Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Hors numérotation : Show No Mercy (test).



    Je veux tenir une fois dans ma vie le patximaniaque extrémiste dans mes bras, et l'embrasser sur la joue, avant de m'endormir contre lui.

    On a les phantasmes qu'on peut. En plus il doit bouger sans arrêt en rêvant.

    Sur ce : encore une semaine au Portugal. Apta semana a todos.

  • DLVII. - Autre dessin du dimanche : Eric.



    Je me souviens de cette photo. Je l'ai toujours aimée, parfois griffonnée. Nous venions juste de nous séparer ; il s'était coupé les cheveux ; il essayait un boa bleu.


  • DLV. - En cuisinant, en déprimant.





    Mur, cuisinière, serviette, couteau, torchon,
    boîte à thé, verre à vodka, potiron.



  • DLIV. - Car toutes ces images masquent à peine qu'on pense.


    Et que je reconnais, si je mets autant d'images ces temps-ci, et peu de texte, avoir beaucoup trop de pensées égoïstes en tête. Je ne dors pas. Je réfléchis, je dessine. Je ne fais rien.

  • DLI. - Style bac euh gaine from' Porto.



    Aussi étrange que cela paraisse, on se met à apprécier le pavé de boeuf au café, et à attendre la francesinha hebdomadaire...

    Ouiquennede éclair dans cette chère Phrânce, avant de retourner en Lusitanie : ça va être la course, aussi, je ne fais que vous saluer, ô Lecteur qui m'est aussi cher que ma première IST.

  • DL. - En travaux (pour la semaine)










    L'incipit, sans Sire Constance :

    "Frédéric Moreau, nouvellement reçu bachelier, s'en retournait à Nogent, où il devait languir pendant deux mois avant d'aller faire son droit.

    - Raconte-moi.

    J'essaye de faire comprendre à mon ami le proxo que mon albanais est trop rudimentaire pour lui raconter un livre dans lequel il ne se passe rien.

    - C'est en 1840.

    - Et alors, fait-il, vexé ?

    Il croit que je le snobe et il boude.

    Je me lance dans une traduction libre à partir de la centaine de mots qu'il m'a appris depuis que partage sa cellule. De toute façon, il n'y a rien de mieux à faire. Aujourd'hui il pleut si fort dehors qu'il est impossible de sortir en promenade.

    - Un homme voit un jour femme qui est mariée et il aime femme qui est mariée et attend toute sa vie femme.

    - Elle s'appelle comment ?

    - Mme Arnoux.
    "

  • DXLIX. - Pointure : 43. Kilométrage : 20.



    Quand il n'y a pas de métro et qu'on a pas mal de choses à faire, il reste peu de solutions au piéton... Si ce n'est pleurer sa race et prendre des chaussures de marche.

    Alors c'est parti pour un périple de plusieurs heures, et absolument pas rationnel : Javel - Châtelet - Montparnasse - Luxembourg - Boulevard Voltaire et retour. Mappy m'annonce fièrement que j'ai fait vingt kilomètres à pattes. Vous comprendez qu'au retour j'ai triché et pris le taxi.

    Il faut déjà partir, et arrêter de s'amuser avec le p'tit muret en bas de chez moi.



    Tout peut commencer dans un magasin rue du Commerce. Prière de ne pas rire.



    Je vous fait grâce de la tour Feiffèle, quoi qu'elle fût très belle, et je m'arrête aux Invalides, où un Pandore fait enfin son boulot en réparant la trotinette d'un môme.



    Et on se trouve dans la cour des Invalides. Inondée du soleil rasant de novembre.



    J'ai trouvé cette jeune fille très belle...



    Là commencent les classiques : on traverse la Seine.



    Et, après les Tuileries, la Cour Carrée. J'l'aime toujours autant.



    Sous les arcades, rue de Rivoli, on se prend à rêver sur un dos.



    Deux-trois courses faites, on s'affale rue Quincampoix.



    Une Britiche s'entraîne au french kiss, un Français à l'accent.



    Un bon paquet de minutes plus tard, rue de Rennes, où la Tour semble se dresser comme un iceberg dans la brume.



    Autre course faite, on commence à craquer et on se trouve au Luco.



    La maréchaussée siffle, le soleil se couche.



    On s'en va alors poser ses fesses le long de la Seine. Les derniers rayons éclairent Notre-Dame.



    Et je suis toujours songeur devant elle.



    Ce qui me permet de jouer au Monte-Cristo.



    Au soir, Paris a un air de carte postale.



    Et les tabliers des ponts semblent des traits faits au noir par un dessinateur.



    Bref, on s'égare entre la place Blum et l'avenue Ledru-Rollin pour atterrir au café du Ba-Ta-Clan. Crevé suffisamment pour être béat, stupide et sot devant une sucrerie.



