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31.12.2007

DLXV. - Un garçon sensible.



Jusqu'à la mort de mon grand'père, la facilité qu'il avait de pleurer lorsqu'il était heureux faisait toujours sourire dans la famille. On le moquait gentiment de ça. Pas une seule fois la saint Augustin ne passait sans qu'il y ait des larmes. Même maintenant, dix ans après, je me rappelle toujours le 28 août que c'est un jour particulier.

Mon grand'père aimait beaucoup les opérettes - et les ténors.

J'ai dû hériter : il me suffit d'entendre Nessun dorma, et je pleure comme Madeleine au pied de la Croix sur mon canapé.

Soyons grand : j'ai un train à prendre.

27.12.2007

DLXIV. - Censures ?



Tous à Zanzibar, de John Brunner : pas réédité depuis quelques années, il vient enfin de ressortir...

Les Mauvais garçons, de Eric Jourdan : pas réédité, indisponible.

Un Bonheur insoutenable, de Ira Levin : pas réédité, indisponible.

Les Amitiés particulières, de Roger Peyrefitte : pas réédité, indisponible;

Des gens en voudraient à des oeuvres majeures de la Essèffe ou tout simplement du XX° français ? Penser jeunes gens de manière surannée, ou le libéralisme et la machine, ça ne se ferait plus ?

Oups, désolé, j'ai dû laisser le cerveau dans le Falcon F-HBOL, avec le pouvoir d'achat et la guerre civile au Pakistan.

26.12.2007

DLXIII. - Je demande le vote du public.



Miscellanées


i. Cela faisait une semaine que la peau me faisait de nouveau mal. Cela faisait une semaine que j'étais rentré du Portugal. Cela faisait une semaine que j'avais rangé à la va-vite ma trousse de toilette sur la baignoire. Cela faisait surtout une semaine que je me lavais avec le shampooing.

ii. J'avais demandé pour Nowel un cadeau de fête des Pères. Je l'ai eu. Le placo n'a plus qu'à trembler. Maintenant, j'ai une bwatazoutil.

iii. Et aussi une quantité astronomique de verres. Qu'on ne dise pas que je suis soûlographe : si dans le château familial j'ai déblayé l'entrée de la cave, je ne me suis pas encore décidé à acheter des caisses. Pourtant, le Croze-Hermitage et le Saint-Joseph...

iv. Je n'étais pas très pour au début, mais depuis que mes parents ont relevé le blason et le titre, y'a pas à dire, voir du sommet de sa colline toutes ses terres s'étirer, entre Alpes et Massif Central, ça a de la gueule. On y peut voir le soleil se coucher, juste derrière le cerisier.

v. Je pourrais vous faire la version Cosette. Je dirais plutôt que j'ai dormi au coin du feu, pelotonné sous des couvertures, pendant que les flammes faisaient danser des lueurs sur des mains de peinture et des éventails de pastel où se cachait "la lettre jaunie où mon aïeul respectable // à mon aïeule fit des serments surannés."

vi. Et qu'à cacabozon sur le chemin j'ai explosé pas mal de bogues à coup de bâton, extrayant les châtaignes qu'on grillerait sur le feu. Le marron qui brûle le palais et les doigts, noircis de cendre, et qu'on mange bouche ouverte pour aspirer l'air, debout et concentré de plaisir, je ne vois pas comment conclure ma phrase pour en dire du bien sinon par cette manière lamentable.

vii. La version Cosette, c'est qu'il faudrait tout de même que j'aille voir un médecin. Ronfler à ce point, et être relégué dans la grand'salle, sous les armures et autres pavois ancestraux, parce que Zaza de Napolie me menace de me supprimer les cadeaux si je continue de murmurer la charge des Walkyries op. Motörhead pour B-52 et grosse Bertha, je commence à entrevoir une éventuelle raison à mon célibat force nez.

Sur ce ? Ca vaaaaaa.






L'incipit à la mode du jour :

"L'étude de l'anatomie humaine ne se contente pas de nommer les parties du corps et d'en comprendre la fonction : elle célèbre tous les aspects physiques de l'homme en ce monde. La complexité biologique du corps humain n'a d'égale que sa perfection esthétique."

19.12.2007

DLXII. - Deportivo, Renan Luce & Tom de Myspace, j'en parlerai une autre fois.



Lui et moi nous voyons un peu moins - surtout depuis son mariage. Il a changé, ça se sent, depuis qu'il a jeté sa thèse aux orties, et rejoint le camp des gangsters à cravate. Sa voix s'est faite plus sûre, plus confiante : il est moins souvent à s'excuser, à faire des phrases alambiquées, ce qu'il faisait souvent auparavant. Il s'est affirmé.

Il est heureux.

Ce soir au téléphone il semblait excité. Il m'a annoncé qu'ils attendaient un enfant - pour juillet. Je suis vraiment content pour eux ; et moi je pourrai voir enfin un bébé de ma génération.






Moi aussi un jour je serai papa.

DLXI. - "Putain demain c'est l'hiver !"



