvain de me tondre les cheveux. Ce qu'il a fait, plein d'hésitations. Je ne sais pas en fait s'il ne s'agit pas plutôt d'un renoncement.À quoi - je ne sais pas encore - je ne saurai pas encore. À croire qu'à temps me plaindre je ne suis qu'un pauvre égoïste, ce qui doit être un peu vrai.
Enfant, j'avais été marqué par l'image de Saint François. Quand j'étais dans cet état, je disais que je faisais mon Saint François. Car j'avais dû apprendre quelque part que François, lorsqu'il eut les stigmates, se les frottait maladivement ; je croyais qu'à la fois il les entretenait, et les voulait cacher. Peut-être n'avais-je pas tort.
L'épaisseur de mon corps ne change pas, dans le miroir, comme une épaisse scarification sur la main d'un frère prêcheur. Lèpre et sainteté. Bure épaisse et suintante trempant dans la soue au rythme des pas. Ces jours de lassitude, je voudrais effacer tout cela comme les traits sous la gomme. Renvoyer François à sa lèpre, juché sur le char qui le ramenait au Transito, mon corps à la glèbe comme un sursaut inutile.
Pourtant sur cela s'élève le soleil radieux. Le matin parfois il m'arrive de vouloir, sur ma tête, dresser les mains et chanter un hymne. Je ne sais si je peux me dire enfant du sud, ce serait exagéré - pourtant mon coeur reste celui au vent iridescent de la Méditerranée, fait de rafales et d'accalmies, de gorge sèche et de pierre rouge. Ce n'est jamais qu'un phantasme, ce sol d'herbes crissantes et de pierres coupantes, je le sais. D'abres tordus coupés par la lumière. De graviers coulant sous les pas en éclats de calcaire.
Je voudrais dire les montagnes sèches qu'humecte à peine, comme une bénédiction, la nuit lorsqu'elle se lève sous les moireurs mouchetées de rose. Le nuage bleu profond, légèrement noirci, qui surplombe toujours l'écharpe de l'aube. Je voudrais dire le sommeil des collines, perché dans la poussière, les mains arrachées aux orties, quand le regard s'étreint dans la fulgurance d'une plaine où brillent, pointes d'aluminium, les tours lointaines de la ville. Le large rasoir de la mer, à l'orgueil de bouclier métallique.
Je voudrais dire les pluies d'aiguilles qui tombent des pins, dans les craquements des troncs. Les renfoncements de roche et les brisures de l'eau déchirée sur les arêtes qui bave dans les recoins d'épaisses flaques de saumure. N'être qu'une cendre, plaquée contre les parois ici, soufflée là.
Je voudrais dire Io Péan. Je voudrais dire "et toi, je te salue, fils de Zeus et de Lètô ! Et je me souviendrai toujours de toi et des autres chants."
Alors j'enferme mon crâne sous le casque de l'herbe fraîche, et je somnole.
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03.05.2008
DCXXVI. - Le moustique.
J'ai des idées, au moins trois je crois. Et je n'arrive même pas à dessiner un bout de jambe. Je bloque.
Je me suis réfugié dans mon café, calé dans un vieux fauteuil de dentiste, en bois. Je n'arrivais pas à lire non plus. À côté des grands miroirs peints de rouge et de bonshommes, une femme vendait à une tenancière sa chair et son texte. J'ai eu envie de les prendre en photo, je ne l'ai pas fait.
Voilà des jours que je regarde des dévédés, sans trop rien faire, bullant. L'avantage est que je sais qui est Peter Petrelli, désormais. Je me sens pourtant inutile, impuissant. Vidé de ma force. Accessoirement, j'ai eu envie d'envoyer du muguet, je ne l'ai pas fait. Manu m'a tué pour ça (ne l'avoir pas fait).
Si jamais force il y a eu. Impression d'être un moustique coincé dans une lampe à huile.
J'ai tout gommé, à traits rageurs. Et bois du Calvados, fumant mon dernier cigare, désespéré.
01:24 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
26.04.2008
DCXXV. - Allô maman bobo.
Jeudi soir : 10h de sommeil.
Cette nuit : 15h de sommeil.
