24.10.2009

DCCLXXVII. - Aux croisées des chemins.

Nous avions bu un verre avec celui-ci il y a combien d'année. Alors, il finissait une thèse, et c'était aussi une fin d'été. Nous avions bu ce verre pas loin d'Odéon, dans une rue pavée. Il faisait presque frais, je crois, dans cette fin d'été. Les tables étaient de guingois sur les pavés, je brossais du revers de la main des miettes de cacahouètes sur le métal de la table. Pour dissimuler ma gêne sûrement. Je me souviens avoir noté la cicatrice de l'anneau à l'oreille, et le point de beauté, assez épais, sous l'origine de la lèvre, un peu à gauche. Il avait des paupières épaisses qui lui donnaient un air doux. son blog à l'époque m'avait touché, c'est ce qui avait été à l'origine des échanges. Il y parlait de ses débuts plein de gêne, et de leur cicatrice. Il marchait dans la rue, avec quelqu'un, pelotonnant le froid du col dans sa main.

Nous n'avons jamais bu de verre. Je lis ses très rares articles, écris d'une plume qui m'est très-précieuse. Je sais de lui qu'il joue parfois du violoncelle, et qu'il est beaucoup dilettante. Il semble avoir la beauté qu'avaient les pharaons aux hautes pommettes. Il était ce soir à la devanture d'un bar, fumant avec une amie. Il est plus petit que ce que j'imaginais : il fait ma taille.

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