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07.05.2008

DCXXIX. - Nouage de cravate.

On entend les voitures qui s'égrenent vers la place Mousinho de Albuquerque. Le ciel est humide, lavé à travers la fenêtre de l'hôtel. D'où je suis, cette fois, je ne vois pas la brume de l'Océan. Une mouette tout juste esquissée passe rapidement, floue et grise, sur l'immeuble d'en face et les ferronneries de la loggia.

Je tire la cravate de la chaise, allume distraitement la télévision aux 47 chaînes, toutes d'information, locales ou anglo-saxonnes. Beaucoup de vide, ou du ridicule sur la BBC, sans compter les telenovelas qui font fureur ici. Les trois chaînes musicales passent des choses inutiles, avec mijaurées ou proto-bad-boy section emo. Je laisse des doigts courir sur un clavier, ce doit être du Chopin, pour aller jusqu'au miroir.

J'en suis au deuxième essai, quand de simples accords arrêtent ma main. Une voix pure et légère s'élève, puissante, parfaite impériale sur les frottements imparfaits de l'orchestre.

Je suis grand, je me contente de déglutir et de me retourner vers l'écran. Il est beau, brun, et sur le blanc de la chemise on devine les premières marques de la barbe. Cela a dû être pris le soir, comme souvent. Sa voix claire pleure les larmes de Rinaldo, et moi je le regarde. Emu.

Ce soir, une jeune fille a sautillé dans la rue, chantant Porque te vas.

Commentaires

Hoy en mi ventana brilla el sol, y el corazón
Se pone triste contemplando la ciudad
Porque que te vas,
Como cada noche desperté pensando en ti
Y en mi reloj todas las horas vi pasar
Porque te vas.

Todas las promesas de mi amor se irán contigo
Me olvidarás, me olvidarás
Junto a la estación lloraré igual que un niño,
Porque te vas, porque te vas,
Porque te vas, porque te vas...

Bajo la penumbra de un farol
Se dormirán todas las cosas
Que quedaron por decir se dormirán
Junto a las manillas de un reloj esperarán
Todas las horas que quedaron por vivir, esperarán.

Ecrit par : cyrille | 12.05.2008

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