18.07.2008

DCLXX. - Homophobie ordinaire.

Contexte : Souvent, sur MSN, des inconnus me demandent à être leur ami, et demandent Anne-Sophie dans un langage châtié de première catégorie. En général, je me contente de recadrer ces gentils petits adolescents, et ils me black-listent bien rapidement sans excuse, pour aller redragouiller la pauvre Anne-Sophie qui doit mouiller sa culotte Petit Bateau en attendant que Kévin pointe son nez sur l'écran.

Le dernier dialogue avec un boutonneux (version intégrale).

Ange. - cc mn cœur c ange g msn

Xanadu. - Euuuuh ?

Ange. - tro de la bouliche nn aten je te passe ange

Ange. - c ki?

Xanadu. - Y'a pas une erreur de casting ?

Ange. - c b1 anne sophie

Ange. - ee n

Ange. - tu t apel anne sophi

Xanadu. - Euh non du tout. Olivier. Mais z'êtes pas le premier à me prendre pour une Anne Sophie. Doit y'avoir des erreurs dans vos MSN les jeunes. Revoyez vos courriels dans la cour de récré du collège.

Ange. - bn ba vu ke je sui pa PD jeten merde enculer salut

Ange. - sa te pren souven toi

Xanadu. - Dites, d'où vous sortez que je suis pédé ? Et ensuite, pourquoi le fait que je sois pédé ou pas fait que je mérite d'être insulté ? Simplement parce que vous vous êtes planté de msn ???

Ange. - ba oué si t conten moi je ten merd

Ange. - pi chui pa collégienn

Ange. – enciler

Xanadu. - Eh bien... Primaire, alors, vu l'orthographe ? Bref, le fait que vous vous êtes planté d'msn vous interdit pas la moindre des politesses

Ange. - bn ferme ta geul pi va te faire foutre enculer

Xanadu. - Non.

Xanadu. - D'abord vous allez retirer ces insultes. Sorties on ne sait d'où simplement parce que vous cherchez une Anne-Sophie dont vous avez confondu le MSN avec le mien.

Ange. - et pk

Xanadu. - Parce que vos propos sont ceux d'un petit con, d'un merdeux, et de ceux qui ont de fortes probabilités de pas avoir une vie très jouasse s'ils continuent de tenir de tels dires

Xanadu. - Tout simplement

Xanadu. - Et qu'à titre de leçon si vous voulez avoir des chances dans la vie sociale, quel que soit votre âge, vous avez intérêt à apprendre à vivre.

Dont

1/ apprendre l'orthographe

2/ apprendre la politesse

3/ Eviter de penser que les pédés sont de grosses tâches

Acessoirement, les deux premiers points vous poseront des problèmes pour vivre. Et le troisième est un délit, susceptible de vous emmener en prison. D'autres questions ?

Ange. - g rien contre les pd

Xanadu. - Je vous cite : Ange. - bn ferme ta geul pi va te faire foutre enculer

Xanadu. - Et : Ange. - bn ba vu ke je sui pa PD jeten merde enculer salut

Xanadu. - Accessoirement, si vous voulez draguer cette Anne-Sophie va falloir apprendre à lui parler. Et pas comme ça.

17.07.2008

DCLXVIII. - Citation du jour.

"L'impression de la possibilité transforme tout ça en marché libéral illusoire où l'on est supposé sans souci constater l'ajustement de l'offre et la demande. En fait, les biens sont totalement illiquides, et tout stagne. Engendrant frustration, misère, insatisfaction."

Moi, parlant du milieu gay parisien (dont je suis).

15.07.2008

DCLXVII. - Histoire immédiate.

Il paraît que 600 000 personnes étaient sur le Champ de Mars pour applaudir Laurent Voulzy et Jenifer. Je précise qu'ils étaient 599 999, car moi j'étais venu pour le feu d'artifice. À pattes en plus, parce que le vélo pécho à Odéon au sortir du cinéma n'a pu trouver un logis que vers Balard, encore plus loin que chez moi tout seul personnellement que je vais bientôt quitter ces lieux.

Le programme musical annonçait bien le regard qu'ont les élites et les administrations organisatrices sur ce qui plaît ou doit plaire au public : de la daube tout-venant française, faite de sondages par SMS sur la Première ou de vieux croûtons dont on se demande comment ils arrivent à quitter le déambulateur pour faire semblant de jouer sur leur guitare, play back à donf. Même Chuck Berry, le Père Fondateur du rock, joue nettement mieux malgré ses 90 printemps.

Toute la foule aux alentours attendait le jeté de Carla sur l'antenne de la Tour, avec stripetize et effets de Patek Philippe, mais nous n'y avons pas eu droit. C'est regrettable, on aurait rigolé.

