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21.04.2008
DCXXIII. - Oh, trois fois rien.
14h. - Digérant le café, je fais un tour sur le site de l'AFP, assis sur une boîte de dynamite. La nouvelle vient de tomber, elle me coupe un peu le souffle. Mes petits camarades lèvent la tête de leur trou, on arrête de creuser jusqu'au coffre-fort de la banque, et ça commence à bavasser grave.
Pas la peine de chercher la nouvelle : à l'heure où je l'écris, l'AFP l'a déjà ôtée. Figaro rase toujour aussi bien et fait des rouflaquettes à la mode du siècle passé, puisque vous apprendrez les drames du PSG et la merdaille du Dalaï-Lama (hé, hé, c'est qu'on est trop contestataire, hein !), l'Humanité suit de peu avec un encard sur mai-68 ("ah, ça ira, ça ira, ça ira"), Libération s'étonne des manifs commandées contre notre bon pays dans l'Empire du Milieu en vantant les mérites du fiston Poilâne, Politis parle de catastrophes (ralalah, la crue de 1911, hein !), Rue 89 d'ascenseurs, La Tribune des derniers joujous du Baron avec Wendel, et Les Echos font de même. Le Monde n'en parlons pas. Et pourtant Dieu sait qu'elle était vraiment krobien, la lettre qu'il a écrit, Not'Bon Président. Du Hugo, je vous dis ! Mieux, même : du Guy Mocquet.
Ce n'est qu'en farfouillant dans les tréfonds, que je trouve un tout petipetipetit encart. Vous allez me dire : les Rosbifs ont décidé de claquer soixante-six milliards d'euros pour soutenir leurs banques qui ont un rhume, et alors ?
Bah c'est simplement même pas un scandale. C'est juste l'aboutissement de tout ce pour quoi vous avez voté, bande de nazes, depuis plus de dix ans. C'est la déresponsabilisation la plus complète qui soit.
Remarquez, depuis les connneries de Bouton, qui a liquidé ses positions frauduleuses (si, si, ses positions, car le PDG d'une boîte est l'unique responsable de l'activité d'icelle) en pleine crise boursière, juste après le lundi noir du 21 janvier, et qui a été maintenu à son poste par le conseil d'administration de la Sogé, on est habitué à ça, hein. 66 milliards d'euros, c'est tout juste 14 sur l'échelle de Bouton (comme dirait le Canard). Après tout, entretemps on s'est amusé à nationaliser la Bear Sterns chez les bouffeurs de hamburgers-mayo et de sales cocos qui nationalisent, alors on n'est plus à mal, hein.
C'est qu'ils vont mal les marchés. Oulalah. C'est vrai qu'ils n'ont jamais été aussi volatiles, que toutes les banques elles ont la pétoche. Quand vous regardez la courbe des taux d'intérêt, elle est complètement à l'envers : ça coûte plus cher d'emprunter sur deux jours que dix ans, tellement les banques ont peur que leur contrepartie fasse défaut. Après tout, les banques sont innocentes, hein : jamaijamaijamais elles n'ont été à l'origine de la bulle spéculative et immobilière qui éclate doucement comme un prout bien nauséabond depuis l'été.
Je suis prêt à parier que c'est un complot, que Ben Laden dans sa grotte il a envoyé le Mollah Omar sur sa brèle avec plein de petits junk bonds et autres subprimes, et qu'il les a glissés insidieusement dans les bilans des banques. Ca tiendrait qu'à moi, je guatanamoiserais toute une population histoire d'être sûr.
Bref, comme dans le bon vieux 1929 de nos livres d'enfance, les banquiers ont joué, et oublié que le risque était la contrepartie du rendement. Et que plus ça rapporte, plus c'est risqué. C'est comme le mariage ou le gratin dauphinois quand c'est moi qui le cuisine. Panique à bord : rah, on a fait une connerie. Enfin, là, c'est une moisson, format maïs géant de Mosanto.
Et kékèlnoufé la Bank à Lizbeth ? Bah, elle dépense juste 66 milliards pour réparer les conneries des banques. Mais bordel elle a pas compris qu'elle soutient cette putain de bulle spéculative ? Elle entrave pas qu'elle supprime tout aléa moral ? Elle cogite pas que l'argent qu'elle dépense est celui du contribuable, et qu'après elle va encore sortir aux bouffeurs de pizza au spaghetti qu'il faudra se serrer la ceinture, rolalah si vous saviez comme c'est dur et qu'on souffre avec vous, tout en venant nous faire chier sur la zone euro ?
66 milliards, non mais vous vous rendez compte. Même moa, qui braaaaasse des millions et mets dans de jolis fichiers Excel des chiffres à neuf zéro, jamais j'ai osé allé aussi loin. Je m'imagine même pas ce que c'est, 66 milliards volés au pékin pour renflouer les conneries des top management mondiaux.
Franchement, je vais me faire pédégé. Ou trédeur. Lorsqu'il y aura du pognon, je hurlerai qu'il faut laisser faire la libre entreprise et les bons mécanismes hyper-trop-régulateurs de la mort qui tue du marché. Et puis quand y'aura un pépin, de toute manière je serai pas responsable de mes actes, hein, puisqu'il y a toujours une bonne poire pour payer à ma place.
Trois fois rien : 66 milliards.
Et ce n'est que le début.
