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06.07.2008
DCLXIII. - Solidays, jour 2 : je deviens folle.
i. Endormi dans l'herbe, pendant que les Subways hurlottaient, j'ai laissé les passants m'enjamber. L'herbe, à peine réchauffée de l'averse de midi, mouillait tout juste mon dos. Le ciel était large, fait de légères rayures blanches sur un bleu à peine aussi clair. Je l'ai laissé m'envahir, les oreilles remplies de musique.
ii. J'ai fermé les yeux, tout entier de musique.
iii. Un sursaut m'a réveillé, une heure plus tard. Il se peut qu'on m'ait marché dessus.
iv. Regardé quelques jeunes personnes ; il ne s'est rien passé. L'étendue de ce qui peut éveiller mon désir reste encore sans frontière. Certes, les minets. Mais aussi ces deux blonds mal rasés, râblés, de mon âge.
v. Surprise de voir une minette me faire du gringe.
vi. Tout cela est à temporiser (1) : je reste désespérément transparent aux serveurs, barmen, barmaid et quoi que ce soit d'autre. Il me faudra toujours poirauter des heures, même sous leur nez, avant qu'ils m'adressent la parole. Toujours ils préféreront faire des mielleries à la personne cent mètres derrière moi.
vii. Tout cela est à temporiser (2) : ce défaut d'éducation qui fait que dans une file d'attente je laisse presque un bon mètre devant moi pour ne pas gêner incite régulièrement les sacs à main à me passer devant, poser leur verre à binouse sur me comptoir et réclamer une autre tournée. Le pire étant le sac à main en perles importé de Katmandou, qui lorsqu'il se retourne me regarde dessus ses lunettes carrées et son nez épais avec un air de commisération.
viii. Tout cela est à temporiser (3) : cette même pratique, de chercher à avoir de l'espace autour de moi, pose problème en salle de concert. Tout le monde repère la place, et soit en quelques minutes j'ai une horde de prépubères qui s'y pousse de l'épaule et me fout des coups d'épingles à cheveux dans le ventre, soit la zone sert de lieu de passage, et c'est un incontournable et certain défilé.
ix. Tout cela est à temporiser (4) : pour me venger, j'ai écrasé deux pieds.
x. Quels concerts, doux Jésus. Je me suis quand même trémoussé du bassin sur I will survive.
xi. Plus tard, bien plus tard, dans la rue : trois révolutionnaires de pacotilles, vautrés, qui boivent. Un vieux beau passe, ils lui rigolardent "J'aime la bitte, j'aime la bitte." L'autre lisse ses cheveux et accélère.
xii. C'est mon tour. Ils braillent "Homme à lunettes, homme à quéquettes. Homme à lunettes, homme à quéquettes". Je ne sais pas pourquoi, je me retourne : "Ca, au moins c'est vrai. Tu veux tester que je t'enfile ?" Ils piquent un fard. C'aura été mon instant de gloire.
ii. J'ai fermé les yeux, tout entier de musique.
iii. Un sursaut m'a réveillé, une heure plus tard. Il se peut qu'on m'ait marché dessus.
iv. Regardé quelques jeunes personnes ; il ne s'est rien passé. L'étendue de ce qui peut éveiller mon désir reste encore sans frontière. Certes, les minets. Mais aussi ces deux blonds mal rasés, râblés, de mon âge.
v. Surprise de voir une minette me faire du gringe.
vi. Tout cela est à temporiser (1) : je reste désespérément transparent aux serveurs, barmen, barmaid et quoi que ce soit d'autre. Il me faudra toujours poirauter des heures, même sous leur nez, avant qu'ils m'adressent la parole. Toujours ils préféreront faire des mielleries à la personne cent mètres derrière moi.
vii. Tout cela est à temporiser (2) : ce défaut d'éducation qui fait que dans une file d'attente je laisse presque un bon mètre devant moi pour ne pas gêner incite régulièrement les sacs à main à me passer devant, poser leur verre à binouse sur me comptoir et réclamer une autre tournée. Le pire étant le sac à main en perles importé de Katmandou, qui lorsqu'il se retourne me regarde dessus ses lunettes carrées et son nez épais avec un air de commisération.
viii. Tout cela est à temporiser (3) : cette même pratique, de chercher à avoir de l'espace autour de moi, pose problème en salle de concert. Tout le monde repère la place, et soit en quelques minutes j'ai une horde de prépubères qui s'y pousse de l'épaule et me fout des coups d'épingles à cheveux dans le ventre, soit la zone sert de lieu de passage, et c'est un incontournable et certain défilé.
ix. Tout cela est à temporiser (4) : pour me venger, j'ai écrasé deux pieds.
x. Quels concerts, doux Jésus. Je me suis quand même trémoussé du bassin sur I will survive.
xi. Plus tard, bien plus tard, dans la rue : trois révolutionnaires de pacotilles, vautrés, qui boivent. Un vieux beau passe, ils lui rigolardent "J'aime la bitte, j'aime la bitte." L'autre lisse ses cheveux et accélère.
xii. C'est mon tour. Ils braillent "Homme à lunettes, homme à quéquettes. Homme à lunettes, homme à quéquettes". Je ne sais pas pourquoi, je me retourne : "Ca, au moins c'est vrai. Tu veux tester que je t'enfile ?" Ils piquent un fard. C'aura été mon instant de gloire.
02:25 Publié dans Toute référence à Julien Gracq n'est pas du hasard | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note


Commentaires
Beau regard sur le spectacle de la vie moderne qu'on vit.
Ecrit par : syl | 06.07.2008
Effectivement, d'après le Robert, "bite" ou "bitte", avec deux T.
Mais tu avoueras, chez Xana, que si c'est voulu, c'est d'une afféterie consommée...
Ecrit par : rosmarine | 07.07.2008
C'est même pô de la pose. C'est simplement que plus c'est long, meilleur c'est. Voyons !
Ecrit par : Xanadu | 07.07.2008
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