La bande-son du feu en tant que telle, aussi, montre combien les organisateurs se plantent pas mal. Bien sûr, on voulait rendre hommage à Pavarotti et la Callas, ça se sentait. Mais le public était inattentif : ça ne se sentait pas, ça se voyait. À toujours chercher la musique classique (La Grande Musique) pour les solennités, on en fait une momie que le public identifie aux trucs chiants, rasoirs, bref qu'il ne faut pas voir sauf quand c'est commenté par Naguy et que c'est Aïda au Stade de France. C'est dommage, parce qu'il y a des trucs vraiment sympatoches dans l'opéra.

Ici, plus à côté tu meurs : un petit bout d'Irlande ou de Québec (c'était du traditionnel en tout cas), à peine audible, puis direct les grands trucs franc-maçons, si, si : La Flûte enchantée, mesdames et monsieurs, et des airs recherchés (l'ouverture et Ein Mädchen truc muche) qui font faire hurler les journaux qui prétendent critiquer parce que sinon il n'y a pas d'éloge flatteur au complot judéo-maçonnique avec coup de menton et tout de même je ne suis pas raciste parce que ma femme de ménage est une juive portugaise vous voyez bien.

Nous avons ensuite eu droit à des airs tristes supposés faire solennels (pas mieux pour plomber l'atmosphère), qui devaient être tirés de Puccini ou de quelque opéra russe. Là, plus personne n'écoutait, ça jacassait à mort.

Un p'tit bout de Casta Diva et zou c'était parti dans Carmen. Raaaah, Carmen, le truc qu'on sort des cartons dès qu'on peut. Et pas n'importe quoi, hein, du sérieux : Nous marchons la tête haute, comme des petits soldats.... Pour ceux qui n'avaient pas remarqué les CRS en armure et les grillages, c'était une délicate attention de nous rappeler dans quel Etat nous vivons.

Je me souviens il y a quelques années de la solennité qu'il y avait eu à entendre Aznavour réciter Hugo. Et, plus jeune, la Fête de la Fédération. C'était autre chose.

Ce serait bien si un jour on mettait Déportivo ou Luke au programme de ce feu d'artifice. Nos dirigeants auront compris quelque chose alors.

16.06.2008

DCLVI. - La phâme.

Penchés sur nos cartes au trésor, pendant que Hakim-Trois-Gâchettes dévorait son sandouiche, nous oscillons entre dévaliser le siège du KGB et celui de la Stasi. Une femme entra dans l'arrière-boutique. Je l'avais déjà croisée, lors du casse du Mont-de-Piété. Elle nous sourit, et nous demanda comment nous allions. Hakim-Trois-Gâchettes rougit derrière son sandouiche, s'étouffant un peu, pendant que l'Agriculteur replongeait sur ses plans, l'air de ne pas y toucher - regard droit devant.

Tentant de tailler le bout de gras face à sa gentillesse, je me suis senti lentement mal à l'aise. Pas à cause du risque qu'elle pouvait être un indic, non. La came était planquée, et je caressais de l'ongle la crosse du fusil-revolver sur mes cuisses.

Après tout elle était tout sourire et toute pleine de bonne volonté.

Mais voilà : je n'ai jamais été à l'aise avec les femmes de sexe féminin férocement XX chromosomiquement parlant. C'est un fait. Je ne sais pas comment ça réagit, j'ai un peu l'impression de me tenir face à la mer à Biarritz, on sait jamais trop pourquoi ça a l'idée d'avoir des marées.

Je ne suis pas misogyne pourtant. Enfin, pas tant que ça. Tant que la femme reste au domicile conjugal et ne vient pas me casser les plates-bandes matinales en me coinçant l'angle de son sac à main sous les côtes ou son talon sur le doux de la cheville, et me laisse attendrir parce qu'elle trimballe en oie dandinante sa marmaille adorable aux matins rayonnants, tant qu'elle se contente de faire coucou de la main à son p'tit boudchou qui fonce cartable brinquebalant vers l'école plutôt que de me bloquer entre les poubelles et les cageots remplis de melons exsangues sur le marché, tant enfin qu'elle ne tente pas de me marier avec ses yeux humides d'attendrissement - un célibataire pensez qu'on peut se hausser du mamelon sait-on jamais - ou qu'elle ne m'inflige pas le spectable déplorable de ses mollets dévalant de phlébite et autre thrombose dérivant en ulcère bien cancéreux sur les chaussettes baskets que retrousse le haut d'un sabot de cuir acheté le prix d'une pension à l'apothicaire local, et qu'elle se contente de me servir mon fromage sans m'expliquer comment le détailler pour en faire un allégé minceur recommandé par un magazine plus rempli de réclames que d'articles, bref tant qu'elle reste à sa place, pas loin du foyer et de l'éponge, entre la tinette et le pot de chambre, je la lui passe (l'éponge) et je lui permets de m'apporter des pantoufles.

Qu'elle aura consciencieusement chauffées en son giron.

