03.05.2009
DCCXL. - Instants divers.
"Tu as toujours le même parfum...
- Oui, il m'est fidèle. Je le porte depuis plus de dix ans.
- Dix ans ! On se connaît depuis si longtemps, dis-moi ?
- Je ne sais plus.
- Je me souviens que tu employais des mots compliqués, que je ne comprenais pas toujours. Et tu étais très expressif.
- Peut-être... je fais des phrases plus courtes, maintenant.
- Tu m'embrasses ?"
"Je viendrais te voir plus souvent, peut-être."
"Tu as bien dormi ?
- Mh.
- J'ai ronflé ?
- Oui.
- Je t'avais prévenu."
"J'ai découvert que j'avais des voisins intégristes.
- Oh ?
- Oui. Il y a quatre femmes. La mère, la tante ou peut-être la grande soeur, et deux bambins voilés haut comme ça.
- Burqa family, le rêve.
- La petite a fait une révolution, dimanche passé. Elle a paru à la fenêtre sans voile. Et elle a lancé un avion en papier dans la rue.
- Le père était là ?
- Je sais pas. Mais quand il est pas là, la mère fume discrétos à la fenêtre, en écartant sa mantille...
- Son voile.
- Son voile.
- On devrait aller dans la chambre, du coup."
"Tu n'as toujours pas fini ta toile ?
- Non."
Sur mon ventre les longs jets qui bruissent en sortant.
01:38 Publié dans Toute référence à Julien Gracq n'est que du hasard | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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