Au moins la fièvre de l'angine est passée, semble-t-il. Ne me reste plus qu'une amygdale qui se la joue Saint-Pierre de Rome, et m'interdit de déglutir normalement. Bah, j'ai une telle collection de collutoires que ça devrait passer - j'espère. Quelle idée de systématiquement tomber malade quand les médecins sont au chaud chez eux.
C'est bien la première fois que je me couche à 18h...
10:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
23.04.2008
DCXXV. - Qui se souvient...
De Robert Deman ?

- 2 -
De Prévert et Cosma ?
00:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
22.04.2008
DCXXIV. - (Pas) bonne question du matin.
Pourquoi suis-je si maladroit à l'oral ? Et au téléphone ?
08:24 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
21.04.2008
DCXXIII. - Oh, trois fois rien.
Pas la peine de chercher la nouvelle : à l'heure où je l'écris, l'AFP l'a déjà ôtée. Figaro rase toujour aussi bien et fait des rouflaquettes à la mode du siècle passé, puisque vous apprendrez les drames du PSG et la merdaille du Dalaï-Lama (hé, hé, c'est qu'on est trop contestataire, hein !), l'Humanité suit de peu avec un encard sur mai-68 ("ah, ça ira, ça ira, ça ira"), Libération s'étonne des manifs commandées contre notre bon pays dans l'Empire du Milieu en vantant les mérites du fiston Poilâne, Politis parle de catastrophes (ralalah, la crue de 1911, hein !), Rue 89 d'ascenseurs, La Tribune des derniers joujous du Baron avec Wendel, et Les Echos font de même. Le Monde n'en parlons pas. Et pourtant Dieu sait qu'elle était vraiment krobien, la lettre qu'il a écrit, Not'Bon Président. Du Hugo, je vous dis ! Mieux, même : du Guy Mocquet.
Ce n'est qu'en farfouillant dans les tréfonds, que je trouve un tout petipetipetit encart. Vous allez me dire : les Rosbifs ont décidé de claquer soixante-six milliards d'euros pour soutenir leurs banques qui ont un rhume, et alors ?
Bah c'est simplement même pas un scandale. C'est juste l'aboutissement de tout ce pour quoi vous avez voté, bande de nazes, depuis plus de dix ans. C'est la déresponsabilisation la plus complète qui soit.
Remarquez, depuis les connneries de Bouton, qui a liquidé ses positions frauduleuses (si, si, ses positions, car le PDG d'une boîte est l'unique responsable de l'activité d'icelle) en pleine crise boursière, juste après le lundi noir du 21 janvier, et qui a été maintenu à son poste par le conseil d'administration de la Sogé, on est habitué à ça, hein. 66 milliards d'euros, c'est tout juste 14 sur l'échelle de Bouton (comme dirait le Canard). Après tout, entretemps on s'est amusé à nationaliser la Bear Sterns chez les bouffeurs de hamburgers-mayo et de sales cocos qui nationalisent, alors on n'est plus à mal, hein.
C'est qu'ils vont mal les marchés. Oulalah. C'est vrai qu'ils n'ont jamais été aussi volatiles, que toutes les banques elles ont la pétoche. Quand vous regardez la courbe des taux d'intérêt, elle est complètement à l'envers : ça coûte plus cher d'emprunter sur deux jours que dix ans, tellement les banques ont peur que leur contrepartie fasse défaut. Après tout, les banques sont innocentes, hein : jamaijamaijamais elles n'ont été à l'origine de la bulle spéculative et immobilière qui éclate doucement comme un prout bien nauséabond depuis l'été.
Je suis prêt à parier que c'est un complot, que Ben Laden dans sa grotte il a envoyé le Mollah Omar sur sa brèle avec plein de petits junk bonds et autres subprimes, et qu'il les a glissés insidieusement dans les bilans des banques. Ca tiendrait qu'à moi, je guatanamoiserais toute une population histoire d'être sûr.