C'est vrai que je côtoie peu de ces animaux étranges. Avec le recul, je n'en ai jamais trop fréquenté - même en prépa, c'est dire, où les hommes étaient une minorité écrasante. Je ne sais jamais trop quand ça réagit, ni comment. Ca ne se cerne pas, ça pleure, enfin plutôt ça a des réactions pas normales. En plus, parfois c'est très chaud et ça a une odeur épaisse et lourde (mais je me demande des fois si je suis bien le seul à la sentir, ou si tout le monde ne fait pas exprès). Sans compter que ça cuit trop la viande.

Faudra qu'un jour j'envisage d'introduire ce genre d'animal dans la cave où nous gisons, les camarades et moi. Au mieux à des fins d'études, au pire pour permettre à l'espèce de se perpétuer. Il semblerait même qu'en animal domestique, cela peut être pratique, à voir comment l'autre zouave devant moi hier traficotait dedans.

Après tout, trop d'ignorance a tué le dodo.

09.06.2008

DCLII. - Une page d'Histoire qu'il ne faudrait pas écrire.

Faire l’histoire, récente ou non, des démocraties ne peut plus faire à la fin du XXI° siècle l’économie des évolutions que connut la société occidentale avant la guerre de 2034. L’essentiel des éléments que nous connaissons de cette période repose, comme souvent, sur les archives plus que sur les traces orales – tant les restes électroniques demeurent plus solides que les faibles oscillations des paroles. Pour autant, les archives ne peuvent laisser la trace que de l’histoire officielle – officielle au sens où elle a été connue du public, dévoilée, révélée progressivement par les successions des hommes politiques et militaires qui se sont succédés durant cette période, mais aussi officielle au sens où une administration quelconque a reçu l’ordre (ou s’est elle-même ordonnée, par inspiration divine) d’établir un dossier quelconque dont le tout venant, parfois jusqu’au plus puissant homme d’État, ignorera l’existence même.

Pourtant, aucun des Lecteurs de ce livre ne pourra remettre en question que ce que notre pays a connu, lors des premières décennies du XXI° siècle, est une évolution majeure. Majeure, pourtant, en quel sens ? Il y a certes ce que nous avons appris, enfant, à l’école. Il y a ce que nous avons appris à apprendre, lorsque l’Unification ayant eu lieu, nous avons pu poser sur ces lambeaux des yeux neufs. Il y a enfin ce que les historiens, ces rats d’archive qui détissent les labyrinthes du passés, nous permettent progressivement d’intuiter.

Il convient de concevoir en premier lieu que de l’État de Naguy-Bocsa ne demeurait alors que les derniers restes d’une histoire que lui-même oubliait. Il y avait bien eu lieu, quelques siècles auparavant, quelques guerres dont il avait pu ensanglanter le continent, et une ou deux révolutions qui lui permettaient de croire qu’il était le fanal des malheureux tout comme le pays des droits de l’humain. Il serait peu lucide de prétendre que le Naguy-Bocsa était alors autre chose qu’une région, non pas nécessairement négligeable, d’un ensemble économique, social et politique dont la taille était le Continent tel que nous le connaissons déjà (tant les tendances lourdes de l’Histoire peuvent être puissantes).

Cet État fonctionnait alors selon un régime bicaméral, sur le type du parlementarisme présidentialisé. Il convient de dire que ce type de régime, bien que d’une façade régulièrement retapée pour donner l’illusion de la stabilité, faisait tout aussi régulièrement l’objet de réformes constitutionnelles, tant parce que les hommes politiques y trouvaient une façon plus pacifique et plus immédiate que les guerres de laisser leur nom dans les Annales, que parce que l’instinct de préservation des superstructures sociales les amène le plus fréquemment à donner l’impression de menues réformes pour éviter les questions existentielles. Ce n’est pas tous les jours que la Plèbe se retire sur le mont Sacré, et même dans ces cas-ci elle n’obtient pas toujours tout ce qu’elle souhaite.

Sans vouloir ressortir des théologies désuètes qui ont eu leur heure de gloire à l’époque du marxisme, l’impartialité exige de reconnaître que ce pays était alors le fait d’une immobilisation sociale profonde. À tout le moins, jamais l’écart entre le discours et la réalité des choses n’était aussi probant. Le discours ne devenait, d’un point de vue symbolique que réel, jamais que la seule chose probante, pour tout dire. Rien n’était plus important – rien n’était plus réel.