"AYAYAYAYAYA-YA
Ce soir mon amour valse et danse AYAYAYAYAYA-YA
Demain on verra, on verra AYAYAYAYAYA-YA
Ce soir mon amour valse et lance
Des étoiles sous mes pas !
"

16.12.2007

DLX. - Le dessin du dimanche.



Alors que cette esquisse a fonctionné toute seule, pour m'aider à trouver les couleurs pour "faire" la couleur de la peau (réponse : du blanc d'argent, du carmin et du bleu de Prusse, plus quelques ocres et terres), je bloque comme pas possible pour la toile en cours.

Ca m'énerve.


DLIX. - Epoisses story.



Maintenant que j'entame ma troisième nuit blanche, et que mon compteur affiche la soixante-quatrième heure, bien replète, j'envisage de vous parler de la fois où j'ai croisé Tom non pas de Finlande mais de Maillespèce.

En attendant, je vous parlerai des sablés danois à deux euros.

Les sablés danois à deux euros sont vendus pour cause de crise des subprimes américaines et des massacres d'oies malades du foie pour la plus grande gloire de la gastronomie phrôncèse - ainsi que la rotondité de ma gidouille - sous la forme de boîtes de fer-blanc dont il faut choisir la moins ornée pour qu'elle soit pratique.

Une fois la boîte de fer-blanc, choisie comme la moins ornée, vidée de son contenu de sablés danois à deux euros dont on peut s'engouffrer lors des petits déj's-tisanes du soir (il y a un stade dans la nuit où l'on ignore pour quelle raison l'on mange, et si le peignoir qu'on porte est celui du réveil ou celui du couché, car oui j'ai deux peignoirs), vous pouvez avoir un sursaut d'idée et ranger dedans l'époisses et le pecorino au poivre, juste à côté du ballotin de chèvre aux airelles.

Alors vous pourrez consciencieusement repasser, errer, bouquiner, puis manger votre soupe d'oignons et de vin de Porto tandis que le fromage, lentement, arrive à température ambiante, sans que la pièce embaume.

Vous le savez, et rien que ça c'est un plaisir.

Puis l'époisses sur une bête baguette, c'est comme je suce en culottes de velours.

Demain : pot au feu. Ca a déjà mitonné. Célibataire et gras, certes , mais nourri, nondidiou.

15.12.2007

DLXVIII. - Cinquante-cinquième heure.



Dans un moment vaseux, lavant le énième bol de thé, je repensais à cet échange dans l'avion. Oyez, oyez.

Badinou, par-dessus son livre. - Tiens, tu as un lecteur de film ? Je connaissais pas.

Collègue, par-dessus son outil. - Oui. C'est pratique, surtout à l'hôtel.

Badinou. - Tu regardes quoi ?

Collègue. - Heroes. Tu connais ?

Badinou. - Entendu parler. Tu sais, j'en suis tout juste à découvrir Six Feet Under. Faut me laisser le temps.

Collègue. - C'est une histoire de types qui ont des superpouvoirs.

Badinou. - Oh. Génial.

Collègue. - Ca te dirait pas d'avoir des superpouvoirs ?

Badinou. - Euuuuh.

Collègue. - Je sais pas. Lire dans les pensées des autres...

Badinou. - Chuis pas sûr que ce soit si intéressant. Y'a de quoi devenir fou. Ou dépressif, quand on s'aperçoit qu'en fait personne ne pense.

Collègue. - Faut un bouton on-off, mais ce doit être vraiment sympa. Si tu pouvais, tu voudrais avoir quoi comme superpouvoir ?

Badinou, du tact au tact. - Avoir le pouvoir de séduction. Ou être aussi génial que Michel-Ange.

C'est dire ce qui me préoccupe.

DLXVII. - Les dingues et les paumés



Ici j'entame ma quarante-huitième heure éveillé. Je pense que je vais tenter de lire, peut-être. C'est que le soleil approche.


DLXVI. - Citation d'une nuit d'insomnie.



"À vrai dire, l'art n'est pas quelque chose qui existe en soi. Il n'y a que des artistes, des hommes et des femmes qui ont reçu ce don merveilleux d'équilibrer des formes et des couleurs jusqu'à ce qu'elles sonnent juste et - ceux-ci sont plus rares - qui possèdent cette intégrité de caractère qui ne peut se satisfaire de demi-solutions, qui renoncera toujours aux effets superficiels, aux succès faciles pour leur préférer le labeur harassant d'un travail sincère. Des artistes, il en naîtra toujours. Mais que l'art continue d'exister, cela dépend aussi, dans une mesure qui n'est pas négligeable, du public, de nous-mêmes. Notre indifférence ou notre intérêt, nos préjugés ou notre compréhension pèsent sur l'issue de l'aventure. C'est à nous de veiller à ce que le fil de la tradition ne se rompe point et à ce que des possibilités restent ouvertes aux artistes d'ajouter encore à cette précieuse rangée de perles que le passé nous a laissée en héritage."

Sir Ernst H. Gombrich, Histoire de l'art, Phaidon, 27, p. 462.

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