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DCLXVII. - Histoire immédiate.

Il paraît que 600 000 personnes étaient sur le Champ de Mars pour applaudir Laurent Voulzy et Jenifer. Je précise qu'ils étaient 599 999, car moi j'étais venu pour le feu d'artifice. À pattes en plus, parce que le vélo pécho à Odéon au sortir du cinéma n'a pu trouver un logis que vers Balard, encore plus loin que chez moi tout seul personnellement que je vais bientôt quitter ces lieux.

Le programme musical annonçait bien le regard qu'ont les élites et les administrations organisatrices sur ce qui plaît ou doit plaire au public : de la daube tout-venant française, faite de sondages par SMS sur la Première ou de vieux croûtons dont on se demande comment ils arrivent à quitter le déambulateur pour faire semblant de jouer sur leur guitare, play back à donf. Même Chuck Berry, le Père Fondateur du rock, joue nettement mieux malgré ses 90 printemps.

Toute la foule aux alentours attendait le jeté de Carla sur l'antenne de la Tour, avec stripetize et effets de Patek Philippe, mais nous n'y avons pas eu droit. C'est regrettable, on aurait rigolé.

La bande-son du feu en tant que telle, aussi, montre combien les organisateurs se plantent pas mal. Bien sûr, on voulait rendre hommage à Pavarotti et la Callas, ça se sentait. Mais le public était inattentif : ça ne se sentait pas, ça se voyait. À toujours chercher la musique classique (La Grande Musique) pour les solennités, on en fait une momie que le public identifie aux trucs chiants, rasoirs, bref qu'il ne faut pas voir sauf quand c'est commenté par Naguy et que c'est Aïda au Stade de France. C'est dommage, parce qu'il y a des trucs vraiment sympatoches dans l'opéra.

Ici, plus à côté tu meurs : un petit bout d'Irlande ou de Québec (c'était du traditionnel en tout cas), à peine audible, puis direct les grands trucs franc-maçons, si, si : La Flûte enchantée, mesdames et monsieurs, et des airs recherchés (l'ouverture et Ein Mädchen truc muche) qui font faire hurler les journaux qui prétendent critiquer parce que sinon il n'y a pas d'éloge flatteur au complot judéo-maçonnique avec coup de menton et tout de même je ne suis pas raciste parce que ma femme de ménage est une juive portugaise vous voyez bien.

Nous avons ensuite eu droit à des airs tristes supposés faire solennels (pas mieux pour plomber l'atmosphère), qui devaient être tirés de Puccini ou de quelque opéra russe. Là, plus personne n'écoutait, ça jacassait à mort.

Un p'tit bout de Casta Diva et zou c'était parti dans Carmen. Raaaah, Carmen, le truc qu'on sort des cartons dès qu'on peut. Et pas n'importe quoi, hein, du sérieux : Nous marchons la tête haute, comme des petits soldats.... Pour ceux qui n'avaient pas remarqué les CRS en armure et les grillages, c'était une délicate attention de nous rappeler dans quel Etat nous vivons.

Je me souviens il y a quelques années de la solennité qu'il y avait eu à entendre Aznavour réciter Hugo. Et, plus jeune, la Fête de la Fédération. C'était autre chose.

Ce serait bien si un jour on mettait Déportivo ou Luke au programme de ce feu d'artifice. Nos dirigeants auront compris quelque chose alors.

Commentaires

  • et que dire de la chaîne de télévision qui diffuse ce concert de play-back en direct et nous offre les images du début du feu d'artifices sur le générique de fin puis coupe le direct pour nous re-diffuser un polar sans intérêt ???

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