Pour autant, l’historien qui essaie de soulever les fatuités de toute logorrhée, découvre sans souci sous ces oripeaux des forces tangibles, profondes, solides. Certes, on ne pourrait reprocher la permanence d’une évolution possible, qui était de fait la seule solution à l’immobilité latente. C’est en parlant d’une possibilité d’ascenseur social que l’on permet aux pauvres de rester en leur domaine, qui est d’être exploité et de consommer les biens que l’on leur fait produire. Regardons : à l’époque des Gracques, qui pourtant semblaient d’affreux révolutionnaires alors et d’élégants paltoquets bien ignorants des réalités désormais, le plus infect souillon de la plèbe pouvait déjà rêver que lui-même, ou son fils, joue au parvenu gras et infatué. Le rêve de Trimalcion n’est jamais loin. Cependant, l’intelligence de cette société était d’avoir substitué aux phantasmes de la richesse extrême, telle qu’on la trouvait des Anciens à l’époque des Pereire, à celle de la reconnaissance. Ce panache ridicule, dont la solidité ne demeure jamais que celle du vent, permettait à tout un chacun de croire pouvoir l’acquérir à moindre frais : il suffisait d’avoir son quart d’heure de gloire, ce qui ne coûtait rien depuis Andy Warhol, et ce qui suffisait pour vivre heureux et en paix sans chercher à mieux.

Paradoxalement, dans cette recherche effrénée de la reconnaissance et de la célébrité, jamais on ne vit société plus immobile. Les mouvements sociaux qui pouvaient tenter de s’en extraire ne pouvaient que mourir, étouffés d’eux-mêmes, dans un certain dégoût, une certaine lassitude, un éternel « à quoi bon ? ». À quoi bon chercher à modifier, puisque la parole totalitaire demeurait présente en tout lieu – que l’attrait de passer aux écrans ou sur les premiers médias électroniques suffisait à rendre l’énervement connu, et par là commenté, et par là vidé, et par là donc inutile ? Ce qui conduisaient les hommes politiques, qui doivent malgré tout maintenir un agenda politique quelconque pour eux-mêmes exister, à chercher à créer seuls les événements. Les dernières guerres de cette période peuvent être imputées à ce genre de raison sous-jacente, plus qu’aux facilités du complexe militaro-industriel, dont les possibilités immenses, des médias à l’édition en passant par la production de train voire de fusils mitrailleurs, leur permettait sans souci de se recentrer sur des marchés pas forcément plus rentables mais en tout cas plus stables.

Cette société, qui n’était en fait qu’un immense bâillement devant un écran de paillettes paradoxalement trouvait en elle-même une force étrange de s’agiter en éléments stériles. Que faire lorsqu’on vit enfermé, que faire lorsqu’on n’a plus d’espoir ? On peut s’enfoncer plus loin encore dans l’absence à soi-même. On peut aussi être pris de velléités contradictoires, de poussées brusques, de prurits soudains dont la jouissance est celle d’une masturbation mollassonne.

C’est de cette société dont nous sommes issus.

Il y avait déjà eu quelques sursauts de ces espoirs vindicatifs, un peu comme lorsqu’un poussah difforme bouge sur son canapé, espérant éviter les escarres. Cependant, la plus grande force de la recherche du rêve se traduit dans l’élection à la présidence d’Ivan Lecsinski. Comment un tel être en était venu là, cela ne vaut pas la peine de le détailler : soit cela a déjà été fait, soit il suffit de souligner que tant son élection que lui-même, personnellement, intrinsèquement, ne pouvait être considéré autrement que comme la synthèse parfaite du paradoxe social que l’on affrontait alors. Sa grande force n’aura jamais été que de le supplanter.

Ivan Lecsinski se présentait comme un homme neuf, self made, qui avait eu à affronter seul de terribles épreuves qui n’étaient à peine plus sévères que les gages des émissions de télévision. Sa vie, en somme, n’était jamais qu’une émission de télévision, un vernis saturé de néon cachant la force profonde qui le sous-tendait : issu de l’aristocratie, nobliau déchu, il demeurait avant tout le défenseur des classes qui avaient poursuivi, par-delà les révolutions, la conduite des affaires en n’ouvrant le ventre de leurs filles qu’au plus ventru de leurs valets. Conservateur intrinsèque, comme d’autres fascistes avant lui il fut élu grâce aux voix prépondérantes des éléments qui défendaient le « bon » vote, le vote du notable et de l’ordre rarement nouveau. Comme d’autres fascistes avant lui, il arguait d’un programme de modification profonde du corps social – on ne présentera plus l’axe d’opposition fascisme théorique/conservateur articulé par la dichotomie futur/passé. Enfin, plus anecdotique mais cela peut toujours amener un Lecteur psychologue à comprendre certains éléments de sa personnalité, comme nombre de fascistes, de Peron à d’autres, il souffrait d’une taille réduite qu’il compensait par une femme quelconque bonne à saluer la foule (comme nombre de dictateurs sud-américains avaient pu se payer le luxe, contrairement aux mornes et antiques prédécesseurs).

L’arrivée au pouvoir d’Ivan Lecsinski fut d’une grande intelligence, nul ne saurait le lui dénier. Son pouvoir reposait sur le fait d’avoir compris l’importance qu’avait pris l’élément symbolique, non seulement en politique (ce qui n’était pas très original), mais aussi dans la vie réelle. En fait, partout. Tout était symbolique, nous l’avons dit, aussi toute son action (ou plutôt son absence d’action) fut concentrée vers le symbolique, et lui seul.