Bref, comme dans le bon vieux 1929 de nos livres d'enfance, les banquiers ont joué, et oublié que le risque était la contrepartie du rendement. Et que plus ça rapporte, plus c'est risqué. C'est comme le mariage ou le gratin dauphinois quand c'est moi qui le cuisine. Panique à bord : rah, on a fait une connerie. Enfin, là, c'est une moisson, format maïs géant de Mosanto.
Et kékèlnoufé la Bank à Lizbeth ? Bah, elle dépense juste 66 milliards pour réparer les conneries des banques. Mais bordel elle a pas compris qu'elle soutient cette putain de bulle spéculative ? Elle entrave pas qu'elle supprime tout aléa moral ? Elle cogite pas que l'argent qu'elle dépense est celui du contribuable, et qu'après elle va encore sortir aux bouffeurs de pizza au spaghetti qu'il faudra se serrer la ceinture, rolalah si vous saviez comme c'est dur et qu'on souffre avec vous, tout en venant nous faire chier sur la zone euro ?
66 milliards, non mais vous vous rendez compte. Même moa, qui braaaaasse des millions et mets dans de jolis fichiers Excel des chiffres à neuf zéro, jamais j'ai osé allé aussi loin. Je m'imagine même pas ce que c'est, 66 milliards volés au pékin pour renflouer les conneries des top management mondiaux.
Franchement, je vais me faire pédégé. Ou trédeur. Lorsqu'il y aura du pognon, je hurlerai qu'il faut laisser faire la libre entreprise et les bons mécanismes hyper-trop-régulateurs de la mort qui tue du marché. Et puis quand y'aura un pépin, de toute manière je serai pas responsable de mes actes, hein, puisqu'il y a toujours une bonne poire pour payer à ma place.
Trois fois rien : 66 milliards.
Et ce n'est que le début.
21:14 Publié dans Actualité et indignations diverses. | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
20.04.2008
DCXXII. - En cuisant le rôti (bis).
ii. Ceux qui sont mariés, ou qui ont des certitudes, ont cette chance de n'avoir à poursuivre que par la force des événements et de ce qui les entoure. Des gens comme nous doivent trouver sans cesse en eux de quoi avancer de nouveau. Avoir à se jeter dans le bûcher, se regénérer, se forcer à sentir constamment ses ailes - car personne ne viendra nous les dire - est épuisant.
iii. À quoi bon faire si ce n'est pour personne ? Ou si notre tendresse, n'étant pas légitime, n'est jamais interprétée que comme une intrusion étrange, ou un cadeau déplacé ? Les proches s'effraient, lorsqu'on leur -
iv. Et pourtant il faudra. Ce sera - la suite des Chambres intimes et ce cahier qui n'a pas encore de nom. C'est décidé.
19:39 Publié dans Toute référence à Julien Gracq n'est que du hasard | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
DCXXI. - En cuisant le rôti.
i. J'aimerais te dire que tu t'en vas.
ii. Il y a des choses qui sont certaines pour nous, indubitables. Quoi qu'on prétende, on sait qu'elles arriveront. Celle-là, aussi.
iii. J'aimerais à ma mort (forcément toujours trop tard) dire : j'ai fait ça. Le problème est que je vois rarement comment.
iv. Entre les idées que j'ai, les envies, et ce que j'ai rarement le courage de mener à terme, il y autant que de l'être au néant. Voilà un an que j'ai commencé un texte, et deux ans un inventaire. D'autres choses me reviennent régulièrement au cerveau, jamais je ne les couche. C'est souvent dans le métro.
v. Je jalouse, en fait, ceux qui ont le culot de vivre pour ce qu'ils sont. Moi, je suis trop velléitaire en cela. Trop faignant. Trop dévoré par moi-même.
vi. Je voudrais...
14:40 Publié dans Toute référence à Julien Gracq n'est que du hasard | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
DCXX. - Liste de lectures.
00:34 Publié dans Listes de lecture | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
15.04.2008
DCXIX. - Pognon, Thune et Cie. (Maison de qualité depuis 1864).
Ores donc, j'ai commencé à m'atteler à la revue des mes comptes et des petits sous que j'ai mis ici et là, selon les conseils de François. François, c'est mon conseiller bancaire privilégié, celui qui me reçoit avec un sourire inquiet et un costume trop grand une fois par an.
