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24.01.2008
DLXXV. - Gangster ?
On découvre aujourd'hui partout la catastrophe boursière à laquelle doit faire face la Société Générale. Dans les limites de ce que l'on peut lire dans la presse publique, et de ce dont je peux donc parler, disons que...
Jérôme Kerviel, le trader accusé d'avoir fait perdre 4.9 milliards d'euros à la Sogé était selon Daniel Bouton, président de la Sogé, quelqu'un d'extrêmement compétent : "Il y a deux livres : le livre Société générale officiel dans lequel il passe des opérations pour des montants qui n'appellent pas l'attention particulièrement, parce que dans le même temps il passe (...) d'autres opérations qui annulent la première position. Les opérations passées pour dissimuler sont fictives et il a l'extraordinaire talent de les déplacer au fur et à mesure des contrôles, car il connaît le calendrier des contrôles." (conférence de presse du 24/01/2008 - source : Le Monde.fr).
C'est même quelqu'un de complètement démoniaque, capable de dissimuler des traitements sur plusieurs milliards d'euros (pour qu'il perde 4.9 milliards d'euros, il faut que les sommes investies soient de plusieurs dizaines de milliards d'euros) : dans son communiqué aux actionnaires, D. Bouton clame qu'il savait utiliser des "techniques extrêmement sophistiquées et variées."
Un truc sophistiqué, pour un trader, j'ose même pas imaginer quelle cochonceté c'était. Surtout qu'on apprend sur Le Monde.fr que ce brave monsieur intervenait sur des plain vanilla.
Moi ça me fait hurler de rire. Les plain vanilla, c'est la base de la finance. On apprend ça dès la première année quand on suit des cours sur le trading. Pour mémoire : les puts, les calls, et autres trucs commac. Même Bibi après toutes ces années à ne pas faire mumuse avec les browniens il se souvient comment ça fonctionne.
Bon, ça fait peur ?
'ttendez, 'tendez.
Selon la DRH du Groupe, M. Kerviel était "un être fragile", "sans génie particulier". La preuve ? Il touchait, primes comprises, dans les 100k€ par an, ce qui n'est pas grand'chose pour un trader de trente piges.
Et cette machiavélique médiocrité a quasi ruiné un des premiers opérateurs mondiaux (et mon banquier au passage) : le compte de résultat 2007 se prend une pomme directe de cinq milliards d'euros (sachant que c'est le résultat 2006...).
'videmment, les fondamentaux sont robustes, ragnagna, ragnagna : il était impensable qu'on communiquât autre chose - même si les agences de cotation ont passé la Sogé à un bête AA-. L'appel de capital de 5.5 milliards veut compenser la perte - et du coup la Sogé se met à la disposition d'une bonne vieille OPA de derrière les pâquerettes. Y'a une BNP qui lorgnait dessus il y a peu, et je sens qu'un bon vieux fonds d'investissement asiatique...
Le conseil de tonton Bad : achetez des actions Sogé la semaine prochaine, une fois que la cote aura perdu dans les 10% , et revendez lors de l'OPA (ou de la reprise du cours). J'dis ça, hein, j'dis rien.
Le trader ? Ah, oui, le trader. Sorti qu'il est en cavale et qu'il vient d'exploser sa vie professionnelle, moi tout ce que je peux en dire c'est qu'il montre le succès de la réforme Bâle II. Encore heureux que les assureurs vont passer à Solvency II sous peu : à mon tour je pourrai claquer les millions !
23:16 Publié dans Actualité et indignations diverses. | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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