La réalité de cette symbolique aurait dû amener tout le corps social à percuter à un instant à l’autre l’amère réalité, c’est-à-dire les applications réelles, tant par les administrations que tout un chacun, des trouvailles liturgiques dont on se bambochait dans les journaux télévisés. Cela fut évité par l’obtention d’une succession de dérives : puisqu’il maîtrisait avec brio les ressorts du langage, jusque dans sa contradiction, et que ces ressorts lui étaient maintenus en état par ses relations dans la sphère économique et industrielle, le président Ivan avait toute facilité à désigner éventuellement les boucs émissaires.

Soulignons là encore le fait que cet homme ne restait jamais que la quintessence de la lente évolution qui se tramait, entre le canapé et le dernier paquet de chips. Car il n’eut pas de coupable à désigner ; voilà qui était génial. Jamais il n’y eut quoi que ce soit d’accusé. Pas de juif, d’homosexuel, de noir ou de communiste. L’intériorisation passive des normes mises en place depuis une vingtaine d’années avait suffit : le corps administratif de lui-même se trouva étonné de se retrouver avec des prisons surchargées, un système pénal explosant de la matière qu’il produisait à grandes fournées de peines non mesurées, enfin un système répressif sans commune mesure. La force, lentement mûrie, éclatait au grand jour ; c’en était à un point où le meurtre d’un adolescent par des représentants de la force légitime ne pouvait plus choquer. Et c’était fréquent.

Dans cet État, comment accuser un homme ? Lui, au contraire, ne pouvait jamais que dénoncer plus encore. Son action avait certes produit cet état de fait (ou, ne lui accordons pas la gloire de mouvoir à lui seul le vaste corps de l’Histoire), mais il n’en était pas la cause, puisque celui-ci était né seul. Il n’ordonnait pas aux milices d’arracher aux derniers manifestants les dernières banderoles ; mais celles-ci étaient arrachées. Tout comme les derniers déviants étaient fichés, brutalisés, embastillés. Pourtant, cela n’était évidemment pas de sa faute, puisqu’il était un homme de compassion : on le voyait suffisamment recevoir des familles, promettant toute une lumière dont personne n’avait cure, l’essentiel (pour les familles, pour lui, pour le public) étant que cela soit su – pas plus.

En un sens, sous la perspective d’un régime autoritaire tel qu’on l’imagine, axé sur la présence médiatique et tutélaire d’un seul homme capable de guérir tout aussi efficacement les écrouelles que les rois de l’antique monarchie, se déguisait un système de pouvoirs régionaux, similaires à ceux des Gauleiters allemands, édifiés sous l’autorité du préfet, maître à son bord de l’application du système répressif et administratif mis en place par une palanquée de lois et surtout de décrets jamais votés, préfets qui ne rendaient compte qu’indirectement au pouvoir central – lequel ainsi, pourtant initiateur premier et moteur de ce dérèglement démocratique, pouvait facilement faire branler la machine de la compassion dès que les excès de ses propres séides devenaient trop éclatants.

On ne pourra pas prétendre qu’un jour le Naguy-Bocsa se réveilla, pour se trouver dans un système totalitaire pernicieux, qui n’avait d’existence nulle part et était présent partout. Un État où toute contestation devenait impossible, non parce qu’interdite, mais inexprimable (et inexprimée). Un État hurleur de droits de l’humain mais fermé frileusement, crispé sur son ADN et une histoire qu’il ne connaissait plus. Un État affamé de nouvelles, d’informations, de sensation et refusant toute possibilité d’irradiation par la matière du cerveau. Pourtant ce fut le cas : un jour, celui qui ouvrait l’œil n’aurait pu faire que ce constat lamentable.

Nous étions dans une dictature.

21.04.2008

DCXXIII. - Oh, trois fois rien.

14h. - Digérant le café, je fais un tour sur le site de l'AFP, assis sur une boîte de dynamite. La nouvelle vient de tomber, elle me coupe un peu le souffle. Mes petits camarades lèvent la tête de leur trou, on arrête de creuser jusqu'au coffre-fort de la banque, et ça commence à bavasser grave.

Pas la peine de chercher la nouvelle : à l'heure où je l'écris, l'AFP l'a déjà ôtée. Figaro rase toujour aussi bien et fait des rouflaquettes à la mode du siècle passé, puisque vous apprendrez les drames du PSG et la merdaille du Dalaï-Lama (hé, hé, c'est qu'on est trop contestataire, hein !), l'Humanité suit de peu avec un encard sur mai-68 ("ah, ça ira, ça ira, ça ira"), Libération s'étonne des manifs commandées contre notre bon pays dans l'Empire du Milieu en vantant les mérites du fiston Poilâne, Politis parle de catastrophes (ralalah, la crue de 1911, hein !), Rue 89 d'ascenseurs, La Tribune des derniers joujous du Baron avec Wendel, et Les Echos font de même. Le Monde n'en parlons pas. Et pourtant Dieu sait qu'elle était vraiment krobien, la lettre qu'il a écrit, Not'Bon Président. Du Hugo, je vous dis ! Mieux, même : du Guy Mocquet.

