27.06.2009

DCCLVI. - Ce soir le dahu est tout mniourf.

Lily Allen, Fuck You Very Much.

Histoire de changer je suis encore tombé par hasard sur la Tatapride. J'étais parti acheter du papier, et je me disais que pour aller ensuite m'offrir une plante verte je n'avais qu'à marcher tranquillement jusqu'à Bastille, prendre la 5 jusqu'au quai de la gare.

Le long de la rue du roi de Sicile, je repérais les drapeaux, plus nombreux qu'à l'accoutumée. Juin était beau, et les adolescents tapissaient les devantures de glaciers avec leurs jeans blancs trop courts. Lentement la foule se faisait plus dense, gorgée lentement d'hommes, de choses indescriptibles et des torses nus usuels. Un peu plus de bonnes soeurs que d'habitude, peut-être.

Je pense que la parade arrivait juste à la Bastille, ce qui n'empêchait pas les matelas de CRS, mantés-religiosés comme des insectes, d'en filtrer tous les bords. Impossible de marcher tranquillement jusqu'au fleuve, un bras de tonfa m'en coupait la route.

Cette année, quelque chose de la ferveur locale m'échappait. En général, me retrouver aussi près d'une telle palanquée de garçons et de torses suffit à m'exciter, à me faire participer à l'excitation d'une façon. À me rendre presque fier. Là, ni honte ni fierté, je me contentais de traverser la place en zig-zag. Je me disais que ça me semblait bien loin, toute cette nécessité de l'exhibition (et pourtant).

Bref, de retour, j'ai la vague à l'âme, un peu de remord et de nostalgie. En plus, comme cette nuit le foutre va couler à n'en plus finir, moi, je me sens seul.

Pouf, pouf.

 

Lily Allen, Fuck You Very Much.

Commentaires

Bah, le foutre peut bien couler à volonté, ça ne veut pas dire que ce petit monde s'emplira de joie et d'allégresse. Le bonheur est malheureusement une quête plus difficile à atteindre que par de simples transactions en liquide. Alors dis-toi bien que t'es pas le seul dans ce cas.

Ecrit par : Abdesalam | 28.06.2009

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