« DLXXXVIII. - En rentrant, en mangeant. | Page d'accueil | DXC. - Raté. »

01.03.2008

DLXXXIX. - Listes de (lectures ?).



Derniers films vus :

i. Into The Wild, de Sean Penn. Ou comment la triple référence (un film sur un type qui lisait Thoreau qui parlait de Walden se baladant dans les bois) en vient à faire une oeuvrette qui détruit pas mal le mythe du retour à la nature et le beatnickage cheap ou pas cheap qu'on a tous envie de faire un jour. En même temps, l'Alaska, quelle idée. Mais à voir - même si ce n'est que pour la scène de chasse à l'élan, pauvre bête. Je ne vous dirai pas la fin, sauf que plus riche en humour noir, je ne connais pas.

ii. Sweeney Todd, de Tim Burton. Ouais, bon, on a compris, c'est un Tim Burton, ça se voit à la photo. Y'a deux-trois scènes bien glauques (quand les cadavres tombent et craquent), une musique pas convaincante, et, sorti de ça ?

iii. No Country For Old Men, de de Joel et Ethan Coen. Jamais lu de Cormac McCarthy, mais si on est aussi largué après ses livres que ce film, je me demande s'il atterrira dans ma bibliothèque. Ce film est une surprise. C'est tout ce que je peux en dire. Je serais infoutu de dire où il va, quelle est son histoire. Pas celle de la cavale de Llewelyn, ni de sa chasse par le terrifique Javier Bardem. On sent qu'il y a quelque chose d'autre qui se passe et on est bien incapable de recoller les morceaux. Mais on reste séché. Collé. Vissé.

iv. Juno, de Jason Reitman. Juno est une gamine avec une langue qu'elle a oublié de laisser dans sa poche, et qui couche (coucher ? sur un fauteuil ?) avec Bleeker simplement parce qu'il porte des shorts jaunes. Que voulez-vous : l'idée de ses couilles sautant au rythme de la course la fait rêver. Sauf qu'elle tombe enceinte, et avec ça Reitman fait une de ces petites perles qui enjolivent l'année et l'hiver. C'est bien simple, tout le monde est largué et fait de son mieux - entre le couple stérile qui se demande comment survivre, la belle-mère qui se console en collectionnant les images de chien, le musicos reconverti dans la ritournelle publicitaire, la copine qui est contre l'avortement et celle qui a du mal à dire à ses parents qu'elle est "sexuellement active". Je crois que je le reverrais avec plaisir.

v. Le très dispensable Jumper, de Doug Liman. On peut se rincer l'oeil avec Max Thieriot (David jeune) et un peu moins avec Hayden Christensen (avant l'opération darkvadorienne - c'est vraiment dur de l'imaginer sans bâton qui fait zzzzzzoum-zzzzzzzoum). L'histoire ne tient pas debout, la seule trouvaille est la légère sur les murs quand môssieur Christensen sôte. Du rinçage d'oeil, je vous dis, mesdames et messieurs les jurés, public chéri mon amour.

vi. Enfin, There Will Be Blood, de Paul Thomas Anderson, dont je reviens. Je pense que l'utilisation d'une musique très largement pompée sur Pärt (qui est crédité pour une de ses oeuvrettes à cordes), si elle essaie de renouveler le genre employé pour les ouèsse-ternes, n'est peut-être pas toujours du meilleur effet. Dieu que ça ralentit l'action, surtout au début. C'est un film fait en longueur, qui trace la vie d'un exploitant de pétrole. Le rêve américain dans toute sa splendeur : from rags to riches, simplement. Avec la déchéance morale qui s'ensuit, du millionnaire dans son château à la fin.

Toute référence à Citizen Kane est bien évidemment une stricte coïncidence.

Ceci étant, quand on a un thème, même rebattu, tout dépend de ce qu'on va en faire. Et j'avoue, qu'en-dehors de la musique - à hurler, donc - ce film est vraiment intéressant. Quelques faiblesses : la confusion au début des frères jumeaux, Eli et Paul - les acteurs qui ne vieillissent pas. Des forces : il y a bien évidemment l'oeil droit de Daniel Day Lewis, qui a dû se faire pâmer Télérama (les abonnés nantais en parleront mieux que moi, donc). Il y a des scènes qui valent le coup - la scène finale notamment. Il y a surtout Paul Dano, qui d'année en année devient un acteur impressionnant. Je me souviens de ses troubles débuts dans L.I.E. (film que j'étais allé voir, un peu honteux, dans une salle cachée du Quartier Latin, en même temps que Krampack), vous vous rappelez sans doute son Dwayne dans Little Miss Sunshine. Ce garçon, ma foi, est à suivre ; ici, dans son rôle d'illuminé baptiste qui se prend pour le troisième prophète jusqu'au plus profond de l'abjection, il est vraiment grand.


Commentaires

"Jamais lu de Cormac McCarthy" : lis la Route, j'ai adoré (et je lirai Tous à Zanzibar. Je n'ai lu que le Troupeau aveugle).

Ecrit par : antoine | 08.03.2008

Ecrire un commentaire