26.10.2008
DCXCV. - La rose du samedi soir.
Tendre. Dire la tendresse étrange et impromptue. Chercher à la dire – bien évidemment, ne pas le faire (les mots, les phrases pensées le matin, en se promettant qu’on les conserverait pour le soir, disparus depuis). Savoir qu’on ne sait comment, être attiré – certes, c’est l’alcool. Se laisser aller, un bref instant, peut-être aussi parce qu’après tout on est venu, on a fait cet effort.
Se réfugier dans les fleurs comme l’on chasse le sanglier : par bravade. Ce coup, préparé avec une longue sélection commentée par la marchande, prenant alors une autre signification, en être étonné. Il ne fallait pas des fleurs roses, ni jaunes, ni rouges. Surtout pas rouges. Trouver l’incongruité de roses d’un violet diaphane, à la couleur tout aussi particulière que le sentiment qui anime, certes. Incertaines, indécises.
Les promettre (avertir : la bravade est là, un peu puérile en somme), et bien les offrir. Non, plutôt, les tendre, posées sur une main comme un paquet. Conscience qu’il s’agit moins d’une vérification, que l’on brandirait obscène sous le nez, qu’un cadeau en offrande.
Dire que l’on veut séduire – que l’on s’y essaie. S’apercevoir, au moment où on le dit, qu’il s’agit bien de ça : l’inquiétude, inquiète déjà, déjà ricanante, de la séduction. Du désir d’y parvenir.
Errer dans des justifications. Elles ne sont pas fausses, pourtant : sa beauté d’inconnu vous effraie. Comment connaît-on en si peu de fois ? Rien : des impressions – mais lesquelles, toujours !
Courir vers l’ascenseur qui se ferme, y arracher un baiser.
Au matin finissant, y repenser.
23:21 Publié dans Toute référence à Julien Gracq n'est que du hasard | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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