07.11.2009

DCCLXXX. - J'ai du retard.

Le Lecteur aura remarqué que l'Auteur a sacrément du retard dans la Narration. Pas plus que l'Etat français dans le règlement de sa dette, mais c'est tout comme. L'Auteur devrait envisager de parler d'une dizaine de livres lus sans compter les bédés et les petits enfants, de quelques litres de bière, d'un peu moins de vin, de ce qu'il arrive aux rideaux dans les salles à manger néerlandaises et du sort des bracelets de caoutchouc qu'on distribue aux entrées des soirées privées pour cadres à Myrtille, du Titien et de ses frottis magnifiques et de la comparaison regrettable qu'on pourrait faire avec Tintoret, de ses yeux, du Rijsk Museum qu'il n'a pas vu, de la Mer du Nord qu'il a vu, des messages qu'il ne reçoit pas, du temps qu'il fait, de la merveille des yeux rougis par la chirurgie, des cimetières de lunettes et d'autres choses encore comme les barbus dans les bars, l'art de dormir avec des lunettes, le soin que l'on peut avoir à faire pousser des Mickey au coin des slides dans les banlieues obscures qui s'assoupissent le long des voies rapides au son de la climatisation pendant que les relents d'égout se marient au fragances de viande cuite issues de la cantine qui ont marqué la chemise d'un relent putride et un tantinet caramélisé.

De toute manière, le Lecteur n'est pas con, et sait à la longue que sur tout ce teasing j'en décrirai in fine à peine la moitié, ores donc...

29.10.2009

DCCLXXIX. - Vantardise.

Situation : un centre de conférence quelque part dans la banlieue d'Amsterdam, sans les marins qui boivent, avec une mer du Nord dont les tankers dessinent de charmants festons à l'horizon des hôtels 5 étoiles. Des cadres sont dans une salle, et doivent faire un jeu de rôle : un observateur, un conseillant, et un conseillé qui vient exposer un problème et espérer des solutions, des suggestions. Le sujet est libre, on parle souvent de problèmes professionnels. De toute manière, l'important est d'étudier l'interaction plus que le contenu même de la conversation.

Je crois que ma conseillère a ouvert de très grands yeux quand je lui ai dit que je vivais un drame familial, dont elle avait peut-être entendu parler dans les journaux. Une histoire très triste, liée à la mort de mon père lors d'une sieste, et du mariage qui a suivi ensuite entre ma mère et mon oncle. Ce qui faisait que mon oncle héritait de la couronne. Je savais pas trop quoi en penser, mais mon meilleur pote, Horace, me prétend que c'est pas une mort naturelle.

Silence terrifié en face. Et dire qu'au début je comptais lui sortir le Roi Lear.

25.10.2009

DCCLXXVIII. - Minuit cinq.

Bon ben voilà j'ai trente ans.

24.10.2009

DCCLXXVII. - Aux croisées des chemins.

Nous avions bu un verre avec celui-ci il y a combien d'année. Alors, il finissait une thèse, et c'était aussi une fin d'été. Nous avions bu ce verre pas loin d'Odéon, dans une rue pavée. Il faisait presque frais, je crois, dans cette fin d'été. Les tables étaient de guingois sur les pavés, je brossais du revers de la main des miettes de cacahouètes sur le métal de la table. Pour dissimuler ma gêne sûrement. Je me souviens avoir noté la cicatrice de l'anneau à l'oreille, et le point de beauté, assez épais, sous l'origine de la lèvre, un peu à gauche. Il avait des paupières épaisses qui lui donnaient un air doux. son blog à l'époque m'avait touché, c'est ce qui avait été à l'origine des échanges. Il y parlait de ses débuts plein de gêne, et de leur cicatrice. Il marchait dans la rue, avec quelqu'un, pelotonnant le froid du col dans sa main.

Nous n'avons jamais bu de verre. Je lis ses très rares articles, écris d'une plume qui m'est très-précieuse. Je sais de lui qu'il joue parfois du violoncelle, et qu'il est beaucoup dilettante. Il semble avoir la beauté qu'avaient les pharaons aux hautes pommettes. Il était ce soir à la devanture d'un bar, fumant avec une amie. Il est plus petit que ce que j'imaginais : il fait ma taille.