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C'est pourquoi je suis misogyne

  • DCCLXXXIX. - Dans le train vers Valence.

    Le train qui s'en va vers Valence. Non, pas Valence en Espagne, mais en France. Il y a une Valence en France, même si tout de suite le simple fait de dire que c'est en France ôte tout espoir de movida ou de salsa sous les parasols d'Ibiza. Pourtant, Valence en Espagne n'est pas plus ibizesque que la française, mais c'est comme ça. À chaque fois que je corrige mon interlocuteur sur ce point, il y a comme un moment - un silence où le cerveau s'habitue, dans une légère brume de désappointement. La conversation, qui allait partir vers les langueurs espagnoles de la calor et rêver un peu sur les traces de Francisco Borgia (mais qui s'en fout qu'il y a eu unduc de Valentinois ?) à moins de s'égarer sur la fiesta, la bière et oulalah qu'est-ce qu'ils sont fêtards ces Espagnols mais que veux-tu c'est ça d'avoir vécu sous une dictature, freine brusquement pour se demander ce qu'il peut bien y avoir à Valence. Du vin. Du soleil. Et, de la colline de mes parents, un panorama qui m'est rare sur le Vercors d'un côté et la vallée du Rhône de l'autre. Il paraît qu'on verrait même le mont Gerbier des Joncs, par temps clair. C'est dire.

    Bref. Dans le train, donc - en première classe, avec cette agréable justification à l'orgueil "d'en être" le fait que c'était oh à peine trois euros de plus - je rêvais et bouquinais un livre de McCarthy. Arrivent ce que ma moitié appelle délicatement des putes à frange. En format mère et fille, brune sur le tout. Serrant au creux de leurs mains manucurées, comme une bite qu'on caresse de la paume, un fer à lisser. Désespoir. C'est qu'il n'y a pas partout des prises qui fonctionnent.

    Elles trouvent des sièges à côté de moi, s'installent, et se lissent copieusement la capillarité, tripotant leur aillephone de l'autre. Ce n'est que lorsqu'un peu trop de fumée s'échappe de leurs mèches qu'elles se disent qu'il faudrait arrêter. Elles repartent dans un sillon de parfum trop sucré et de cheveux brûlé.

  • DCCXXV. - Naissance de la misogynie.

    "Qu'est-ce que je lui ai dit ?"

    [...]

    "Oulah mais elle doit avoir raison..."

    [...]

    "Mais qu'est-ce que je lui ai dit ?"

    [...]

    "Zut, j'ai dû lui dire quelque chose..."

    [...]

    "Qu'est-ce que je lui ai encore dit ?"

    [...]

    "Mais qu'est-ce que j'ai pu dire encore ?"

    [...]

    "Qu'est-ce qui se passe encore ?"

    [...]

    "Bon, qu'est-ce qu'elle a à râler, encore ?"

  • DCCXXIII. - Leçon de misogynie : être rustre.

    "Dis-moi, je peux partir un peu plus tôt aujourd'hui ? À 16h45 ? C'est pour voir le médecin.

    - Je te fais la même réponse qu'aux autres : vous êtes majeurs et cadres. Vous êtes responsables de votre emploi du temps. Donc pas de souci.

    - Hein ?

    - Bah oui. Je ne vous flique pas, sauf les tire-au-flanc. Donc vous faites comme vous voulez. Moi, tant que le boulot est fait...

    - Je vais te le dire franchement : tu te rends compte de ce que tu dis ? Pourquoi es-tu si... rustre ?

    - ???"