Ce n'est qu'en farfouillant dans les tréfonds, que je trouve un tout petipetipetit encart. Vous allez me dire : les Rosbifs ont décidé de claquer soixante-six milliards d'euros pour soutenir leurs banques qui ont un rhume, et alors ?

Bah c'est simplement même pas un scandale. C'est juste l'aboutissement de tout ce pour quoi vous avez voté, bande de nazes, depuis plus de dix ans. C'est la déresponsabilisation la plus complète qui soit.

Remarquez, depuis les connneries de Bouton, qui a liquidé ses positions frauduleuses (si, si, ses positions, car le PDG d'une boîte est l'unique responsable de l'activité d'icelle) en pleine crise boursière, juste après le lundi noir du 21 janvier, et qui a été maintenu à son poste par le conseil d'administration de la Sogé, on est habitué à ça, hein. 66 milliards d'euros, c'est tout juste 14 sur l'échelle de Bouton (comme dirait le Canard). Après tout, entretemps on s'est amusé à nationaliser la Bear Sterns chez les bouffeurs de hamburgers-mayo et de sales cocos qui nationalisent, alors on n'est plus à mal, hein.

C'est qu'ils vont mal les marchés. Oulalah. C'est vrai qu'ils n'ont jamais été aussi volatiles, que toutes les banques elles ont la pétoche. Quand vous regardez la courbe des taux d'intérêt, elle est complètement à l'envers : ça coûte plus cher d'emprunter sur deux jours que dix ans, tellement les banques ont peur que leur contrepartie fasse défaut. Après tout, les banques sont innocentes, hein : jamaijamaijamais elles n'ont été à l'origine de la bulle spéculative et immobilière qui éclate doucement comme un prout bien nauséabond depuis l'été.

Je suis prêt à parier que c'est un complot, que Ben Laden dans sa grotte il a envoyé le Mollah Omar sur sa brèle avec plein de petits junk bonds et autres subprimes, et qu'il les a glissés insidieusement dans les bilans des banques. Ca tiendrait qu'à moi, je guatanamoiserais toute une population histoire d'être sûr.

Bref, comme dans le bon vieux 1929 de nos livres d'enfance, les banquiers ont joué, et oublié que le risque était la contrepartie du rendement. Et que plus ça rapporte, plus c'est risqué. C'est comme le mariage ou le gratin dauphinois quand c'est moi qui le cuisine. Panique à bord : rah, on a fait une connerie. Enfin, là, c'est une moisson, format maïs géant de Mosanto.

Et kékèlnoufé la Bank à Lizbeth ? Bah, elle dépense juste 66 milliards pour réparer les conneries des banques. Mais bordel elle a pas compris qu'elle soutient cette putain de bulle spéculative ? Elle entrave pas qu'elle supprime tout aléa moral ? Elle cogite pas que l'argent qu'elle dépense est celui du contribuable, et qu'après elle va encore sortir aux bouffeurs de pizza au spaghetti qu'il faudra se serrer la ceinture, rolalah si vous saviez comme c'est dur et qu'on souffre avec vous, tout en venant nous faire chier sur la zone euro ?

66 milliards, non mais vous vous rendez compte. Même moa, qui braaaaasse des millions et mets dans de jolis fichiers Excel des chiffres à neuf zéro, jamais j'ai osé allé aussi loin. Je m'imagine même pas ce que c'est, 66 milliards volés au pékin pour renflouer les conneries des top management mondiaux.

Franchement, je vais me faire pédégé. Ou trédeur. Lorsqu'il y aura du pognon, je hurlerai qu'il faut laisser faire la libre entreprise et les bons mécanismes hyper-trop-régulateurs de la mort qui tue du marché. Et puis quand y'aura un pépin, de toute manière je serai pas responsable de mes actes, hein, puisqu'il y a toujours une bonne poire pour payer à ma place.

Trois fois rien : 66 milliards.

Et ce n'est que le début.

15.04.2008

DCXIX. - Pognon, Thune et Cie. (Maison de qualité depuis 1864).

Brusquement, je me suis dit qu'il n'y avait pas lieu de faire bénéficier de mes petites capacités financières que les pékins que je holdupise régulièrement.

Ores donc, j'ai commencé à m'atteler à la revue des mes comptes et des petits sous que j'ai mis ici et là, selon les conseils de François. François, c'est mon conseiller bancaire privilégié, celui qui me reçoit avec un sourire inquiet et un costume trop grand une fois par an.

