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  • DCCLVIII. - Au passage d'une lecture.

    Je me contente de noter, dans la toile d'un passage sur le net, un peu comme en note à moi-même, qu'écrire sur l'art bute souvent semble-t-il sur les superlatifs. Dans un de ces moments incongrus que j'affectionne, j'avais acheté au Louvre Les Vies de Vasari. Après tout, à force d'en entendre parler, il faut bien s'instruire, et ce peut être toujours l'occasion d'apprendre quelque chose de croustillant, que l'on pourra sortir à la pause café, en forçant un tantinet la conversation dans le sens qu'il faut. J'ai bien dû déjà une fois sortir l'histoire de la signature de Zeuxis (mais est-ce bien lui ?), maintenant je peux faire un court sur l'O de Giotto.

    En fait, à lire cette sélection des Vies (un aller-retour sur un site encyclopédique collaboratif m'ayant appris que l'autre George en avait écrit bien plus), j'ai bien évidemment le plaisir de retrouver des toiles que je connais, d'une façon ou d'une autre. Une partie du trajet de ce soir a d'ailleurs été passée à corner les pages décrivant certaines que j'avais pu voir - toujours pratique, lorsqu'on a à fanfaronner devant sa Zaza di Napoli privée sur l'art de la figure chez Fra Angelico et le drame de la perspective chez Masaccio. On ne se refait pas.

    Pourtant, en aboutissant justement à la Vie de l'autre Père dominicain, j'étais étonné par l'accumulation de référence à la douceur des peintures, à l'excellence de la sainteté et de l'amour chrétien qui était supposé ressortir de ses fresques. Je ne vais pas chercher à critiquer Fra Angelico, il suffit de s'être trouvé un instant de sa vie à San Marco, plein de honte, pour s'en souvenir suffisamment. Vasari pourtant me semble attribuer conjointement et à l'auteur et à son oeuvre ce qu'on n'attend ni de l'un de l'autre, mais plutôt de l'état général du prêtre : dévot, obéissant, chaste et doux. L'anecdote quant au refus de Fra Angelico de recevoir la crosse épiscopale car se considérant comme trop indigne est si bien taillée dans le marbre de l'Antique que même un vieux ronchon comme Tite-Live se serait bien marré en l'écrivant.

    De Donatello, Vasari glisse comme une merveille sur sa Marie-Madeleine pénitente, qui m'avait suffisamment marqué pour que son air émacié de rescapée des camps nazis me revienne encore sans trop de peine. Bref, tout est plus beau, plus magnifique, plus splendide, plus beau que toute chose jamais faite et toujours à l'égale de l'Antique (pas encore si bien connu, le souligne Vasari - les Vies que je lis actuellement se situant entre 1300 et 1420, j'attends donc le cap du Cinquecento pour éprouver son nouveau jugement).

    Je fais là un procès d'intention certain, pour un homme qui n'a jamais fait que chercher à récapituler une trace de ce qui était à l'époque tout juste des artisans, à peine des artistes, et qui ont été les révolutionnaires de notre pensée. Bien facile de rigoler sur les premiers essais de perspective, quand on oublie la révolution que cela fut. Surtout que je passe mes pauses cafés à tracer de grands traits d'Histoire entre Rome et désormais, le sud de la Loire et la barbarie, la vigne et la civilisation. Pour l'anecdote, un collègue voulant me flatter a évoqué mon "attitude de jugement et d'esprit romain" ; il est arrivé à me flatter.

    De là cependant à tout qualifier d'admirable... On ne peut rien faire d'autre ; Vasari a choisi les meilleurs, c'est un peu le Hall of Fame de l'époque qu'il nous offre, le coquin. Un peu comme si on mettait Lady Gaga et Ayrton Senna dans la même pièce, j'imagine. Pourtant, je me demande comment traiter des toiles, alors, de la merveille tulipéenne du Dôme de Florence et des multiples miracles que je ne devine pas encore là-bas, si on veut se passer de la simple critique descriptive ou analytique et des éloges à n'en plus finir.

  • DCCLVII. - Mars silencieux

    Paris, vers la rue Rambuteau, un jour de carnaval.

     

     

     

    Paris, non loin de la rue des Archives, ou peut-être du Temple.

     

     

     

    Paris - c'est son âge.

     

     

     

    Paris, dans un escalier.

     

     

     

    Alfortville, près des quais de Seine.

     

     

     

    Entrée des catacombes, local à résistant ou garage à vélo de géant.

     

     

     

    Paris, impasse des arquebusiers. Ou des arbalétriers. En tout cas, c'est médiéval.