    Il n'y a plus qu'à finir la soirée avec Pierre.



    Pierre Lapointe.


  • DXLVIII. - Malgré tout.



    J'ai beau régulièrement faire le fanfaron : je suis seul, et depuis un mois je me sens vraiment très seul.

  • DXLVIII. - Malgré tout.


    J'ai beau régulièrement faire le fanfaron : je suis seul, et depuis un mois je me sens vraiment très seul.

  • DXLVII. - Touffe.



    Au printemps, j'ai eu la vague envie d'héberger des plantes. Avec ma faculté notoire de massacrer tout ce qui est à chlorophylle, du chewing-gum aux poireaux du frigo en passant par l'avocat qui n'en finit pas de mûrir, il n'a pas fallu long temps pour que les feuilles piquent du bec, deviennent mollassonnes ou raidasses, pendant leur solitude sur un rameau qui s'assèche, tombant finalement.

    Le ficus mourra sous peu, et les tigeasses vertes à côté du fauteuil ne vont pas tarder à me restituer le seau à champagne où je les avais plantées. À croire que je les ai assassinées de stress : j'ai acheté il y a peu deux bouteilles de tout-venant.

    Sous le ficus, il y a un plat à apéritif, que j'ai mis là à défaut d'autre chose. C'est un ensemble de plats carrés, en porcelaine blanche, sur un plateau de bois noir. L'un des plats contient le pot du ficus, les autres de quoi vider mes poches.

    Le plateau à côté de la lampe contient des bougies et un jeu de cartes, que je garde dans l'hypothèse où quelqu'un un jour serait suffisamment fou pour vouloir m'apprendre à jouer autre chose que la bataille. Même le rami, j'ai jamais retenu les règles. Je lui souhaite bien du courage : les cartes m'ont souvent servi de marque-page, et je crois que dans l'un des Balzac il y a encore un as de pique.

    Le plateau côté mur a des bougies ; deux sont dorées, l'autre est vieil argent.

    Dans le plus petit des plateaux il y a un briquet : lorsque je joue au grand ou que M. Bleu D***, les rares fois où il est là et qu'il est content, sort son paquet, il sert. Dessous, on trouve des pièces de monnaie d'un peu partout, la ferraille des mes voyages : du mark, du dollar, de la kuna, de la livre égyptienne...

    C'est un coin qui attrape souvent la poussière, à en avoir plein le doigt. Dans un enthousiasme qui m'étonne encore, j'ai commencé à y jouer du chiffon. J'ôtais les feuilles mortes, les bouts de cire. Et un coup dans le plateau des pièces.

    Dans la salle de bain, je nettoyais le chiffon sur la poubelle. Quand dans la poussière accrochée, j'ai vu un cheveu rouge.

    Je l'avais mis là il y a des années. C'est tout ce qui me restait d'A***, qui se teignait les cheveux. Je n'ai pas de photo, d'objet : juste trois livres, jamais rendus, et ce cheveu.

    J'en avais eu deux, au début. Je me souviens d'en avoir perdu un dans la moquette, un soir, et d'avoir fébrilement cherché, toutes lumières éclairées, en pleurant, en hoquetant. Ongles grattant la moquette.

    C'était il n'y a pas si longtemps, malgré tout. A***, dont je suis séparé depuis bien des années, est étrangement resté ma plus longue relation - et la personne avec laquelle j'ai passé le moins de temps.

    Le cheveu était perdu dans un mouton graisseux de poussière grise.

    Je l'ai pris.

    Je l'ai jeté.

    J'ai dû vieillir.

  • DXLVII. - Touffe.



    Au printemps, j'ai eu la vague envie d'héberger des plantes. Avec ma faculté notoire de massacrer tout ce qui est à chlorophylle, du chewing-gum aux poireaux du frigo en passant par l'avocat qui n'en finit pas de mûrir, il n'a pas fallu long temps pour que les feuilles piquent du bec, deviennent mollassonnes ou raidasses, pendant leur solitude sur un rameau qui s'assèche, tombant finalement.

    Le ficus mourra sous peu, et les tigeasses vertes à côté du fauteuil ne vont pas tarder à me restituer le seau à champagne où je les avais plantées. À croire que je les ai assassinées de stress : j'ai acheté il y a peu deux bouteilles de tout-venant.

    Sous le ficus, il y a un plat à apéritif, que j'ai mis là à défaut d'autre chose. C'est un ensemble de plats carrés, en porcelaine blanche, sur un plateau de bois noir. L'un des plats contient le pot du ficus, les autres de quoi vider mes poches.

