« DCLXXIV. - Putain de chieuses égocentriques !!! | Page d'accueil | DCLXXVI. - En rentrant, en notant (tizeure). »

30.07.2008

DCLXXV. - Liste de lectures.

i. La Peste noire : grandes peurs et épidémies, 1345 - 1730, de William Naphy et Andrew Spicer. Brusquement, je me suis mis à avoir des fringales de mort noire, des envies de bubons, des pulsions de charniers. C'est en tout cas un livre vraiment intéressant, même pour le néophyte nul en histoire que je suis. Les dernières pages, sur la peste de Marseille, m'ont même pas mal tracassé - je me souviens avoir fait chier plein de monde à la raconter, cette peste-là.

Car à y bien regarder, les conditions qui ont mené à un taux de mortalité de 80% en plein Siècle des Lumières (alors que la peste en général c'était 25%), c'est bien uniquement parce que Marseille était une ville moderne, gérée de façon moderne. Et qu'à voir la politique qui a été menée par les élites, on se met à rêver ce qui se passerait maintenant. Y'aurait vraiment de quoi écrire, tiens.

Pour mémoire, la dernière peste en France date des années 20, et la dernière épidémie de 2004.

ii. Le Lièvre de Vatanen, de Arto Paasilinna. C'est l'histoire d'un journaliste qui renverse un levreau et s'attache à lui. Il y a de quoi faire du Disney, ça devient un drôle de périple en plein milieu de la Finlande. Chez Paasilina, il y a toujours des arbres qu'on coupe, des saunas, de la vodka et des élans qu'on chasse en plein hiver. Il y a ici aussi des ours qu'on chasse rageusement jusqu'en URSS, des incendies qu'on regarde en se baignant dans un lac, des buldozers qui atterrissent dans de drôles d'endroits, des ministres qui embarquent nus dans des hélicos, des pasteurs qui tirent sur la Croix, des huttes qu'on retape, et bien sûr des crottes de lièvre un peu partout.

Y jeter un coup d'oeil rapidement, Lecteur. 235 pages, et de la Finlande en plein été, tu vas pas faire chier.

iii. Saga d'Egill, fils de Grimr le Chauve. Parce que je me disais qu'il fallait me faire une culture livresque sur l'Islande, j'ai pécho une collection de sagas. Dans une collection qui était la seule à éditer ces curiosités, ce qui fait que j'ai acheté mon premier ouvrage relié de cuir en papier Bible, caractères Garamond et reliure violet. Et j'ai pu constater qu'en tenant une feuille, effectivement elle ne s'arrachait pas.

Quant à la saga, c'était loin, très loin, de ce que j'imaginais. Je pensais combat de de héros, haches sanglantes, chevaux qui hennissent, dieux qui font des coups en loucedé. Bah que dalle. Plus laconique tu meurs gelé sur le Hvannadalshnjùkur. Plus longuet aussi.

iv. Le Festin de Babette, de Karen Blixen. Mué mué mué. Je l'ai acheté parce que j'avais entendu parler du film. L'histoire est intéressante, on sent une pointe d'humour. Ca ne m'a pas pour autant transporté - tant qu'à fêter les joies de la chère, autant lire du Rabelais ou voir Ratatouille. Ici, c'est trop discret, trop retenu - à quand bien même on se doute que l'intérêt du livre est de faire passer, en douceur, le miracle de la bouffe dans une assemblée de protestants sectaires et grincheux. En même temps, une soupe de tortue je ne serais pas contre.

v. Tempêtes, de la même. Un brin pompeuse, cette histoire d'une troupe de théâtreux qui se retrouve coincée dans une ville du fin fond du Nord là-haut, citant bien évidemment son Shakespeare comme tout bon cultivationné du XIX°.

vi. L'Eternelle histoire, de la même. Ah bah voilà une idée qu'elle est bonne, tout de même ! Plus intéressante même que Babette - ce vieillard richissime de Hong Kong ou Shangaï qui se met en tête d'accomplir une fanfaronnade que les marins se racontent tous de bateau en bateau. Comment un jeune homme, plein de taches de rousseur, se trouve embringué dans une villa des mille et une nuits. Comment une pute sur le début n'en est pas si sûrement une que cela. Comment accessoirement on s'interroge encore définitivement sur ce qui meut le sexe féminin des femmes et les fait agir.

vii. Kafka sur le rivage, de Haruki Murakami. Anecdotique. Plus de six cent pages pour nous faire le coup du lapin qui sort du chapeau, les élucubrations vasouilleuses et le néo-Mishima (si, si, je vous assure que ça sent dans la fascination pour le sport et le nettoyage de prépuce), merci mais ça en valait pas la peine.

viii. Le Cantique de l'Apocalypse joyeuse, de Arto Paasilinna. Après toutes ces déceptions, un peu de valeur sûre ne fait jamais de mal. Bien évidemment, là encore il y a des arbres, des ours et pas mal de neige non loin de l'URSS. De toute façon, Arto il n'aime que ça, les bois et le sauna. Cette fois-ci, c'est l'affaire d'un communiste, brûleur d'églises et révolutionnaire devant l'Eternel, qui au seuil de la mort confie à son petit-fils le soin de construire... une église.

Et voilà que ça commence comme ça les catastrophes. On commence par faire une église en bois, puis un chalet pour des écolos qui savent juste faire sécher des herbes aromatiques. Puis on laboure, ou on passe la senne dans le lac. Une pasteure doyenne aux armées s'en mêle, la chef de la propreté des trains aussi. Un ours cardiaque aussi, mais c'est une autre affaire.

Le temps passe - l'histoire commence en 1992 pour se finir vers 2030. Entretemps, en-dehors du village qui fleurit de plus en plus (même si les écolos et les herbes aromatiques n'y sont pour rien), la crise économique de 2007 fait tous ses effets. Les crises boursières emportent les populations, la famine les décime, le pétrole disparaît. On voit passer quelques missiles aux traînées roses, des aviateurs arabes porteurs de bombe nucléaire en pleine Finlande, (qu'on fait exploser pour rigoler), une troupe de 40 000 femmes, pas mal de tonneaux de vendaces et encore plus de fûts de bière. Il y a aussi une Finlandaise de Nouille Orque, une cheffe de secte diplômée en art de vivre, quelques mafiosi spécialisés dans la culture d'organes humains frais, et une souris sanguinaire.

Bref, c'est bien.

ix. Le Bizarre incident du chien pendant la nuit, de Mark Haddon. Bof. Ca ferait un film bientôt que ça m'étonnerait pas.

Commentaires

C'est rafarîchissant, avant de plonger dans l'aliénation quotidienne... enfin, avant de commencer une journée de boulot, quoi...
Comment tu trouves le temps ?

Ecrit par : rosmarine | 30.07.2008

L'Eternelle Histoire a été adaptée au cinéma, sous le titre Une Histoire Immortelle, par le même type qui a fait mourir un magnat de la presse dans son palais de Xanadu.

Ecrit par : Arpad | 31.07.2008

le destin de Babette, c'était mon Danemark dans mon Eurotour. j'ai trouvé ça chiant.

Ecrit par : antoine | 10.08.2008

Ecrire un commentaire