Les Livret A et autres comptes sans risque (sauf celui que l'Etat ne respecte pas la formule de calcul - je vous rappelle que légalement le taux du Livret A est de 3.75% depuis le premier février, mais que le gouvernement Fillon l'a fixé à 3.50%) passent l'étude sans souci. De toute manière, quand on suit de peu le taux directeur à un an de la Banque Centrale, le risque est faible et l'intérêt intéressant.
Ensuite, le dossier du PEA. Oui, oui, je sais, investissement risqué, ragnagna, ragnagna, sans compter qu'il faut viser sur le long terme. N'empêche, en prenant Excel et un peu de temps, les résultats font peur. Hors actualisation, selon les supports, j'ai perdu entre 15% et 22%. Si je prends en plus l'escompte (je suis pas chien, je prends le taux à un an de la BCE), j'en suis à une perte sèche de 19% à 26%.
Arglh. Bon, que faire ? Si j'arrête de donner de l'argent à mon banquier, et que je laisse vivre le PEA pour n'avoir pas de souffrance fiscale, il me faut un taux de rendement moyen brut de 3.4% à 5.2% par an selon les supports juste pour équilibrer l'argent investi avec le capital au terme.
Hypothèse 2 : Si je m'amuse à verser les mêmes sommes comme actuellement, ce serait un taux de 1.5% à 2.0% pour avoir le même équilibre argent investi / argent gagné. Ce qui revient à dire qu'en fait c'est l'apport de pognon qui permet de réduire significativement l'impact des pertes, non le retour des supports : faut cracher plus encore au bassinet pour être sauvé, c'est comme la Scientologie.
En gros : faut que les supports crachent plus de 5% par an (hypothèse 1) ou 2% (hypothèse 2) pour que je commence à gagner de l'argent. Et je vous fais grâce du calcul avec escompte.
Je vois d'ici François me dire que c'est au contraire le moment où il faut investir à tout va, pour profiter de la baisse avant la reprise des marchés. À moins de faire le sale con et de mettre l'argent sur des trucs qui vont sûrement monter (l'armement, le pétrole, bref les trucs qui polluent et qui sont dans une phase de hausse avant la chute finale d'ici 30 ans).
Me reste plus qu'à trouver l'historique du DJ Stoxx et du SBF 250, puis de jeter un oeil sur les supports UC et François va passer un mauvais moment. Il va avoir intérêt à être inventif, le bougre.
23:43 Publié dans Actualité et indignations diverses. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13.04.2008
DCXVIII. - Tagada, tagada, tagada.
Je veux partir en Mongolie, au moins dix jours à jouer au Genghis Khan d'opérette.
Ceci est un appel au peuple, Lecteur : qui m'accompagnerait ?
21:26 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
DCXVII. - Blaaaaaaaarf !!!
Cette nuit : je crois qu'il y a eu trois grand bruits : PLANG ! (silence) PLAAAAARG ! (silence) PLOUIIIIIIING-CRI ! (silence). Pas levé - j'étais au chaud sous la couette, il y faisait bon et j'étais bien.
Ce matin : je marchais dans le verre. L'armoire d'étudiant, qui a déjà fait trois déménagements, a craqué.
i. Bruit un : l'étagère du milieu, le bois étant déformé, lâche et tombe sur les pots de verre contenant les pinceaux.
ii. Bruit deux : celle du dessus, qui porte les verres épais, suit gaiement.
iii. Bruit trois : celle du haut, avec les verres à pieds, s'effondre.
Je n'ai plus que quatre verres à pieds de viables. Pas la peine d'essayer venir manger a casa. Au moins ça va m'inciter à chercher un appart, plutôt que de réparer cette armoire pourrave.
C'aurait pu être pire : les fioles de thérébentine et d'encre de Chine ont résisté.
12:41 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
12.04.2008
DCXVI. - En lisant ta lettre.
Madame,
Je donne suite à votre courrier daté du 11 avril 2008. En ce qui concerne la réparation de l’année passée que vous aviez diligentée (enduit de la salle de bain) et qui n’a pas « tenu », je prends bonne note que vous en accusez réception.