    Le plateau à côté de la lampe contient des bougies et un jeu de cartes, que je garde dans l'hypothèse où quelqu'un un jour serait suffisamment fou pour vouloir m'apprendre à jouer autre chose que la bataille. Même le rami, j'ai jamais retenu les règles. Je lui souhaite bien du courage : les cartes m'ont souvent servi de marque-page, et je crois que dans l'un des Balzac il y a encore un as de pique.

    Le plateau côté mur a des bougies ; deux sont dorées, l'autre est vieil argent.

    Dans le plus petit des plateaux il y a un briquet : lorsque je joue au grand ou que M. Bleu D***, les rares fois où il est là et qu'il est content, sort son paquet, il sert. Dessous, on trouve des pièces de monnaie d'un peu partout, la ferraille des mes voyages : du mark, du dollar, de la kuna, de la livre égyptienne...

    C'est un coin qui attrape souvent la poussière, à en avoir plein le doigt. Dans un enthousiasme qui m'étonne encore, j'ai commencé à y jouer du chiffon. J'ôtais les feuilles mortes, les bouts de cire. Et un coup dans le plateau des pièces.

    Dans la salle de bain, je nettoyais le chiffon sur la poubelle. Quand dans la poussière accrochée, j'ai vu un cheveu rouge.

    Je l'avais mis là il y a des années. C'est tout ce qui me restait d'A***, qui se teignait les cheveux. Je n'ai pas de photo, d'objet : juste trois livres, jamais rendus, et ce cheveu.

    J'en avais eu deux, au début. Je me souviens d'en avoir perdu un dans la moquette, un soir, et d'avoir fébrilement cherché, toutes lumières éclairées, en pleurant, en hoquetant. Ongles grattant la moquette.

    C'était il n'y a pas si longtemps, malgré tout. A***, dont je suis séparé depuis bien des années, est étrangement resté ma plus longue relation - et la personne avec laquelle j'ai passé le moins de temps.

    Le cheveu était perdu dans un mouton graisseux de poussière grise.

    Je l'ai pris.

    Je l'ai jeté.

    J'ai dû vieillir.

  • DXLVI. - Mes lunettes sont-elles sales ?



    Un peu avec surprise, un p'tit passage rapide ès terres phrôncèses...

    Ceci étant, je me demande si je suis en état de vous narrer quoi que ce soit. Tout ce que je puis dire, c'est que j'y vois peu, et que je sais pas trop si ce sont mes lunettes qui sont sales ou quelque chose d'autre.

    Ce soir fut international : commencé avec un porto tout ce qui est du plus artisanal et contraire aux directives bruxelloises (embouteillé dans un fût de muscat de réforme, c'est dire), suivi d'un Cahors du tonnerre, ce sur quoi c'est répandu un peu de la grappa trouvée chez mon caviste. Mettez dans tout cela de la macédoine au sarrasin, un peu de dinde du commerce pour faire joli et des patates belgeoises pour relever l'estime qu'une de mes anciennes patries de coeur me porte, rapport à la première bouteille, celle de Porto sus-évoquée.

    La truande, je dis pas, mais pour la bouffistaille rien ne vaut ça. Je vous ai parlé du Salers et du camendos qui ont fait l'intérim entre la viande et les brownies et leur glace au caramel de beurre salé ?

    Avec le temps, je m'épate de ma capacité à improviser une grande bouffe avec trois cochoncetés et quelques alcools goûtus.

    Sur ce, et malgré tout...





  • DXLVI. - Mes lunettes sont-elles sales ?



    Un peu avec surprise, un p'tit passage rapide ès terres phrôncèses...

    Ceci étant, je me demande si je suis en état de vous narrer quoi que ce soit. Tout ce que je puis dire, c'est que j'y vois peu, et que je sais pas trop si ce sont mes lunettes qui sont sales ou quelque chose d'autre.

    Ce soir fut international : commencé avec un porto tout ce qui est du plus artisanal et contraire aux directives bruxelloises (embouteillé dans un fût de muscat de réforme, c'est dire), suivi d'un Cahors du tonnerre, ce sur quoi c'est répandu un peu de la grappa trouvée chez mon caviste. Mettez dans tout cela de la macédoine au sarrasin, un peu de dinde du commerce pour faire joli et des patates belgeoises pour relever l'estime qu'une de mes anciennes patries de coeur me porte, rapport à la première bouteille, celle de Porto sus-évoquée.

    La truande, je dis pas, mais pour la bouffistaille rien ne vaut ça. Je vous ai parlé du Salers et du camendos qui ont fait l'intérim entre la viande et les brownies et leur glace au caramel de beurre salé ?

    Avec le temps, je m'épate de ma capacité à improviser une grande bouffe avec trois cochoncetés et quelques alcools goûtus.

