23.02.2009
DCCXXII. - En paysant, en rétrogradant.
On m'a demandé mon avis, mais je n'ai pas trop eu le choix : le message m'attendait déjà depuis quelques heures, lové au chaud de l'ordinateur. Il y avait d'autres endroits où je pouvais partir, oui, presque sans souci - mais pas celui-ci. Non, pas question. Jamais. Il y a des terres que l'on s'interdit. Non par haine, par honte, ou par exil. Par histoire.
Les terres que l'on ne connaît pas, dont les rues creuses et poussiéreuses, donnant sur des théâtres de torchis où les photographes prenaient les passants, ont formé notre imaginaire et nos références mystiques - ne peuvent qu'être éloignées : l'an prochain à Jérusalem, peut-être, mais l'an nouveau a les millénaires pour se lever.
Je n'ai pas peur du Maroc, je n'ai pas peur de la Tunisie, et d'autres pays du Mashreq encore. Pour peu qu'il y ait de la mer et du vent, je sais que j'y serai chez moi. Qu'il y aura ce fond commun, qui se résume aux olives et à la tomate pour les photos. Pourtant dans les cartes demeure un trou, un creux : pour moi, l'Algérie, ça n'existe pas : c'est un pays d'ancêtres, pas un vrai pays.
J'ai donc refusé.
Peur instinctive de faire face à des souvenirs qui ne sont pas vraiment les miens, souvenirs hérités. De vouloir certainement interpréter tout à la lumière de ce que j'en sais - en fait, rien, à part du passé, transparent, disparu, revécu cent fois et biaisé éternellement.
Puis - jamais de moi-même je n'aurais fait le geste. Autant profiter. J'irai, là-bas.
23:39 Publié dans Toute référence à Julien Gracq n'est que du hasard | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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