Les Livret A et autres comptes sans risque (sauf celui que l'Etat ne respecte pas la formule de calcul - je vous rappelle que légalement le taux du Livret A est de 3.75% depuis le premier février, mais que le gouvernement Fillon l'a fixé à 3.50%) passent l'étude sans souci. De toute manière, quand on suit de peu le taux directeur à un an de la Banque Centrale, le risque est faible et l'intérêt intéressant.

Ensuite, le dossier du PEA. Oui, oui, je sais, investissement risqué, ragnagna, ragnagna, sans compter qu'il faut viser sur le long terme. N'empêche, en prenant Excel et un peu de temps, les résultats font peur. Hors actualisation, selon les supports, j'ai perdu entre 15% et 22%. Si je prends en plus l'escompte (je suis pas chien, je prends le taux à un an de la BCE), j'en suis à une perte sèche de 19% à 26%.

Arglh. Bon, que faire ? Si j'arrête de donner de l'argent à mon banquier, et que je laisse vivre le PEA pour n'avoir pas de souffrance fiscale, il me faut un taux de rendement moyen brut de 3.4% à 5.2% par an selon les supports juste pour équilibrer l'argent investi avec le capital au terme.

Hypothèse 2 : Si je m'amuse à verser les mêmes sommes comme actuellement, ce serait un taux de 1.5% à 2.0% pour avoir le même équilibre argent investi / argent gagné. Ce qui revient à dire qu'en fait c'est l'apport de pognon qui permet de réduire significativement l'impact des pertes, non le retour des supports : faut cracher plus encore au bassinet pour être sauvé, c'est comme la Scientologie.

En gros : faut que les supports crachent plus de 5% par an (hypothèse 1) ou 2% (hypothèse 2) pour que je commence à gagner de l'argent. Et je vous fais grâce du calcul avec escompte.

Je vois d'ici François me dire que c'est au contraire le moment où il faut investir à tout va, pour profiter de la baisse avant la reprise des marchés. À moins de faire le sale con et de mettre l'argent sur des trucs qui vont sûrement monter (l'armement, le pétrole, bref les trucs qui polluent et qui sont dans une phase de hausse avant la chute finale d'ici 30 ans).

Me reste plus qu'à trouver l'historique du DJ Stoxx et du SBF 250, puis de jeter un oeil sur les supports UC et François va passer un mauvais moment. Il va avoir intérêt à être inventif, le bougre.

12.04.2008

DCXVI. - En lisant ta lettre.

Je me fais peu d'illusion, et je sais que je peux m'asseoir sur mes 200€ de plombier, mais ça fait du bien d'écrire ça...

Madame,

Je donne suite à votre courrier daté du 11 avril 2008. En ce qui concerne la réparation de l’année passée que vous aviez diligentée (enduit de la salle de bain) et qui n’a pas « tenu », je prends bonne note que vous en accusez réception.

En ce qui concerne la fuite de plomberie, et votre étonnement :

i. j’étais la semaine précédant la déclaration de sinistre en déplacement professionnel au Portugal, comme précisé dans ma lettre du 25 avril. Par conséquent, le sinistre s’étant déclaré durant mon absence, la salle de bain était plus qu’humide à mon retour.

ii. Je pensais effectivement attendre faire appel à un plombier un jour ouvré, mais le sinistre a empiré durant le week-end, d’où l’intervention du lundi de Pâques.

iii. Le plombier qui est intervenu ne m’a pas présenté cela comme un changement de joint, mais un changement de l’ensemble du raccord, ce qui reste du ressort du propriétaire, en tant que « gros travaux ».

Enfin, si l’entreprise que vous diligentez à chaque fois pour effectuer les travaux effectuait des réparations convenables et de qualité professionnelle (bonne, rapide et efficace), j’y ferais appel. Cependant, l’expérience n’est pas encore allée dans ce sens. À titre de rappel, j’évoquerai :

i. la lenteur des réparations de la salle de bain après le dégât des eaux du 8 décembre 2005 – plus d’un an ! – et la solidité de celle-ci (puisque l’enduit ne tient pas).

ii. la « peinture » de ma porte d’entrée à la rouille et au calcaire, lorsque des travaux ont été effectués dans l’appartement mitoyen, sans compter l’absence de pression d’eau durant plus de quinze jours (mon courrier du 23 octobre 2006).

iii. l’état des parties communes, dont certaines sont en travaux depuis mon arrivée en 2005 : peinture à peine badigeonnée au rez-de-chaussée, fils d’un digicode hypothétique qui sont apparus durant l’hiver 2007 sans jamais avoir de digicode, boîte-aux-lettres tellement aux normes que durant trois semaines du printemps 2007 le facteur a refusé de nous distribuer le courrier, porte cochère qui ne ferme pas pour cause d’absence de pène à demeure plus d’une semaine et claque dès qu’il y a du vent, paliers sans ampoule électrique en état de marche.

Dans l’attente que vous respectiez vos engagements, tout comme je respecte les miens en payant mon loyer, je vous prie d’agréer mes sentiments distingués.