En ce qui concerne la fuite de plomberie, et votre étonnement :
i. j’étais la semaine précédant la déclaration de sinistre en déplacement professionnel au Portugal, comme précisé dans ma lettre du 25 avril. Par conséquent, le sinistre s’étant déclaré durant mon absence, la salle de bain était plus qu’humide à mon retour.
ii. Je pensais effectivement attendre faire appel à un plombier un jour ouvré, mais le sinistre a empiré durant le week-end, d’où l’intervention du lundi de Pâques.
iii. Le plombier qui est intervenu ne m’a pas présenté cela comme un changement de joint, mais un changement de l’ensemble du raccord, ce qui reste du ressort du propriétaire, en tant que « gros travaux ».
Enfin, si l’entreprise que vous diligentez à chaque fois pour effectuer les travaux effectuait des réparations convenables et de qualité professionnelle (bonne, rapide et efficace), j’y ferais appel. Cependant, l’expérience n’est pas encore allée dans ce sens. À titre de rappel, j’évoquerai :
i. la lenteur des réparations de la salle de bain après le dégât des eaux du 8 décembre 2005 – plus d’un an ! – et la solidité de celle-ci (puisque l’enduit ne tient pas).
ii. la « peinture » de ma porte d’entrée à la rouille et au calcaire, lorsque des travaux ont été effectués dans l’appartement mitoyen, sans compter l’absence de pression d’eau durant plus de quinze jours (mon courrier du 23 octobre 2006).
iii. l’état des parties communes, dont certaines sont en travaux depuis mon arrivée en 2005 : peinture à peine badigeonnée au rez-de-chaussée, fils d’un digicode hypothétique qui sont apparus durant l’hiver 2007 sans jamais avoir de digicode, boîte-aux-lettres tellement aux normes que durant trois semaines du printemps 2007 le facteur a refusé de nous distribuer le courrier, porte cochère qui ne ferme pas pour cause d’absence de pène à demeure plus d’une semaine et claque dès qu’il y a du vent, paliers sans ampoule électrique en état de marche.
Dans l’attente que vous respectiez vos engagements, tout comme je respecte les miens en payant mon loyer, je vous prie d’agréer mes sentiments distingués.
17:22 Publié dans Actualité et indignations diverses. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
DCXV. - Le violon.
Chez l'épicier, elle s'approchait du caissier, flottant dans son manteau beige. Trentenaire au front bas de gars du sud, qui a souvent un mot gentil. Ses sourcils immanquablement me font penser à M. Furt, que j'ai croisé sans le rencontrer. Elle lui sourit, et lui tend son sac de boucherie.
Elle. - Tenez. Vous savez, j'en ai trop acheté. Prenez, ça me fait plaisir, si, si. Un grand garçon comme vous, il a besoin de manger.
Lui, surpris. - Euh... C'est pour moi ?
Elle. - Oui. Ca me fait plaisir. À demain.
Quand j'avais dix ans, ou presque, ma famille avait gueulé sur mon grand'père, qui avait donné au concierge de sa maison de retraite le violon. C'était - peut-être que je me trompe - le violon de mon arrière-arrière-grand'père Carmelo, celui qui venait de Malte avec sa femme, avant de trouver Marseille puis l'Algérie. Quelque chose comme une antiquité, ou notre dernière bribe de blason, en somme.
Pépé avait pleuré. À chaque fois qe j'y repense, je me sens triste. Comme là.
Je crois savoir maintenant pourquoi il l'a fait.
13:17 Publié dans Toute référence à Julien Gracq n'est que du hasard | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
07.04.2008
DCXIV. - Elle, il.
Elle
Nous avions nos infidélités. Immanquablement pourtant, nous nous retrouvions, malgré les silences qui s'étalaient, parfois, sur des années. Dans les draps étranges de chambres prêtées, où des poissons crevaient de n'être pas nourris, nous nous enfouissions, couple illégitime. Si jamais j'ai trompé quelqu'un c'était pour elle.
Il y eut des étés étouffants, au ciel noir rempli des fumées du quatorze juillet, des sommeils exténués de chaleur au pied du canapé qu'elle prenait. Il semblait que je souriais alors, dormant.
