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  • DCCLXXVI. - Mark Twain, Les Aventures de Tom Sawyer

    Je ferai le prolégomène que le premier qui me sort que ce genre d'ouvrage est pour les zenfants et qu'il faut bien être un enfant attardé pour savourer dans le métro ce genre d'inepties n'a aucune chance de recevoir mon poing dans la gueule, mais celui-ci ne devra pas être surpris s'il se réveille en pleine nuit dans la Seine ou le Mississippi avec des chaussures en béton taille 43 fillette. 43 car je subodore, ingrat lecteur, que tu demeures mon semblable, et tant qu'à farfouiller dans l'incongruité de mon intimité, autant que tu saches quelle taille quérir quant tu m'offriras des Weston ou autre rêves de l'embourgeoisé aux heures fécondes où il digère le pâté du midi et le bourguignon de la veille.

    Bref, Tom Sawyer - c'est l'Amééérique, le symbol' de la Libertéeuh - oui, moi aussi j'ai trente ans (et un peu plus) et je me souviens de la course dégingandée qui entamait par-dessus les barrières l'apparition de tous les petits héros, et je vous assure que ce n'est pas la peine d'enchaîner avec les Mystérieuses Cités d'Or (Enfaaaant du Soleeeeeil). D'abord, j'ai eu une enfance malheureuse, et en plus j'allais chercher l'eau au puits nu sous ma chemise durant l'hiver quatre-vingt cinq qu'est-ce qu'il faisait froid alors.

    Le plus affligeant, en un sens, étant qu'on fait maintenant des soirées uniquement avec ces musiques de génériques nippons des années 80.

    Bref, là n'est pas le propos, la seule proximité entre l'oeuvre (majeure, bien sûr) de Twain et le scénario nippon étant à la rigueur que j'ai dû me taper un caprice chez le bouquiniste, ma moitié s'étant emparé de mon bouquin, unique exemplaire au passage, et empressé de le planquer juste pour me contrarier, l'avait laissé tomber dans une bonne caisse de livres à l'encan. Brouille pour de rire et moquette salie par les grosses larmes de mon chagrin plus tard, j'entamais quelques jours après le livre dans le métro.

    C'est tout simplement fameux. Bon, il y a bien Joe l'Indien et on se dit que c'est juste pour faire frémir, et que franchement on le plaindrait presque à quand bien même ce serait un monstre de cruauté. Joe l'Indien, c'est juste le méchant parce qu'il faut un méchant et qu'on est sur les bords du Mississipi - le symbol' de la Libértéeuh - oui, oui, on sait. Ce qui reste le plus charmant est la manière dont le narrateur arrive à capturer les petits moments secrets de l'enfance. Sérieux, je ne sais pas trop quel âge a Tom. Des fois il pourrait avoir 8 ans, d'autres 15. C'est tout simplement non pas malicieux, ni bien troussé. Je dirais que c'est bien décrit, même si c'est un peu facile de dire cela - bien peint.

    L'ancien du précambrien que je suis soulignerais bien évidemment qu'il s'est souvenu de ces petits moment où tout roussi de colère il s'était promis d'abandonner père et mère, allant vivre dans le terrain vague où il chipait des griottes aux arbres abandonnés, pas loin du tennis. Ou de ces moments, plus récents après tout, où en plein Orléanais un bâton a suffit à me transformer en chevalier. Là, avec Tom, c'est plus grave cependant : on est pirate, et on a forcément les mains sanglantes que c'en est terrible. Les scarabées qu'on maîtrise à coups d'épingle prédisent l'avenir et ce que dira le maître d'école (qui est tout prêt). Les points  qu'on échange permettent d'avoir des Bibles sans qu'on les mérite, et y'a pas à dire il y a toujours des techniques fameuses pour apprendre à peindre une clôture (ça ne coûte jamais qu'un chat mort). Toutes les maisons abandonnées ont des chances d'être hantées, et d'avoir un trésor sous la cheminée.

    Le pire est que ça arrive des fois. Quelle merveille.

     

  • DCCLXXV. - Constatation.

    J'ai découvert que mon copain écoutait du Katy Perry. Serait-il gay ?