Pas la peine de chercher la nouvelle : à l'heure où je l'écris, l'AFP l'a déjà ôtée. Figaro rase toujour aussi bien et fait des rouflaquettes à la mode du siècle passé, puisque vous apprendrez les drames du PSG et la merdaille du Dalaï-Lama (hé, hé, c'est qu'on est trop contestataire, hein !), l'Humanité suit de peu avec un encard sur mai-68 ("ah, ça ira, ça ira, ça ira"), Libération s'étonne des manifs commandées contre notre bon pays dans l'Empire du Milieu en vantant les mérites du fiston Poilâne, Politis parle de catastrophes (ralalah, la crue de 1911, hein !), Rue 89 d'ascenseurs, La Tribune des derniers joujous du Baron avec Wendel, et Les Echos font de même. Le Monde n'en parlons pas. Et pourtant Dieu sait qu'elle était vraiment krobien, la lettre qu'il a écrit, Not'Bon Président. Du Hugo, je vous dis ! Mieux, même : du Guy Mocquet.
Ce n'est qu'en farfouillant dans les tréfonds, que je trouve un tout petipetipetit encart. Vous allez me dire : les Rosbifs ont décidé de claquer soixante-six milliards d'euros pour soutenir leurs banques qui ont un rhume, et alors ?
Bah c'est simplement même pas un scandale. C'est juste l'aboutissement de tout ce pour quoi vous avez voté, bande de nazes, depuis plus de dix ans. C'est la déresponsabilisation la plus complète qui soit.
Remarquez, depuis les connneries de Bouton, qui a liquidé ses positions frauduleuses (si, si, ses positions, car le PDG d'une boîte est l'unique responsable de l'activité d'icelle) en pleine crise boursière, juste après le lundi noir du 21 janvier, et qui a été maintenu à son poste par le conseil d'administration de la Sogé, on est habitué à ça, hein. 66 milliards d'euros, c'est tout juste 14 sur l'échelle de Bouton (comme dirait le Canard). Après tout, entretemps on s'est amusé à nationaliser la Bear Sterns chez les bouffeurs de hamburgers-mayo et de sales cocos qui nationalisent, alors on n'est plus à mal, hein.
C'est qu'ils vont mal les marchés. Oulalah. C'est vrai qu'ils n'ont jamais été aussi volatiles, que toutes les banques elles ont la pétoche. Quand vous regardez la courbe des taux d'intérêt, elle est complètement à l'envers : ça coûte plus cher d'emprunter sur deux jours que dix ans, tellement les banques ont peur que leur contrepartie fasse défaut. Après tout, les banques sont innocentes, hein : jamaijamaijamais elles n'ont été à l'origine de la bulle spéculative et immobilière qui éclate doucement comme un prout bien nauséabond depuis l'été.
Je suis prêt à parier que c'est un complot, que Ben Laden dans sa grotte il a envoyé le Mollah Omar sur sa brèle avec plein de petits junk bonds et autres subprimes, et qu'il les a glissés insidieusement dans les bilans des banques. Ca tiendrait qu'à moi, je guatanamoiserais toute une population histoire d'être sûr.
Bref, comme dans le bon vieux 1929 de nos livres d'enfance, les banquiers ont joué, et oublié que le risque était la contrepartie du rendement. Et que plus ça rapporte, plus c'est risqué. C'est comme le mariage ou le gratin dauphinois quand c'est moi qui le cuisine. Panique à bord : rah, on a fait une connerie. Enfin, là, c'est une moisson, format maïs géant de Mosanto.
Et kékèlnoufé la Bank à Lizbeth ? Bah, elle dépense juste 66 milliards pour réparer les conneries des banques. Mais bordel elle a pas compris qu'elle soutient cette putain de bulle spéculative ? Elle entrave pas qu'elle supprime tout aléa moral ? Elle cogite pas que l'argent qu'elle dépense est celui du contribuable, et qu'après elle va encore sortir aux bouffeurs de pizza au spaghetti qu'il faudra se serrer la ceinture, rolalah si vous saviez comme c'est dur et qu'on souffre avec vous, tout en venant nous faire chier sur la zone euro ?
66 milliards, non mais vous vous rendez compte. Même moa, qui braaaaasse des millions et mets dans de jolis fichiers Excel des chiffres à neuf zéro, jamais j'ai osé allé aussi loin. Je m'imagine même pas ce que c'est, 66 milliards volés au pékin pour renflouer les conneries des top management mondiaux.
Franchement, je vais me faire pédégé. Ou trédeur. Lorsqu'il y aura du pognon, je hurlerai qu'il faut laisser faire la libre entreprise et les bons mécanismes hyper-trop-régulateurs de la mort qui tue du marché. Et puis quand y'aura un pépin, de toute manière je serai pas responsable de mes actes, hein, puisqu'il y a toujours une bonne poire pour payer à ma place.
Trois fois rien : 66 milliards.
Et ce n'est que le début.
21:14 Publié dans Actualité et indignations diverses. | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note


Commentaires
Si vous faites trédeur, alors épousez-moi.
Parce que j'aimerais savoir ce que c'est que d'être entretenu.
Ecrit par : gin | 28.04.2008
Bon dieu de bon dieu ce que je peux être d'accord ! il faut noter, en plus, l'énOOOOrme hypocrisie de ces dirigeants qui vous assènent à longueur de discours que c'est le marché qui régulera tout, qu'il faut "laisser faire, laisser aller". L'argument n'est bon que lorsqu'il faut renflouer les comptes sociaux. Les banques, elles...
Bon puis moi aussi je veux bien me marier (au Pays Bas, il paraît que ça peut se faire...)
Ecrit par : ouam-chotte | 03.05.2008
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