Il y eut des silences, des fiertés. Des peurs, aussi, de tout ce qui était autour, mal digéré. Jamais je ne lui ai menti de quoi que ce soit. Elle savait.
Dans la frénésie d'un printemps tout frais d'être, elle quitta tout pour me rejoindre. Je tranchais avec autant d'énervement ce qui m'entourait. Chacun, nous laissions nos copains.
Il y eut un été de chaleur moite, d'orages. Un soir, tout le quartier était d'un noir moucheté de bougies. La fenêtre laissait à peine entrer un peu d'air ; nos corps ruisselaient l'un de l'autre. Mais la force profonde m'est revenue ; elle avait dû le voir avant moi. Elle n'osait plus me parler.
Je me souviens de notre dernière conversation, sur un plancher au vernis poisseux. Septembre venait déjà, si rapide. Nous ne nous regardions pas, nos doigts s'évitaient, rangeant de vieilles pièces dans un coffret de santal. Elle était triste ; je ne comprenais pas encore.
Ici, les années.
Jeudi, elle m'a envoyé un message. Me proposant de la retrouver, à une fête. Je crois que j'ai eu de la chance, d'avoir trop de travail pour la rejoindre.
Un il
Il suffit de si peu, alors.
Il est d'une minceur de levrier contre mes poignets. Sa peau se veloute quand je la frôle, douceur. Fine odeur de sueur dans le parfum quand mes bras le porteront, blotti. Ma main presse sa hanche d'herbe fraîche, ses cheveux de ronce épaisse. Il est, enfin, sans les artifices. En baisers de fleurs offertes.
J'ai comme toujours cette tristesse passagère, de penser que ce dos dont je caresse doucement le ventre, volutes du bassin épousées, ne me sera pas aussi inouï que ces moments d'effroi retrouvé, où l'on frémit de sentir seulement respirer ; où d'impatience il est resté encore un t-shirt ou des chaussettes. Bouche pressée contre l'oreille, palpitant.
Plus tard, serré contre moi. Moineau crasseux, duvet hérissé de frileux - sa nuque d'homme tenait dans ma main, je le caressais doucement pendant qu'il se confiait. Il posait sa tête sur mon bras, enfermé dans la couette. Je préfère cet abandon au reste, je crois.
Dehors il neigeait ; il n'a pas su qu'il était le quarantième.
Nous avons mangé, j'ai jeté le thé qui avait refroidi. Avant qu'il ne parte, je lui ai donné mon parapluie, pour qu'il ne se mouille pas.
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DCXIII. - Paris, 7 avril 2008, minuit trente-huit.
Oh, il neige. À torrents.
Ma couette est encore chaude de la soirée.
La citation de Sire Constance :
de la place de la Bastille
boire du thé tout l'apres-midi
de ces dimanches de camomille
il pleut des cordes sur le Génie
qui aurait cru que si peu d'eau
ferait fuir les gens de Paris
laissant l'ange trop seul et trop haut"
00:47 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
31.03.2008
DCXII. - Et bouing.
ii. Pourtant, au Louvre, la mise en place des installations Jan Fabre ont décroché des toiles qui me sont chères : les Quatre Evangélistes de Joardens, le Joueur de Luth de Hals et l'Autoportrait de Rembrandt âgé n'y sont plus, chassés par des insectes de plastique. Ca a son intérêt - ça laisse des doutes. Surtout lorsqu'on veut fanfaronner, et montrer comme on connaît son musée. Allez retrouver Holbein, entre les tombes et les globes d'élytres vernies. Bouing, bouing.
iii. Le médecin du travail, enfin rencontré après un bon laps et lapin de ma part, m'a d'emblée attaqué sur les thèmes de 1/ "lorsqu'on est coureur" ; 2/ "vous ronflez, n'est-ce pas ?" et 3/ "avec son compagnon... ou sa compagne." - Tenter de rester imperturbable et de répondre naturellement. - Envisager de disparaître à tout jamais de la blogosphère. - S'inquiéter sérieusement de ce que je donne à voir de moi. - Ou se demander si les cravates grises à rayures bleues ne font pas un succès fou chez les ronfleurs pédés. C'est qu'il connaissait mon quartier, l'esculape. Et bouing.