    Sur ce, et malgré tout...





  • DXLIV. - De Paris, du métro et de la zique qu'on y fait.



    Je dois à Monsieur Bleu D*** de m'avoir fait découvrir, entre nombreuses choses, la Blogothèque et ses concerts à emporter. Force m'est de reconnaître, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les membres du jury, Monsieur le Procureur, que je dois beaucoup à Monsieur Bleu D*** pour ce qui est de la musique. C'est mon petit Télérama perso, mon private Inrocks, quoi.

    Le projet est vraiment chic : ça consiste simplement à prendre des artistes, et de les faire chanter dans des lieux publics, au contact direct du tout venant... à raison d'un tous les lundi, des pointures comme Neil Hannon, Herman Düne, I'm from Barcelona sont déjà passées sous le boisseau. Y'a quinze jours, c'était le tour de Malajube.

    Et l'endroit le métro parisien.

    Pour les auditeurs de Johnny Hallydays qui nous écoutent, et les écouteurs de la Starac qui nous auditent, Malajube est tout simplement un groupe québécois qui remplit quelque chose comme le Zénith format caribou dans la Belle Province : le POP de Bercy avec la Ciccone, vous m'excuserez, mais même en rajoutant Mylène Farmer en os à moëlle pour faire paraître le ragoût plus goûtu, c'est du caca de castor.

    Pour les auditeurs de Jean-Pierre Pernod avec le Ricard qui nous écoutent, et les écouteurs de Patrick Poivre d'Arvor sans les épices qui nous auditent, le métro parisien est le métro parisien. Accessoirement, je trouve très moche le nouveau quai de la 8 à Opéra : il est devenu complètement inhumain, cinglant, insupportable (les sièges sont faits pour qu'on ne s'y assoit pas) ; le vieux format en bleu crade avait au moins quelque chose à ma mesure.

    La vidéo est affligeante : j'ai pensé qu'aussi j'aurais certainement eu mon visage de marbre.



    Et je me suis dit qu'on mettrait les Stones dans les mêmes conditions, ils auraient le même accueil. Homère lui-même viendrait épousseter de sa toge un fauteuil du métro pour s'y carrer le popotin et commencer à raconter comment qu'Achille il était vénère qu'Agamemnon lui ait chopé sa meuf qu'on pourrait pas le sentir.

    Mon Dieu, que suis-je devenu ?


  • DXLIV. - De Paris, du métro et de la zique qu'on y fait.



    Je dois à Monsieur Bleu D*** de m'avoir fait découvrir, entre nombreuses choses, la Blogothèque et ses concerts à emporter. Force m'est de reconnaître, Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les membres du jury, Monsieur le Procureur, que je dois beaucoup à Monsieur Bleu D*** pour ce qui est de la musique. C'est mon petit Télérama perso, mon private Inrocks, quoi.

    Le projet est vraiment chic : ça consiste simplement à prendre des artistes, et de les faire chanter dans des lieux publics, au contact direct du tout venant... à raison d'un tous les lundi, des pointures comme Neil Hannon, Herman Düne, I'm from Barcelona sont déjà passées sous le boisseau. Y'a quinze jours, c'était le tour de Malajube.

    Et l'endroit le métro parisien.

    Pour les auditeurs de Johnny Hallydays qui nous écoutent, et les écouteurs de la Starac qui nous auditent, Malajube est tout simplement un groupe québécois qui remplit quelque chose comme le Zénith format caribou dans la Belle Province : le POP de Bercy avec la Ciccone, vous m'excuserez, mais même en rajoutant Mylène Farmer en os à moëlle pour faire paraître le ragoût plus goûtu, c'est du caca de castor.

    Pour les auditeurs de Jean-Pierre Pernod avec le Ricard qui nous écoutent, et les écouteurs de Patrick Poivre d'Arvor sans les épices qui nous auditent, le métro parisien est le métro parisien. Accessoirement, je trouve très moche le nouveau quai de la 8 à Opéra : il est devenu complètement inhumain, cinglant, insupportable (les sièges sont faits pour qu'on ne s'y assoit pas) ; le vieux format en bleu crade avait au moins quelque chose à ma mesure.

    La vidéo est affligeante : j'ai pensé qu'aussi j'aurais certainement eu mon visage de marbre.



    Et je me suis dit qu'on mettrait les Stones dans les mêmes conditions, ils auraient le même accueil. Homère lui-même viendrait épousseter de sa toge un fauteuil du métro pour s'y carrer le popotin et commencer à raconter comment qu'Achille il était vénère qu'Agamemnon lui ait chopé sa meuf qu'on pourrait pas le sentir.

    Mon Dieu, que suis-je devenu ?