10.01.2009

DCCXI. - En rutabagant, en testant.

Voici - quoi ? Un mois que je vis réellement dans mon nouveau quartier, malgré quelques excursions à l'étranger (Marais, Portugal...). J'y prends des habitudes, lentement j'ai repéré le traiteur, le fromager et le marchand de quatre saisons. Aucune des queues devant les bouchers n'ont pour l'instant réussi à me convaincre.

Ce marchand-là a une petite échoppe, qui s'ouvre comme une cuisse sur les trottoirs. Devant dévalent une triplée de clémentines différentes, des quintuplés aux grands jours. Les mémés s'y poussent, et ne se gênent pas pour vous passer devant, elles sont toujours pressées ; l'étudiant qui fait le service, le samedi, ne se laisse pas faire - au pire, Stéphane, qui s'humecte régulièrement les lèvres de sa langue épaisse, s'en occupera patiemment, recommandant à l'une ou à l'autre la meilleure façon de cuire le rave.

Depuis un mois que j'y vais, j'ai repéré dans l'angle, au fond, derrière les caisses de tomates rougissantes de n'avoir pas de goût, la zone des légumes oubliés, ceux qu'on ne cuisine pas. Le rayon dépend des fois, des jours, des arrivages et certainement des humeurs de Stéphane. La semaine passée, il y avait des crosnes, que j'ai fait cuire dans un jus de viande, avec une saucisse de Montbéliard, et décidé étrangement de manger avec un blanc, me disant qu'il fallait atténuer la puissance des tubercules. Il y a quinze jours, c'était du panais, qu'une vioque infecte m'a chouravé sous le pif, me contraignant à me rabattre sur le céleri et les patates douces. Vieille peau, tiens.

Aujourd'hui, une fois le sac rempli de quoi faire un pot-au-feu des familles et une soupe de potiron de même (je risque, cette semaine, d'héberger une cargaison revenue d'Ouganda - en tout cas, j'aimerais bien), je dégotais des sortes de navets jaunes-verts. Tudieu, diantre et palsambleu : des rutabagas !!! Ca se fait encore ?

Une longue heure de cuisson des monstres dans l'un des faitouts domestiques, laissant dans la cuisine une odeur de navet qui n'avait pas grand'chose d'effrayant et réduisait à néant tout une page de mes cours d'histoire sur la Seconde, l'ajout d'un brin de lait, de sel et de je sais plus quoi encore, aboutit à l'une des conclusions suivantes, que je laisse au choix (sagace, toujours, même si ç'agace des fois) du Lecteur :

i. Je ne sais pas faire la purée de rutabaga ;

ii. Le rutabaga, c'est vraiment dégueulasse.

Commentaires

Tout à fait d'accord, c'est vraiment dégueulasse!

Ecrit par : Tarn | 16.01.2009

Pure diffamation !

Ecrit par : Ruth Abaga | 23.01.2009

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