Me voilà muni d'exams pour mes ronflements, tous frais payés. Gentil, de tenir à ce que je ne me réveille plus seul.
"Les habitants du vieil immeuble en pierre de taille, en bordure du parc de Humlegard, à Stockholm, étaient des ges aisés, à l'instar de Rafael Juntunen, gangster de son état."
21:25 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
30.03.2008
DCXI. - Liste de lectures.
ii. Le Seigneur de Bombay, de Vikram Chandra. Là, nous ne sommes plus vraiment dans l'anticipation, plutôt dans l'univers rugueux et grouillant de Bombay, quelque part entre le carnage des gangs, la corruption universelle, les ordures des bidonvilles et les fastes de Bollywood. L'histoire en soit est simple : un parrain local, Ganesh Gaitonde, se laisse prendre dans sa maison par un policier Sikh, vieux beau que la vie a ridé, et se suicide sans un mot. Sauf que la maison de Gaitonde était en fait un abri anti-nucléaire, un vrai de vrai, en plein Bombay. Et que les espions locaux font du souci à Sartaj, le policier, pour qu'il enquête. Moins que la trame conductrice, qui n'a rien de nouveau, je pense que ce roman vaut le coup d'oeil pour l'atmosphère qu'il décrit, grouillante, énorme, engluée dans les castes et les vieux restes des guerres coloniales, et les histoires secondaires. Notamment, le récit "Insert : une maison dans une ville lointaine", qui est à couper le souffle. C'est con, j'en ai loupé ma station de métro, à cause de ce maderchod.
iii. Dieu et nous seuls pouvons, de Michel Folco. Malgré tout, les mille pages de Chandra exigent qu'on tienne la route - je ne l'ai pas tenue. Samedi passé, je me suis accordé une pause à lire ce roman noir, écrit en deux parties. Je me souvenais du film tiré de la première partie, Justinien Trouvé ou le Bâtard de Dieu, qui m'avait fait peur, ado. C'était un film trop en avance sur son temps, je pense : le glauque historique, avec de vrais vêtements décousus et de vraies dents déchaussées, en 1993, ça n'était pas trop à la mode encore. Pourtant, le roman est un bon moment : c'est l'histoire de Justinien, qui devient bourreau parce que sinon il va aux galères, et de sa famille, qui est restée bourrel deux cent ans durant jusqu'à ce que le décret Crémieux de 1871 supprime les exécuteurs de province, laissant l'exclusivité à la famille Deibler. Et c'est l'histoire de la famille, vers 1901, qui aimerait bien reprendre du service, surtout que dans l'oustal familial, on conserve tout un matériel qui ne sert plus, et c'est bien dommage, ma pauvre dame. Faut aimer l'humour noir, être fasciné par la guillotine, mais ça passe tout seul. Enfin, ça glisse tout seul, comme un mouton. De guillotine.
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24.03.2008
DCX. - La joie de peindre.
Il y a une toile, une copie d'un Franz Hals, sur laquelle je bataille depuis des mois. J'ai déjà dû reprendre le visage trois fois et malgré tout je n'en suis toujours pas parvenu à bout. Hier encore on s'est échiné sans succès.
Hier soir, alors que j'étais assis devant l'ordinateur, parcourant des blogs, un truc m'a pris. Je me suis retrouvé avec une toile sur les genoux à griffonner, gribouiller, tracer de grands traits. Quelques minutes plus tard, mâchonnant du fromage de Corse, j'étais toujours au bureau, toile sur les genoux et de l'huile plein les bras.
C'est la première fois que je peins aussi rapidement, aussi sûrement : alors qu'en général il me faut des mois, des reprises, des repentirs, en une petite dizaine d'heures tout était plié. On va dire que j'étais sous feu sacré ou exta, et que la Muse m'avait fait prendre mon luth.
Ores donc, à défaut de dessin du ouiquennede, la toile du jour :

Le Lever
Huile sur toile, 50 x 60.
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