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26.02.2008

DLXXXVII. - Afrique du nord, à une certaine heure.



Lui. - Vous avez fait cette école ? Vous en êtes sorti en quelle année ?

Moi. - Heu ? 'ttendez. Vers 2003, je crois.

Lui. - Ah ! Moi, c'était en 1999. On n'aurait pas pu s'y rencontrer, alors.

Unités : quelque part en Afrique du nord, vers neuf heures du soir.





Situation : un aéroport ultra-moderne, non loin de l'océan Atlantique, perdu dans une plaine de champs à peine verdis par le matin. Le ciel, qu'on voit à travers les verrières, est légèrement brumeux - on devine des restes de rosée, ou plutôt d'humidité de la nuit posée comme un film à peine gras, sur quelques carlingues.

Par intermittence on entend le vrombissement de l'air, brassé par de lourdes ailes, sans que les avions au sol ne semblent bouger. Quelques annonces au micro résonnent, un homme pas encore totalement réveillé se dirige vers une porte, le précieux billet en main. Plus loin, des groupes impatients s'agitent sur des fauteuils en moleskine grisâtre, surveillant d'un cou tordu l'écran qui décidément n'annonce pas l'embarquement - on va être en retard, peut-être est-il annulé.

Derrière les barrages de la police, et de la douane, on devine l'agitation des bagagistes en uniforme crème. Il est tôt, cependant : peut-être six heures. Les duty free n'ont pas encore ouvert, un couple cherche de quoi manger. Les croissants pourtant n'ont pas été livrés, et la machine à orange ne fonctionne plus. Des enfants rêvent devant les vitres, ou au pied de leur père main sur la voiture en plastique. D'autres hurlent.

En somme il ne s'agit jamais que de l'agitation universelle de n'importe quel aéroport moderne, comme il n'y en pas en France et un peu plus ailleurs.

Dans la cohue du hall, il y a un de ces nombreux piliers de soutènement, recouverts d'une marqueterie d'acier. Dessus, un plan d'évacuation a été gravé dans un plastique brillant et blanc.

Un homme de trente ans s'arrête devant et se dandine, se frottant les hanches, tendant son T-shirt entre ses paumes. Il baisse la tête, prend une respiration face au pilier. Puis il sort un bonnet de laine, dont il coiffe son crâne noir et lisse. Il se déchausse et se met à prier.

L'hôtesse qui m'appelle pour embarquer m'empêche d'être ému.

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