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20.02.2008
DLXXXI. - Melancholia.
Aucun esprit ne se prendrait à regarder l'horizon, ou derrière soi, pour voir des signes. Il n'y a que les inquiets qui cherchent, dans les entrailles diverses de leurs soucis, les preuves de ce qu'ils souhaitent en fin de compte arriver, comme un délassement à leur terreur par anticipation. D'autres, peut-être jaloux, croient deviner derrière eux le rampement d'une bête quelconque, qui n'est souvent que le reste du vent dans l'herbe.
Et la bête immonde, la chose qui n'a plus de nom lentement a tiré ses amples toiles d'ombre et de fumée. On ne la découvre qu'une fois pris dans les nuées obscures.
Cette fois ce n'est pas moi qui s'est trouvé glissé dans son giron.
Pendant un temps, l'infâme jalousie a ressurgi : et si on me mentait - et si on simulait pour me débarasser ? Ce ne sera pas la première fois, dans ma longue carrière de retours au célibat. Pourtant, je crois avoir été trop longtemps (parfois : encore) mélancholique pour deviner les traces du taedium.
Peut-être est-ce plein d'une candeur déclamatoire, vertueuse, dont je me satisfais à présent - peut-être que je ne tiendrais rien de tout cela - peut-être mon couple n'en sortira-t-il pas.
Pourtant, je crois que je vais l'attendre. Après tout, la coccinelle qui marche tranquillement sur mon clavier, élytres écartées, inciterait à le croire.
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