19.03.2008

DCVIII. - Courriers.

Parce que ces temps-ci ce genre de courriel s'accumule dans une de mes boîtes aux lettres, et que je me demande à quoi sert le boulot de chasseur de tête s'ils se contentent de faire du mailing à outrance sans même regarder à qui ils envoient leurs messages...

- 1 -


Monsieur,

Nous traitons actuellement une mission susceptible de vous intéresser. C'est une excellente opportunité professionnelle puisqu'il s'agit d'un poste d'Ingénieur Etudes Informatiques au sein de la filiale d'un grand groupe bancaire français à forte notoriété. Le poste est basé en région parisienne.

Vous trouverez ci-joint la description de poste. Si vous êtes intéressé, n'hésitez pas à m'envoyer votre cv actualisé et je vous recontacterai afin de mieux cerner votre profil.

Sinon, n'hésitez pas à la communiquer à des personnes susceptibles d'être intéressées.

Dans l'attente d'une réponse de votre part,

Bien cordialement, etc.


- 2 -


Madame,

Je crains que votre proposition ne corresponde pas du tout à mon profil : je suis diplômé de l'E***, et je suis actuaire dans un cabinet de conseil. Par conséquent, une activité d'informaticien, en banque ou ailleurs, ne pourrait que me permettre d'assurer à mon employeur des pertes aussi grandes que celles de la Société Générale...

Bien cordialement, etc.

24.01.2008

DLXXV. - Gangster ?



On découvre aujourd'hui partout la catastrophe boursière à laquelle doit faire face la Société Générale. Dans les limites de ce que l'on peut lire dans la presse publique, et de ce dont je peux donc parler, disons que...

Jérôme Kerviel, le trader accusé d'avoir fait perdre 4.9 milliards d'euros à la Sogé était selon Daniel Bouton, président de la Sogé, quelqu'un d'extrêmement compétent : "Il y a deux livres : le livre Société générale officiel dans lequel il passe des opérations pour des montants qui n'appellent pas l'attention particulièrement, parce que dans le même temps il passe (...) d'autres opérations qui annulent la première position. Les opérations passées pour dissimuler sont fictives et il a l'extraordinaire talent de les déplacer au fur et à mesure des contrôles, car il connaît le calendrier des contrôles." (conférence de presse du 24/01/2008 - source : Le Monde.fr).

C'est même quelqu'un de complètement démoniaque, capable de dissimuler des traitements sur plusieurs milliards d'euros (pour qu'il perde 4.9 milliards d'euros, il faut que les sommes investies soient de plusieurs dizaines de milliards d'euros) : dans son communiqué aux actionnaires, D. Bouton clame qu'il savait utiliser des "techniques extrêmement sophistiquées et variées."

Un truc sophistiqué, pour un trader, j'ose même pas imaginer quelle cochonceté c'était. Surtout qu'on apprend sur Le Monde.fr que ce brave monsieur intervenait sur des plain vanilla.

Moi ça me fait hurler de rire. Les plain vanilla, c'est la base de la finance. On apprend ça dès la première année quand on suit des cours sur le trading. Pour mémoire : les puts, les calls, et autres trucs commac. Même Bibi après toutes ces années à ne pas faire mumuse avec les browniens il se souvient comment ça fonctionne.

Bon, ça fait peur ?

'ttendez, 'tendez.

Selon la DRH du Groupe, M. Kerviel était "un être fragile", "sans génie particulier". La preuve ? Il touchait, primes comprises, dans les 100k€ par an, ce qui n'est pas grand'chose pour un trader de trente piges.

Et cette machiavélique médiocrité a quasi ruiné un des premiers opérateurs mondiaux (et mon banquier au passage) : le compte de résultat 2007 se prend une pomme directe de cinq milliards d'euros (sachant que c'est le résultat 2006...).

'videmment, les fondamentaux sont robustes, ragnagna, ragnagna : il était impensable qu'on communiquât autre chose - même si les agences de cotation ont passé la Sogé à un bête AA-. L'appel de capital de 5.5 milliards veut compenser la perte - et du coup la Sogé se met à la disposition d'une bonne vieille OPA de derrière les pâquerettes. Y'a une BNP qui lorgnait dessus il y a peu, et je sens qu'un bon vieux fonds d'investissement asiatique...

Le conseil de tonton Bad : achetez des actions Sogé la semaine prochaine, une fois que la cote aura perdu dans les 10% , et revendez lors de l'OPA (ou de la reprise du cours). J'dis ça, hein, j'dis rien.

Le trader ? Ah, oui, le trader. Sorti qu'il est en cavale et qu'il vient d'exploser sa vie professionnelle, moi tout ce que je peux en dire c'est qu'il montre le succès de la réforme Bâle II. Encore heureux que les assureurs vont passer à Solvency II sous peu : à mon tour je pourrai claquer les millions !

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