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  • DCCLXIV. - Confusion.

    Je vais encore vous dire qu'hier soir marchant j'avais envie d'écrire. Cela ne s'est pas fait : j'ai eu un bandeau sur les yeux, il a fallu céder aux enthousiasmes de la chair, chandelles allumées dans une chambre obscure, lanternes magiques ignorées dans mon aveuglement.

    J'avais pourtant une phrase précieuse : "du cadre-coq encravaté à l'âne bêlant de fatigue le soir". Peut-être vous en parlerai-je.

    Ce ne sera pas là encore : j'ai travaillé - je finis juste. Il fait nuit, j'ai sommeil, les taxis sont rares.

  • DCCLXIII. -Liste de lectures

    i. L'Armée romaine, de Pierre Cosme. J'avais acheté ce livre il y a quelques temps déjà, lors de ces coups de folie qui me font farfouiller des plombes durant sur le ouèbe pour m'instructionner à propos des secrets pas connus encore des Romains qu'étaient un peu plus nos ancêtres que les Goths, les Gaulois et les Gothiques dont il est question. Je m'attendais à un manuel détaillé (Cursus, l'éditeur, ayant causé bien des cauchemars à ma jeunesse estudiantine - dix ans déjà), parlant tant des subtilités de l'administration et de la logistique que de la tactique et du quotidien du militaire.

    Mon petit côté fashionista escomptait en sus quelque merveille quant à la description des cuirasses des beaux tribuns (rooooôh). Que nenni. Quasi que de l'intendance et de la logistique. L'Auteur prétendra ce qu'il veut, je suppute le collage de plusieurs articles universitaires, de différents niveaux et lectorats (au vu des différentiels de style et de quantité de latin employé), un brin dans l'urgence et sans sérieuse relecture : on se répète (paiement de la solde traité et répété à plusieurs endroits).

    Je serais cruel, je dirais que le livre a un peu manqué le sujet. Je suis cruel : le livre a manqué le sujet. Quand on voit un titre sur l'armée romaine, on attend des éléments sur (1) la constitution de l'armée, (2) l'armement, (3) la logistique, (4) la tactique, (5) la stratégie, (6) le quotidien du soldat, (7) l'armée et la cité. On a ici un chouïa de (1), un peu plus de (3), à peine du (7). On reste sur sa faim.

    ii. Et maintenant, allongez-vous ! de Ralf König. Dernière livraison de monsieur König, parlant moins de pédés et de fist que ses opus les plus connus des connaisseurs (Dilate-moi le sphincter ou Dernier train pour Uranus), et surtout consacrés aux dramuscules de ces hétéros qui baisent si mal qu'ils en sont malheureux, avec le pédé-bon-copain-qui-veut-du-bien-et-qui-donne-plein-de-conseils-à-la-pouffe-en-manque-de-cunni-non-elle-n'est-pas-gouine, cet album décent (donc) se retrouve ainsi à la Fnac et même dans les librairies. Ca change mais c'est un peu dommage. Non pas que M. König perde à être connu (pensons aux magistraux Lysistrata, Passe-moi le gel et Iago), mais il mériterait d'être connu pour mieux. L'alimentaire, mon cher Watson, l'alimentaire... On sourit, on ne se poile pas. Ou l'on n'est pas touché, mais ça doit être parce qu'avec un homme à la maison on devient moins sensibles aux thématiques des bonnets C.

    iii. Kick-Ass, de Mark Millar et John Romita, Jr. Raaaaah, ben voilà du bon. Les personnes du parti des honnêtes gens ont certes déjà vu le film, et l'on même bissé (si, si, j'avoue, non mea culpa est, sed fuit ut luxuriam et ne me demandez pas si c'est correct ça fait quinze ans que j'ai pas touché un Gaffiot), la bédé est disponible. Elle l'était il y a trois mois, mais uniquement en anglais, pour beaucoup plus cher, et encore le prix était en dollars, je vous raconte pas, depuis que l'euro bat de l'aile on sent que le pouvoir d'achat est resté pioncer au Fouquet's. Sauf que le film était hollywoodien, et que la bédé, ça peut se permettre bien plus : du trash, du sinistre, du laid, du poisseux et du vrai sang qui fait vraiment mal, sans maman venant souffler sur le bobo. On est loin du déjà plus qu'honnête (pour une fois) Nicolas Cage jouant les flics en quête de vengeance, qui se déguise en chauve-souris post-moderne. Ici, l'histoire est plus sordide : dès le début le courant passe. D'ailleurs, les deux électrodes d'une batterie de voiture sont connectées sur les couilles de Kick-Ass, c'est pratique pour se souvenir. Massu en savait quelque chose, ici on passe au cas pratique.

    iv. Corto Maltese, la jeunesse, d'Hugo Pratt. Je l'avais parcouru, il fallait le lire. Il paraît que c'est la guerre, quelque part entre la Russie et le Japon, on sait pas trop où en tout cas. C'est encore de cette époque où les journalistes se contentaient de boire un drink au bar de l'hôtel le plus huppé à proximité, et cueillaient l'air des batailles dans le sang doré qui coulait des bouteilles de whiskey. Désormais, ils agitent le micro et disent toujours ce qu'on leur demande de dire, ça s'appelle un journaliste embedded, mais c'est pareil. La guerre se finit, et Jack London est sur le front. Ce n'est pas facile de finir une guerre : des soldats refusent de s'arrêter, d'autres continuent de déserter. Quoi faire des déserteurs ? Quoi faire de ce pays, des Chinois, des Hollandais, des Russes, des Américains, des Japonais ? C'est un peu tout, dans ses villes dévastées, et Jack London essaie d'écrire ses articles, les premiers qui auront pour encre la boue des tranchées. Vous allez me dire, depuis, il y a eu Hemingway. Oui, mais depuis Hemingway, il y a eu quoi ? Vous allez alors me dire : et Corto, dans tout ça ? Corto, et bien, c'est une autre histoire...

    v. La Véritable histoire du dernier roi socialiste, de Roy Lewis. Bon, celui-là, je crois que j'en ai déjà parlé, car je l'avais lu. Je vous y renvoie donc.