29.03.2009
DCCXXXV. - C'étaient de très jolis soirs
Supposons qu'il s'appelle P*. Tu as rencontré P* il y a quelques années de cela, juste le temps d'un soir. C'était un très joli soir. En novembre, te semble-t-il : les trottoirs miroitaient de la pluie de l'après-midi, les réverbères brillaient clairement dans la pure noirceur de la nuit. C'était de ces soirs où les pas pouvaient résonner longtemps dans les rues humides.
C'était un très joli soir, et tu avais aimé la douceur extrême de sa peau, son sourire léger, et la timidité qu'il avait. Il portait des jeans bleu sombre, un pull fin au col en V, et un slip blanc de coton. Tout fin et tout doux.
Puis le temps a passé. De temps en temps, tu échangeais avec P*. Tu discutais même avec - tu devinais bribe à bribe comment le temps lentement le changeait, pendant que tu étais couché sous son rabot ravageur. Parfois, vous évoquiez la possibilité de vous revoir - une fois, peut-être, cela fut certain ou presque.
Et puis le temps a passé. Comme toujours, comme on ne peut l'empêcher. Tu es parti - au Portugal, au Maroc, en Grèce. Tu as déménagé, tu n'as pas eu accès au net. Bien des mois après, le monde avait changé. Et puis le temps a passé, simplement.
Un soir, tu reçois un appel :
"Bonsoir, c'est P*.
- P* ? Euh... Ooooh, P* ! Comment ça va ? Ca fait si longtemps !
- Je peux monter ? Je suis en bas de chez toi, j'ai envie de te parler.
- Euh, P*, j'ai déménagé depuis...
- Bah. C'est pas grave. Tu me donnes ton adresse ?"
Alors il est venu chez toi. Il te restait du tiramisu de la veille, vous l'avez mangé, avec du martini. Et vous avez parlé.
Puis tu lui as ôté les chaussures. Il portait des jeans bleu sombre, un pull fin au col en V. Tu t'es assoupi dans ses bras, doux et légers, pendant qu'il caressait ta nuque et ton ventre.
C'était un très joli soir.
17:33 Publié dans Toute référence à Julien Gracq n'est que du hasard | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


Commentaires
j'aime bien venir parfois par ici... c'est très feutré...
Ecrit par : Zoé | 03.04.2009
Ecrire un commentaire